Interview parue dans UP THE ZINE # 01

En trois numéros, Mononoke c'est imposé comme un best-seller des fanzines hardcore français. Enfin, si vous me demandez mon avis, hein! Gros fanzine, pleins à craquer pour de nombreuses heures de lecture, jamais ennuyeuses. Un ton simple et enjoué (cela reste primordial pour moi) et surtout une démarche unique en France. Parler de hardcore old school, de groupe "exotiques" venant d'Asie, des Pays de l'Est ou encore de l'Amérique Latine et du Sud, de manga, voilà qui n'était pas gagné! Pourtant cela marche très bien et il me paraissait évident de proposer à David de participer à ce premier numéro de Up The Zine! Interview qui dépasse toute mes espérances, avec des réponses longues et argumentées. Les propos de David sont comme son fanzine; honnêtes et entiers.

  1. C'est qui le rédacteur de Mononoke ? Quel âge a-t-il ? Qu'est-ce qu'il fait dans la vie ?

 

(en fond sonore, le CD de NOSTALGIA, oldschool HC d'Indonésie)

Salut fiston! On va déjà commencer par un grand MERCI, pour m'offrir l'opportunité de m'exprimer dans tes pages! Alors le gars qui s'occupe du zine MONONOKE, c'est moi! Je m'appel David CARVILLE, et je vis à Châtillon en Bazois, petit village de la Nièvre, à quelques pas du Morvan. J'ai 30 ans, but I gonna stay young t'ill I die! Dans la vie, je suis esclave salarié dans une putain d'usine à la con! Si ça t'intéresse, on fait dans la fabrication de sièges pour bagnoles… rien d'excitant! Je suis aussi syndiqué CGT depuis environs un an. Je tiens à préciser que je ne milite pas du tout pour ce syndicat étatiste coco, loin de là même. Je suis juste délégué du personnel. J'essais de faire au mieux pour améliorer le quotidien de mes collègues auto-flexibles et pourrir la vie de la direction! A l'occasion, j'en profite pour discuter alternatives, lutte des classes… mais bon, le but de la CGT (et des autres frères ennemis d'FO, CFDT, CGC…) n'est pas de changer ce système qui leur donne un peu de pseudo pouvoir… Je peux vous garantir qu'il y a encore du boulot avant que la classe prolétaire se réveille et agisse, de façon autonome… On verra bien comment ça va évoluer tout ça. Sinon, j'écris le zine MONONOKE, je m'occupe du label + distro KAWAII rds. J'aimerais bien aussi essayer d'organiser des concerts DIY dans le coins, mais il faudrait un lieu et surtout des gens motivés. Quoi d'autre… J'aime bien écouter toutes sortes de zik, regarder des films (beaucoup de trucs d'Asie), lire, la photo, voir mes amiEs, traîner dans les concerts of course, découvrir de nouveaux trucs, apprendre… Bref, j'essais de vivre ma vie, tout en ayant la contrainte d'un boulot de merde à coté! Et puis j'suis straight edge! C'est important dans un CV punk!!

  1. Pourquoi, alors que tu pourrais aller boire des coups dans les bars avec tes copains, tu as préféré faire un zine ?

Ben, pour le fait d'allé se torcher la gueule dans les bars, étant sXe, le problème est réglé! Mais il est vrai que je ne pourrais que consommer ma culture punk, sans chercher à m'investir! Ca en ferait des prises de têtes en moins! En fait, ça fait un bout de temps que l'envie de faire un zine me démange. Dans notre mouvement, beaucoup se plaigne qu'il n'y a rien (c'est encore plus vrai dans le 58), alors plutôt que de pleurer dans mon coin, j'ai préféré faire mon truc, tranquillo, sans rien demander à personne. C'est toujours plus facile de critiquer que de ne rien faire, hein! Je pense qu'il y avait aussi une volonté d'apporté un truc en plus, dans le fanzinat français. A travers un esprit solidarité punk internationale, notamment. Le fait qu'une grande partie du milieu punk hardcore se soit professionnalisé, que tout ne soit plus qu'une question de musique ou de frime de scenester, n'a fait que de me motivé encore plus. L'envie de montrer que le punk c'est plus que de la zik, que c'est avant tout une façon de faire, une volonté propre à chacun. Le punk nous appartient. Pas besoin de star/promoteur/manager/magazine… Le punk ce n'est pas que des groupes d'un coté, et un parterre de fans de l'autre. Nous sommes la scène. A chacun de nous de s'y investir, avec sincérité et intégrité. Bref, c'est l'envie d'être acteur, et non plus spectateur qui ma poussé à faire ce zine. L'envie d'apporté ma modeste pierre à l'édifice. Arrêtons de critiquer, soyons créatif! 

  1. Le nom Mononoke ? Tu es passionné par l'univers Manga ; tu développes tout un univers lié au Manga. Pourquoi faire ce lien ?

Oui, je suis effectivement passionné par la japanime en général, et le manga (c'est-à-dire le support papier) en particulier. Bon, évidemment, MONONOKE est une référence direct au chef d'œuvre animé d'Hayao Miyazaki, le merveilleux MONONOKE HIME (aka Princesse Mononoké, pour les frenchy). Outre le fait que j'adore cet animé, je trouve que le nom sonne super bien. Après le pourquoi le lien, je pense qu'il a un choix esthétique. Graphiquement, j'adore le style manga. Ca n'a rien à voir avec les comics ou la bd franco-belge. Je trouve cela fun de balancer des illustrations bien kawaii (trop mimi), dans un zine punk! Des ch'tites miss aux yeux énormes et emplis d'émotions, je trouve ça trop craquant! Ca me met de bonne humeur! Ca change des clichés têtes de mort, A cerclé, photo d'émeutes, et tout le trip du parfait pounk! Peut être aussi une façon de se différencier des autres zines? Et bien sur, c'est une façon de mettre en avant ma passion pour le Japon en général. D'ailleurs tous les noms de mes sites Internet sont liés au vocabulaire nippon! Bon rassure-toi, c'est un truc que je kiffe beaucoup, mais ça ne vire pas à l'obsessionnel! Je ne suis pas encore un otaku, hahaha!!! Bref, ce concept (si l'on peut dire) est venu de fil en aiguille, par rapport à mes diverses passions. A la base, rien de calculé, même s'il est vrai, que je pense rester dans cette voie.

