Kepala Eskorbuta pour ce split zine tout d’abord : c’est réalisé par le gars de We’re gonna fight, zine international political vegan straight edge et label/distro du même nom. Ce gars a plein de choses à dire, que ça soit au niveau musique ou politique, et il s’inscrit véritablement dans une démarche hardcore dans ses activités, avec toutes les valeurs que ce terme implique réellement (sens critique, engagement, DIY, le soutien aux groupes via le zine et aussi un soutient financier, etc). La mise en page est des plus simple et économique, faut parfois s’accrocher ; c’est très ouvert sur la scène. Il y a en interview la distro/label péruvienne Solidaridad, le groupe indonésien Total Banxat et les boliviens de Los Tuberculoses. La mieux de ces itw est celle de Solidaridad, les réponses sont assez développées et on en apprend pas mal sur le pays. C’est ce que j’aime dans ce zine, l’ouverture sur le