  1. Cette passion pour l'Asie se retrouve aussi dans le choix des groupes interviews ; cet intérêt pour la scène asiatique est-elle lié à ta passion pour les mangas ?

Hum, franchement je ne pense pas. Du moins pas directement. Le lien existe, on est d'accord, mais je ne pense pas que se soit le manga qui m'ai donné envie de me focaliser sur les groupes du Japon. Comme tu peux le voir dans la question suivante, j'ai toujours été intéressé par la "scène exotique", donc il était aussi logique que les groupes d'Asie me titille l'oreille. A coté de ça, le manga m'a ouvert sur la culture nippone en générale. A force d'en lire, je me suis de plus en plus intéressé au Japon. De même que grâce aux magazines de japanimation (JapanVibes, Planète Japon, Kogaru…) qui publies de nombreux dossiers et articles sur ce pays si énigmatique et surprenant. Alors peut être qu'à force d'en chercher  plus sur le Japon, j'ai fais de même avec les groupes punks. Cette attirance pour le Japon m'a probablement donné envie d'écouter plus de groupes de là bas. Dés la création du label, j'ai pas mal prospecté de petits groupes jap, en essayant de chopper leur demos. Donc oui, il y avait une volonté de faire découvrir des groupes nippons, sans pour autant m'arrêté à ce pays. Le Japon à beau être un grand pays, leur scène n'en demeure pas moins discrète. Et je suis très content que d'autres personnes participe dans cette voie, je pense notamment à Guillaume du zine PIZZA WITH CHEESE, Nico de WORLD OF ILLUSIONS rds ou encore SALVATION rds. D'autres demos de groupes jap sont prévus sur Kawaii! Et faire des interviews de groupes asiatiques, c'est tout de même l'occasion rêvée d'en savoir plus sur ces lointaines contrées!. En ce moment, je m'intéresse pas mal à la Corée du Sud… probablement du fait que je matte de nombreux films coréens qui abordent la complexe situation géopolitique du pays. Comme quoi…

  1. D'ailleurs ton intérêt n'est pas exclusivement tourné vers l'Asie, mais vers toutes les scènes des pays du tiers-monde  c'est quel aspect de ses scènes qui te motivent ?

Oui, je suis super intéressé par les groupes du tiers-monde, ou des pays lointains/isolés. Et ça depuis mes premiers pas dans le mouvement punk. Je suis tombé là dedans vers 1995, et le premier 7" que j'ai acheté (alors que je n'avais même pas de platine vinyle!!) c'était une compile de Thaïlande, sorti par TAM89! Je m'en rappel comme si s'étais hier! Et depuis, mon attrais pour les scènes exotiques n'a fait que s'amplifier. Je sais pas réellement ce qui me motive dans cette voie. Je n'ai rien contre les groupes ricains ou d'Europe de l'Ouest. J'en écoute et soutient pas mal. Mais il y a pleins de petits groupes inconnus dans d'autres pays, que je trouve ça super dommage de se limiter aux scènes "occidentales". Surtout lorsque l'on parle de crédibilité punk! Je suis désolé, mais être punk ou anarchiste en France ou aux Etats-Unis, c'est pas bien difficile, et ça n'a pas (plus?) grand-chose de subversif! Rien de choquant, et encore moins de menaçant. Juste une contre-culture underground un peu plus politisé que la moyenne!! Ne le prenez pas mal, mais ça veut dire quoi être punk en France aujourd'hui? Avoir une crête rouge et se bourré la gueule sur le trottoir, en beuglant comme un veau? Faire du skateboard en abordant fièrement un baggy à 100€ et le t-shirt du groupe hardcore local? Cracher sur le système et sortir un disque, grâce au RMI/alloc chômage? Attention, je ne me place pas dessus de tout ça! Loin de là même! Je veux juste dire qu'être dans un groupe punk hardcore ici, ça n'a rien d'extraordinaire! Même si on essais de créer des trucs différemment et avec passion. Enregistrer un CD, acheter du matos, ou partir en tournée, franchement, c'est pas la mer à boire! Regardez les groupes ricains qui nous font une tournée en Europe tous les ans! Même s'il existe des galères, ça reste la belle vie, nan? Par contre, vous pensez que c'est aussi simple pour des groupes de Colombie, d'Equateur, d'Indonésie ou encore de Biélorussie? Je pense pas! Ok, cela devient de plus en plus hard, mais bon, ici on est sur d'avoir au moins un repas par jour! Même au RMI, on touche plus de 150€ par mois, ce qui n'est pas le cas d'un punk qui bosse en Pologne. De nombreux groupes d'Amérique du Sud, sont obligé de louer leurs instruments de musiques! En Iran, les concerts punk sont illégaux. Envoyer un paquet de Malaisie représente une petite fortune. Et je ne parle pas des problèmes avec les autorités, par rapport aux diverses activités politiques de ces groupes! Heureusement qu'ils sont super underground, car dans certains pays, critiquer le gouvernement vous conduit en prison. Au Maroc, des jeunes hardos ont eu de sérieux problèmes, pour avoir ébranler la foi musulmane! Ce que je veux dire, c'est que la notion d'être punk en France n'a rien à voir avec le fait d'être punk en Bolivie, même si nos buts et nos rêves sont communs. Malgré notre haine du système et de l'autoritarisme, notre rage paraît bien désuète et hypocrite, par rapport à nos conditions de vie. Je pense que l'on peut s'estimer heureux même! Je ne dis pas que tout est beau, ou qu'il ne faut pas essayer de changer la donne, mais arrêtons de jouer aux punks révolutionnaires ultra-opprimés par un Etat fasciste!!! Tout ça pour dire, qu'il me semble primordial de soutenir tous ces petits groupes inconnus, pour qui le mot punk va bien au-delà d'une simple musique défouloir. Mon intérêt pour ces groupes, c'est un soutient. Pour moi, punk = solidarité internationale. Après, il y a tout le plaisir de la découverte. Franchement, c'est super excitant d'avoir dans les mains un skeud de Singapour ou d'Israël. Il y a quelque chose de magique!! Je me sens presque privilégié d'écouter un groupe du Kazakhstan ou du Népal. J'aime ressentir leur passion du truc et leur rage de vivre. Et ceux, malgré des moyens souvent limités. Le fait d'écouter des groupes qui s'expriment dans une langue, autre que l'anglais, est un atout supplémentaire. A une époque où de nombreux punks crachent sur l'impérialisme américain (de façon primaire en plus) ou de L'Eurofortress, je trouve curieux que notre intérêt pour la scène punk, ne se limite qu'à ces deux continents!! D'autant que depuis l'avènement d'Internet, les choses sont encore plus simples. Je ne pense pas non plus que la langue pose problème, puisqu'on peut très bien se débrouiller avec un anglais pourri. Toute façon, si on est capable de discuter avec le dernier groupe hype de Portland, on peut le faire avec un p'tit groupe de oi Chinois, nan?!? Et si l'on me sort des conneries (ça m'est déjà arrivé) du genre, ce sont des groupes inconnus qui n'intéressent personnes ou encore leur son n'est pas terrible, pfff, j'crois que ça veut dire que l'esprit punk hardcore est maintenant relégué aux oubliettes!!! Bref, de mon coté, je lâche pas l'affaire, et je continue à faire des échanges avec des kids du Mexique, Guatemala ou du Chili. Demandez aux vieux de la scène, le mouvement punk DIY est avant tout en réseaux international, d'échange et de solidarité. Soyez curieux, soyez ouvert… ou allez vous branler sur la dernière compile promo de Bridge Nine rds!!              

  1. Comment as-tu découvert l'univers des fanzines ? Quel est ton premier fanzine acheté ?

Un peu par hasard, et par curiosité aussi. J'étais dans le metal de 1990 à 1995. C'est à cette époque, qu'il y a eu l'explosion de groupes plus "authentique", avec le grunge, la fusion, l'indus, NIRVANA, GREENDAY, LOFOFORA, OFFSPRING… Ces groupes apportaient (au fan de MOTLEY CRUE et MAIDEN que j'étais), un son nouveau, et surtout un discours et une attitude plus réaliste et sincère. Est arrivé dans la foulé, le magazine RAGE, qui m'a poussé dans tout le milieu rock indépendant et contre-culturel. Un véritable bain de jouvence pour moi. Ce mag m'a aussi ouvert à d'autres sonorités, plus pop, électronique ou rap. Une étape importante. Ce mag parlait aussi de sujets extra-musicaux et de trucs politisés parfois. Il m'a donné envie d'allé explorer ce qu'il y avait derrière la musique. Bref j'étais bien partie. Je sentais qu'il fallais que j'en apprenne plus sur ce que cachait les mots punk et hardcore. Et c'est à la mi-95, que je suis tombé sur une petite annonce, dans HARD ROCK MAGAZINE. Un certain Fred Leca vendait un zine punk, hardcore, garage, oi… nommé EARQUAKE. Ni une, ni deux, je lui (en passant par un pote de lycée) envois un petit billet, pour le lui commandé son zine et sa compile K7 maison, "Assez d'être humains". C'est là que tout à commencé! D'ailleurs le père Fred a beaucoup participé à ma culture punk, en m'enregistrant de nombreuses K7. Un monde nouveau s'ouvrait à moi. Un monde où chacun pouvait coopérer, avec les moyens du bord. Donc mon premier zine, c'est EARQUAKE, dont je suis toujours fidèle. Tiens bon Fred!  

  1. La rubrique zine de Mononoké s'appelle "no zine no scene" ; peux tu développer ce point de vue ?

Pour moi, le zine est indissociable de la scène punk hardcore DIY, au même titre que le groupe, label, distro, radio, orga et "simple public". La scène c'est un tout. L'un ne va pas sans l'autre. Un label sort le CD d'untel, qui sera disponible via un actif réseau de distribution. Les orgas sont là pour faire jouer ce groupe. Les radios (et zines) sont là pour la promo et aide à faire découvrir le groupe. Mais bon, dans notre scène, la radio reste forcément local. Internet et les webzines sont un plus pour "promouvoir" le groupe. Peut être que le terme "promouvoir" va en choqué certains, mais bon, c'est pas le tout de presser 500 ou 1000 CD, il faut bien les vendre derrière! Le rôle du zine, sert aussi à la promo, mais surtout à ce qu'il y a derrière la zik. Car le punk hardcore, c'est bien plus que de la musique… normalement… Dans le zine, il y aura une chronique du CD, mais aussi une interview plus ou moins pertinente du groupe. Et le public se balade entre tout ça! Bon je schématise vraiment là!! C'est pour dire que le zine est un média très important pour notre scène. Nous n'avons pas de magazines crédibles, donc à nous de créer nos médias, suivant notre vision de la scène. C'est le moyen de découvrir de nouveaux groupes, d'avoir des points de vue différents. La diversité est une richesse supplémentaire pour nous. Ne plus faire de zines, reviendrait donc à limiter le punk hardcore à une musique, sans toutes les conceptions alternatives qu'il y a (ou ai censé avoir) derrière. La survie de la scène DIY et sa richesse culturelle passe par la création de zines. Alors lissez des zines, faites le vôtre. Secouez-vous bande de larves!! Pfff, je me rends compte, que c'était pas évident de répondre à cette question. La réponse semble évidente, mais pas facile à retranscrire sur papier… En résumé, j'ai découvert de nombreuses facettes du punk avec les zines, il me semble donc normal de continué à faire perdurer nos idées… surtout vu l'état de la scène actuelle, où la démarche pro semble s'installer sans peine! Je considère un zine comme un lien entre tous les activistes de la scène, donc pas de zine, pas de scène.      

  1. Quelques temps après le fanzine, tu as lancé ton label ; c'était une envie, un projet antérieur au fanzine, ou c'est les contacts établis grâce à lui qui t'on amené à faire Kawaii records ?

Je pense que c'était une envie parallèle au zine. Car bien avant d'être actif, j'ai toujours eu cette soif de découverte. Cette envie de dénicher le petit groupe inconnu. Toujours adoré choper des demos. Toujours plus de curiosité. J'avais donc déjà beaucoup de contacts, avant de commencer. Donc, d'un coté j'avais le support papier pour parler de pleins de groupes que j'aimais bien, et à coté, le label, pour essayer de sortir des trucs qui n'avaient probablement aucune chance d'atterrir ici. On peut voir le label comme une suite logique, tout simplement. Avec mes divers prods, j'ai pu faire de sympathiques échanges avec des groupes de partout, et ça c'était un peu le but je crois. Malheureusement, ça ne suit pas toujours derrière. J'ai plusieurs skeuds sous les bras, du fait du manque d'intérêt pour les scènes exotiques… Mais je persévère! J'ai encore plus de contacts grâce à Internet… même si je trouve que la relation est plus superficielle et rapide. La quantité au lieu de la qualité? Les trucs comme MYSPACE sont de formidables mines, malgré la frime et le coté course aux "amis" du truc!  

  1. Depuis le numéro trois tu es passé au prix libre : qu'est-ce que cela signifie pour toi une telle démarche ?

Oui effectivement, je me frotte au prix libre depuis peu! Comme beaucoup, je pense que c'est le fait de ne pas considérer sa création (en l'occurrence mon zine) comme une simple marchandise. Bon, ça peut paraître cliché comme argument, mais puisque notre scène est très forte pour critiquer cet infâme système capitaliste et son argent-roi, autant essayer d'agir différemment. C'est aussi une façon d'impliquer "l'acheteur". Essayer d'allé au-delà d'un simple rapport marchand, style je te propose un produit, tu me donne telle somme, et il est à toi. Acheter un zine, c'est soutenir la scène. Donc, je pense que c'est à toi de décider combien tu veux mettre. Ou combien tu peux mettre. C'est une façon de se prendre en mains et de se responsabilisé. Mon zine est là, sur la table de presse. Tu le prends et le feuillète à loisir, ce qui te donne un aperçut du travail qu'il y a derrière. Ensuite tu vois combien tu es prêt à filer pour soutenir mon taf. C'est plus une relation d'échange et de confiance. Après le gars qui veut rien lâcher, et qui s'enfile canette sur canette, toute la soirée… ça passe moyen! Ou le gros lourdaud qui te balance 10 centimes, en prétextant que c'est prix libre… Bon heureusement, c'est très rare. En tout cas, j'aime bien tomber sur des personnes non-habitués avec ce principe, ça donne lieu à des discussions très enrichissantes. Par contre, je ne sais absolument pas si je vais continuer ainsi pour les autres numéros. Mon budget zine est assez lourd. Pour l'instant, j'ai pas de plan photocopie gratuit, donc… D'où la notion de responsabilisation de "l'acheteur". Je sais pertinemment que je vais perdre des thunes (les zines donnés aux groupes, promo, frais de port lors des échanges…), ce n'est pas le problème, mais je dois tout de même limiter la casse, si je veux en sortir d'autres. Tant que j'ai mon boulot de merde, ça ira je pense. Je vais essayer de me renseigner sur les prix d'impression. Tu sais, en matière de prix libre, j'ai bien envie de sortir un CD (genre compile internationale) en prix libre, notamment en réactions aux arnaqueurs de la scène hardcore professionnel! Voyez par exemple les labels ricains qui vendent des MCD de 10mn à 8€! Quand je vois les prix des CD sur certains stands, whaouuu, on est à 12€ en moyenne… Ca choque peu de monde en plus! Et puis tiens, un p'tit coup de gueule contre les labels à qui je propose des échanges, et qui me répondes: "nan on n'est pas intéressez, par contre si tu veux acheter nos productions, pas de problèmes, on te fera un prix de gros!"… Allez-vous faire mettre sale bâtards!     

  1. Quand j'ai eu le premier numéro de Mononoke, j'ai été surpris de voir un zine de tel format (A4) et d'autant de pages sortir. Comment c'est imposé ce format ? Cela ne te semblais pas trop ambitieux ou difficile à assumer ?

Au tout départ, il aurait du être beaucoup plus light. Je partais pour un format A5, style EARQUAKE. Ensuite, j'ai opté pour du A4, histoire de pas trop me prendre la tête avec la mise en page (j'ai tâté le PC quasiment en même temps que le zine). Je voyais bien le numéro 1 avec une 20taine de pages A4… En plein milieu du zine, j'ai tout stoppé suite au décès de mon père… Une longue période de doute pour moi… Entre temps, pas mal de choses s'accumulais, de plus en plus d'articles, chroniques, interviews… Bref, lorsque j'ai repris la barre, je me suis retrouvé avec pleins de choses à mettre dedans. Et il était hors de questions de passer des trucs à la trappe! C'est un peu comme ça que je me retrouve avec une 50taine de pages pour le numéro 1!! Hahaha, au moins, il y avait de quoi lire! Par la suite, je pensais faire un truc moins épais, mais j'ai foiré à chaque fois! Au contraire, il y a de plus en plus de pages! Le numéro dix sera au format annuaire! Faut dire que je pousse les gens interviewés à bien développer leurs propos et à faire des réponses bien longues, alors forcément… Mes chroniques sont de plus en plus détaillées, j'ai envie de parler de pleins de trucs… pfff, comment veux tu que je m'en sorte! Mais en fin de compte, nan ce n'est pas trop hard à gérer. C'est clair que ça représente du boulot mine de rien, mais une 50taine de pages sur plus ou moins six mois, c'est pas insurmontable. Avec un format de ce type, j'ai pas intérêt à me planter non plus, mais pour l'instant tout part assez bien, donc j'ai pas à me plaindre. Comme je l'ai dit plus haut, le truc plus chiant, c'est le prix des photocopies. C'est sur ce point qu'il faut que je me renseigne le plus. 

  1. Considères-tu Mononoke comme un zine straight edge ?

Définitivement, non. Je suis sXe, et forcément ceci ressort dans le zine, mais MONONOKE n'est pas un zine sXe. Un zine pro-sXe, sûrement. Aux balbutiements du zine, oui, je pensais être orienté sXe et old school HC… Mais en fin de compte, je ne tiens pas à m'enfermer dans un truc précis. Notre scène est riche et variée, et j'entends bien vous en faire profiter! En plus, c'est pas forcément les groupes sXe qui ont le plus de chose à dire, en dehors de leur crew/scène, hehehe! Bien sur, il y aura toujours quelques groupes du genre dans mes pages. Ou du moins une ou deux questions ayant un rapport avec le sXe. Mais ça n'ira pas plus loin. MONONOKE, est un zine punk hardcore, au sens large et originel du terme. Fin de l'acte!

  1. Penses-tu que cela soit un zine politique, dans le sens général du terme ?

Qu'entendu exactement par politique? Si tu veux savoir si MONONOKE est un zine anarchopunk ou militant, je dis non. J'aimerais écrire des textes politisés, mais pour le moment, je n'en ai ni le temps, ni la capacité.  Par contre j'essais de mettre divers textes plus ou moins politisé, divers événements que je juge intéressants. C'est pas vraiment personnel, puisque je ne fais que du copié/collé, mais j'estime que ça reste informatif et donc bénéfiques. Ce n'est pas sur TF1 que tu trouveras des infos objectives sur la situation des femmes en Afghanistan ou sur les émeutes de Bolivie. Tu vois, je reste toujours dans la trame "more than music" et international. C'est ma définition d'un zine hardcore, je pense. Tout comme les interviews de groupes, où j'essais d'aborder divers sujets extra-musicaux ou de pousser à la réflexion (voir question suivante). MONONOKE n'est peut être pas un zine politique, au sens pamphlet libertaire, mais ça reste un zine conscient et concerné par le monde qui l'entoure, aucun doute. Du moins, c'est de cette façon que je le vois.
 

  1. Qu'est-ce que tu recherches quand tu fais une interview ?

Pleins de choses, voir trop! Je balance mes interviews à des gens qui me plaisent, de par leur zik ou leur façon de faire. C'est ensuite un désire de le faire partager aux autres. C'est aussi ça, le but d'un zine. Par exemple, en faisant des interviews pour des groupes de rap (CASA DEL PHONKY, BES, PRINCESS ANIES), ou encore avec le label PRIKOSNOVENIE, c'est clairement dans l'intention de faire découvrir des trucs que j'apprécie, et qui n'ont pas forcément de lien avec le punk. Ensuite, faire une interview classique, pour promouvoir un groupe, j'en ai strictement rien à foutre. Certains le font très bien, temps mieux pour eux. Bien sur, les groupes qui sont dans mes pages, je les apprécie d'un point de vue musical. Donc, il est normal d'un parler aussi, notamment sur le comment ils construisent leurs zik, leurs actualités… Mais au-delà de tous ces groupes, il y a avant tout des individus. Et moi, je cherche à en savoir plus, concernant leurs textes, leurs points de vue sur certains sujets d'actualités ou étant en rapport avec notre scène… Quand tu fais l'interview d'un groupe du Venezuela, je pense qu'il est plus intéressant de parler de la situation politique du pays, plutôt que de tatouage! J'essais de récolter un max d'infos! C'est pour ça qu'il y a de nombreuses sous-questions dans mes interviews!     

  1. As-tu une idée définie des sujets que tu veux aborder où tu y vas juste au "feeling" ?

Un peu des deux, même si ça reste défini dès le départ. Je réfléchis d'abord à quels groupes je vais interviewer, et au pourquoi de la chose, pour savoir si le groupe a des choses intéressantes à dire. Primordial je pense. Ensuite, avant de pondre des questions, je me renseigne un minimum, sans non plus faire de la recherche approfondie. Je passe un peu de temps sur les paroles du groupe, ce qui pourra me guider dans mes questions. Pour les groupes étrangers, je cherche des infos sur leur pays ainsi que sur la situation politico-sociale… Je sais (à peu près) d'avance de quoi je vais leur parler. Ca reste donc réfléchit, mais parfois, de nombreuses sous-questions font leur apparition, et là on peut parler de feeling je crois. De même lorsque j'aborde un évènement de l'actualité, juste histoire d'avoir l'avis du groupe. En tout cas, c'est un gros boulot d'essayer de faire une interview intéressante!       

  1. As-tu eu des difficultés pour obtenir des réponses ? Des interviews qui ne sont pas faites et pour qu'elles raisons ?

J'ai pas trop de problèmes pour avoir des réponses. De fréquent retard, oui, surtout pour le numéro 3. Mais il  y'en a aussi plusieurs dont je n'ai jamais eu de nouvelles: RAMBO, TOTAL FURY, IN DESPAIR, RUIDO DE ODIO. Certaines lettres (lorsque je n'avais pas le net) se sont apparemment perdues en route: VITAMIN X, DAY OF THE DEAD, FEUD, mais tous trois m'ont proposé de leur en refaire une, plus en phase avec leur nouvel album/direction, donc ça se fera sûrement un jour! Parfois le groupe n'existait plus (je suis pas du genre à suivre l'actualité de notre petite scène, hehehe), je pense à HATEFREE, TO SEE YOU BROKEN ou UNTIL TODAY. COMMON ENEMY n'a pas voulu me répondre, car il préparait un nouveau skeud, et m'on proposé d'en refaire une après (oh, tu veux pas le p'tit déj au lit, avec??). CAPTAIN BOOTBOIS (oi de Séoul) a préféré laisser tombé, apparemment pour divergence politique, d'après ce que j'ai capté. Faut dire que j'avais mis pleins de questions sur le patriotisme assez poussé en Asie, sur la Corée du Nord… Dommage, car j'attendais beaucoup de leur part. Maintenant, je balance un petit mail avant, pour savoir si le groupe est vraiment intéressé. Soit la réponse est positive (pour l'instant), soit il n'y a pas de réponse! Bandes de merdes! Parfois, j'ai aussi des groupes qui sont intéressés, mais qui décline mon offre, à cause de la barrière de langue. Au Japon, le niveau d'anglais est très bas! Pire qu'ici!

  1. Comment te comportes-tu dans ces cas là ; tu laisses tomber, tu relances ? Tu as des "roues de secours" de prévus pour compléter ton sommaire ?

Bon, pour les interviews perdues, le "litige" s'est réglé rapidos, après quelques explications par mail. Pour les "pas de réponses", oui, j'ai relancé très souvent, à grands coups de mail, mais au final, rien. Donc, je laisse tombé, je vais sûrement pas me mettre à genoux, pour que ces messieurs daignent me répondre! Bon, les interviews sont toujours stocker dans un coin de mon disque dur, en cas de miracle, hahaha. Pas de roue de secours, mais bon, si le groupe ne donne aucun signe de vie, j'en contact un autre. Et de toute façon, vu la taille de mes interviews, je n'ai aucun mal à compléter le sommaire! Je dois plutôt faire gaffe de pas en mettre trop! Et de plus, je ne fixe pas de date de sortie pour le zine, donc ç'est pas trop un souci.    

  1. Depuis quelques temps, je trouve que les gens ne répondent pas aux interviews dés que tu abordes des sujets trop polémiques; Je fais partie de ceux qui pensent que les débats (primordiaux dans le punk) passent en partie par la polémique. Qu'en penses-tu ?

Je suis tout à fait d'accord avec toi. Je vois d'un coté toute une franche de la scène qui se professionnalise, et donc se dépolitise. Tous ces groupes de pseudo hardcore/punk qui jouent aux rebelles de la scène indie. Tous ces gens dont le discours est soit vide de sens ou totalement démago. Des groupes qui se réclament punk ou hardcore (au début du moins) et qui te sortent des conneries du genre "oh nous la politique… on fait de la musique"… Les groupes qui écrivent 3 lignes pour parler de la situation en Irak (par exemple) et sont capables de balancer 3 pages pour expliquer comment a été enregistré leur CD… Et de l'autre coté, il y a une scène extrêmement politisé, mais très renfermée sur elle-même. Une scène, qui malgré de bonnes intentions, a parfois du mal à s'auto critiqué. Une scène un peu trop politiquement-correct et théorisé parfois. Une scène qui ne veut pas froisser ses fidèles partisans, mais n'hésite pas à tirer sur ceux qui ne respectent pas à la lettre le livre rouge, du parfait militant punk! Entre les inutiles et les intégristes, sure que les débats ont tendance à stagner… Tu as raison lorsque tu dis que la polémique est utile. C'est de cette façon que les choses avanceront d'une manière constructive. On doit apprendre à s'auto critiquer, même si ça fait mal. A quoi bon proposer des alternatives, si l'on est pas capable de régler nos embrouilles internes? Si les gens ne répondent pas aux sujets polémiques, ça prouve que notre scène à un grave problème. Je vois moi aussi, que des groupes évitent de répondre aux questions dérangeantes. Soit ils répondent à coté, voir pas du tout, soit ils s'agacent ou répondent par une autre question. L'interview des BRIXTON CATS dans MONONOKE 3 le montre bien. Certaines vérités font mal… Beaucoup de j'm'en foustisme et de fantasme, je pense. Le punk? Une apparence, un style et une musique. Rien d'autre! Surtout pas d'intelligence ou d'humilité!! On rêve du grand soir, alors qu'on est même pas capable de changer soit-même… Trop de copinage et d'hypocrisie. Arrêtons de jouer aux apprentis guérilleros et ouvrons les yeux. On doit admettre que notre comportement n'est pas aussi différent du kéké moyen. Si on nous fait une critique, au lieu de se prendre la tête, on doit plutôt se demander pourquoi et réagir en fonction pour s'améliorer. La polémique, c'est aussi confronter des esprits parfois divergent, et donc, empêcher qu'une dangereuse pensée unique s'instaure rapidement. La polémique, c'est crever l'abcès. La polémique nous évitera le formatage (intellectuel et culturel) et nous obligera à rester attentif et vivant. Le silence, l'apathie, voilà ce qui est dangereux pour nous.       

  1. Tu abordes des sujets extra musicaux, comme les mangas ou les films. Penses-tu que cela soit le rôle d'un fanzine, attaché à l'underground, de parler de médias bien plus commerciaux. J'ai toujours du mal avec cette idée. Même si je  peux aimer ça, même si ton avis est intéressant (comme d'autres zines qui se prêtent au jeu), je ne vois pas pourquoi il faudrait en parler.

Ben tout simplement que MONONOKE est mon zine, et je parle de ce que je veux, capiche?!? Ca, c'est une bonne réponse puérile, hein?!? Bon, franchement, je ne me suis pas trop posé la question, de savoir si ça faisait punk ou pas. Mon zine est très axé sur la découverte. Et pas uniquement découverte punk. Par contre, oui, je comprends très bien que cela fasse "tache" dans un zine underground et non-commercial. C'est un choix que j'assume parfaitement. C'est clair que c'est pas underground, mais en même temps, les films que je chroniques ne sont pas (en général) des gros blockbusters grand public, de même que les mangas, qui restes réservés à un public minoritaire. Bien sur, ce n'est forcément de la contre-culture (quoique?), mais ce n'est pas non plus de la culture de masse. Ce sont des trucs qui m'ont vraiment plus, et dont je tiens à faire partager, rien de plus. De nombreux zines chroniques bien des livres, et pas toujours underground. Et de mon coté, je préfère parler d'un film "commercial", plutôt que de tel groupe punk ou hardcore, ayant sorti des albums sur une major! Beaucoup plus crédible, à mon avis. Et faire des comptes-rendus de festival comme le FURYFEST, les machins EASTPACK ou VANS TOUR, les (Z)EUROCKEENNES… c'est plus cool? Sortir un disque HC (hum!) avec le soutient de la mairie et sponsorisé par le Crédit Agricole, c'est punk?? Je comprends ce que tu veux dire, mais j'avoue que je ne sais pas trop quoi te répondre! Y'a pas de règle ou de tabous, hein! Je ne vois pas pourquoi on ne devrait pas en parlé non plus. Donc, même si je suis conscient que ça n'a rien à voir avec notre mouvement, je continuerai d'en parlé, et toc! Savais-tu qu'il existait des zines underground dédiés au cinéma ou à la japanime? Je pourrais faire de même, mais ça signifierais qu'il tournerait probablement dans un cercle d'initiés. Alors je préfère mettre quelques pages dans MONONOKE, et par la même occasion, permette à des punks de découvrir des trucs par forcément communs dans la scène. Bon, chroniquer un CD d'Arielle Dombasle, c'est un peu abusé, il est vrai, hahaha!!!

  1. Penses-tu que Mononoke est une sorte de reflet de ce que tu es ?

Oui, c'est indéniable je pense. A partir du moment où je décide de faire un zine qui dépasse le strict stade musical, il y aura forcément une partie de ma personnalité qui y sera injecté. A travers certains réflexions, ou dans le choix des questions posées, j'expose plus ou moins directement mes points de vue. Le choix du sommaire et des chroniques reflètent mes divers goûts, en matières de zik ou autres. MONONOKE n'est pas un zine neutre. C'est une partie de moi qui s'exprime dedans. D'ailleurs je pense que faire un zine apporte une implication beaucoup plus intense, par rapport à un label, par exemple. Mais au final, ça reste un reflet limité, car je ne parle pas tellement de moi. Du moins, c'est l'impression que j'en ai. J'entends par-là, que je ne raconte pas trop ma vie, c'est pas dans ma nature de toute façon. Un peu pour cette raison que j'ai du mal à écrire des colonnes d'opinions je pense. Pas le genre à trop me dévoilé. Discret et réservé? Je ne le nie pas…   

  1. Pourrais-tu donc collaborer avec d'autres personnes ?

MONONOKE, c'est ma princesse à moi. J'agis en pur dictateur, hehehe! Bon, je suis ouvert à toute participation, du genre petits coups d'mains, comme l'a fait Rog, en écrivant quelques chroniques. Et si des personnes sont partant pour écrire des colonnes d'opinions, j'en serais très heureux aussi. Mais ça s'arrête là. Je n'ai pas (pour l'instant du moins) envie qu'une autre personne participe activement au zine. Je tiens à décider quels groupes seront dedans, le choix de la couverture et de la mise en page, le sens donné aux interviews… Tu vois ce que je veux dire? Une participation ponctuelle, oui c'est réalisable, mais ça s'arrête là. Faire des split-zines me plairais beaucoup, par contre. Il y a de forte chance, que j'en fasse un, avec Seb de WE'RE GONNA FIGHT. De même, si j'avais plus de temps, j'aimerais bien participer à un zine collectif.

  1. Peut-on parler de promiscuité entre un fanzine (et son rédacteur) et le lecteur ?

Ouah, c'est quoi cette question?? Pas facile à répondre ça! En réalité, je sais pas trop… Et d'une je n'ai sorti que 3 numéros, et de deux, je ne me dévoile pas beaucoup dans mes pages… alors c'est pas trop évident à dire. D'après les quelques retours que j'ai eu, le zine semble être bien apprécier. En achetant MONONOKE, "mon lectorat" s'attend à y trouver certaines choses bien précises, comme des groupes de certains pays oubliés, du manga, de nombreuses chroniques zines, un peu de hip-hop… Je reçois parfois des mails ou lettres où les gens me donne leur avis, ou prenne des nouvelles sur le prochain numéro… Ce genre de trucs quoi. Donc, il y a quelque part une relation entre rédacteur et lecteur, mais de là à parler de promiscuité, sincèrement, j'en sais rien! Faudrait peut être demander aux lecteurs! Je suis désolé Jeff, mais je sais pas quoi répondre! Tu m'en veux pas, hein?

  1. Comment vois-tu évoluer Mononoke ?

Houla, va savoir mon coco! Peut être en papier glacé couleur, avec poster! Nan, sérieux, je vois pas de gros changement dans l'immédiat. Dans la forme, peut être que je le ferais moins épais, afin de pouvoir le sortir plus souvent, mais là, me connaissant, c'est pas gagné! A voir aussi en ce qui concerne l'impression, si un truc offset ne reviendrait pas moins cher que la photocopie. Toujours en A4 je pense. Quant au fond, les rubriques habituelles seront toujours de la partie, et si je trouve du temps, j'aimerais mettre quelques chroniques livres. Une chose est sur, c'est que le sommaire sera de plus en plus international, avec des p'tits groupes du bout du monde. Mais bon, je me pose pas trop de questions, on verra bien au fur et à mesure. Toute façon, pas question de laisser tombé, le zine est ma priorité, dans la scène. Si, pour une raison ou une autre, je dois lâcher un truc, ça sera pas MONONOKE.

  1. Tes références en fanzinat ?

Je sais pas si l'on peut vraiment parler de références, au sens inspirations du terme. Plutôt des zines qui m'ont donné envie de faire le mien, qui m'ont donné la force de continuer dans les moments difficiles… Ils sont nombreux. EARQUAKE, grâce à qui j'ai tout découvert. SQUAWK, sûrement le premier zine que j'ai lu, où il n'était pas uniquement questions de zik. Toutes les questions politisées qu'il posait aux groupes, m'ont beaucoup interpellés. WE'RE GONNA FIGHT, dont la devise "International political vegan sXe" résume tout. Dans le même style, il y avait aussi le zine de Fred DARBOUKA rds, EXOTIC UNDERGROUND, je crois. TOTALITARIZM, dont j'espère voir le retour un jour. Celui-ci restera culte pour moi. Jamais le coté solidarité punk internationale et lutte des classes n'a été aussi bien abordé. Un zine réellement instructif. BLACKLUNG, hardcore DIY à l'ancienne, tout simplement génial dans le fond et la forme. COEXISTENCE, petit zine sXe ultra ouvert et passionnant. KRATCH, à la fois simple et beau. NEW WAVE pour la diversité et la contre-culture abordée. TRANZOPHOBIA, car c'était la pure classe. VOYAGEUR, une mine d'or pour trouver des contacts, malheureusement découvert très tard, pour moi. Toute la clique hardcore support da scene, HARDSIDE REPORT et compagnie, pour l'enthousiasme du truc et la chouette présentation. Je pourrai rajouter des zines comme ANDROIDE, ZULVAC, LE SABOTEUR, CARRY ON SCREAMING je crois (de Luc Ardilouze), WEEWEE, SATYAGRATA (c'était bien ton zine, nan? Par contre je suis plus sur de l'orthographe), EVIL, MURDER… et sûrement d'autres, dont les noms m'échappent. Actuellement, j'aime bien BARICATA, VENDETTA, HEARTATTACK, RAD PARTY, DIMWIT, BAVARDAGE, APATRIDE, PROFANE EXISTENCE…   

  1. Un fanzine que tu conseillerais ?

Un seul?!? Trop dur ça! Bon je dirais MONONOKE, ouais carrément!! Sinon, mon zine coup d'cœur du moment, c'est NO HOPE, petit zine breton, qui m'a trop botté! Un état d'esprit total DIY et positif, by the kids for the kids. Pleins de groupes HC qui arrachent. Bref, à soutenir. Et toppez aussi THANX FOR NOTHING, l'unique zine français (mais écrit en anglais) dédié au HC old school. Un autre zine que j'adore, c'est GONNA MAKE IT, très old school et international. Longue vie à tous!

  1. Pourrais-tu nous faire une chronique du dernier Mononoke ?

T'es trop fou toi! Bon je vais essayer de faire au mieux tout en restant objectif surtout!!
"Voici donc le troisième numéro de MONONOKE, zine très prometteur de punk hardcore. D'entrée, on remarque une chouette présentation, avec une couverture super classe et axé manga. La mise en page est sobre, avec une double page de photos live. On voit qu'il y a eu un gros boulot derrière, avec plus de 60 pages A4, bien condensé. Y'a de quoi passer un moment au moins! Voyons voir si le contenant est à la hauteur du contenu. Il y a de nombreuses interviews, dont certaines sont très longues. Celle d'Ollib (photographe sXe de hardcore) est passionnante, même si l'on adhère pas toujours à ses points de vue (sur le fait de vivre grâce au HC par exemple). En tout cas, le gars à répondu avec sincérité et à été vraiment bavard. Et y'a pas à chier, ses photos en jettent! Autre bon point, l'interview de PRINCESS ANIES, rapeuse aux propos intéressants. Là aussi, les réponses sont développées. Celle des BRIXTON CATS, est beaucoup plus mitigée. Pourtant les questions étaient bien pensées et pertinentes, mais les réponses du groupe, bof… pas toujours convaincant, un comble pour un groupe politisé et affilier au RASH! Celle des CHAROGNE STONE est plus anecdotique, mais le but est juste de présenter un nouveau groupe local. Les autres groupes sont ONE MORE SEASON (emo féminin), DAMAGE CONTROL (HC sXe de Norvège) et EVERYBODY'S ENEMY, du Japon. Là encore, les intervenants ne se sont pas trop foulés! Les réponses sont parfois plus courtes que les questions! Faut dire que David leur demande pleins de trucs, parfois trop peut être, notamment avec les nombreuses sous-questions. Mais ça me conforte dans l'idée, que beaucoup de groupes sont dans le HC pour la zik ou le style! Et n'oublions pas celle de Maidan, un punk chinois qui nous parle du fait d'être punk en Chine! Super bien celle là! D'ailleurs, restons dans l'international, avec les scene-report du Texas, des Philippines (très détaillé) et de Russie. Au moins, on voyage avec ce zine! Il y a aussi un punk de Pologne qui nous parle de sa condition de vie dans son pays. On trouve divers textes sur la situation des femmes dans le monde, des préjugés envers la scène industriel/electro/gothic, de grèves dans les pays de l'Est… Bien sur, il y a de nombreuses chroniques variées, en matière de zik et zine, et même des films (pas mal d'Asie) et des mangas (cinq pages avec des dessins bien cool)! Et tout ça pour un pris libre! Chapeau! Dommage que certains groupes n'ai pas été plus bavard, car c'est vraiment un très bon zine, pleins de passion et d'engagement, avec juste ce qu'il faut de naïveté pour le rendre encore plus attachant! Vivement la suite!"
Voilà c'est fait! J'ai essayé de garder le même ton que lorsque je chroniques des zines, mais très dur de juger son travail! 

  1. Dernier mot ?

Encore un grand merci à toi bien sur. Tes questions étaient fort intéressantes et inventives! J'espère avoir bien répondu! C'est pas si facile en fait! On a envie de dire beaucoup plus, pleins d'idées en tête, mais quand il faut mettre ça sur papier, cela se corse un peu! En tout cas ça m'a fais plaisir. J'en profite pour faire un peu de promo, d'accord? Coté zine, je vais pas tarder à commencer MONONOKE 4… Rien de défini encore, mais j'aimerais bien y mettre FTX, SILENCE KILLS THE REVOLUTION, HORS CONTROL, FIGHT FOR YOUR MIND, BAD IDOLS… On verra bien! Et pour Kawaii, les dernières prods sont le cd de FIRST FAILURE (oldschool HC de Paris), le 7" des CHAROGNE STONE (crustcoreviolence local), et suivront juste après, un split cdr SPITFAST / THRASHINGTON DC (fastcore Japon / France), les 7" de LEARN (thrashcore Italie) et OFF MY CHEST (HC Hollande), et d'autres trucs à venir… N'hésitez pas à demander ma liste de distro ou juste à m'envoyer un petit mot! Et puis, intéressez-vous à tous ces petits groupes du bout du monde, qui ne demande qu'un peu de soutient de votre part! A bientôt!
xDAVIDx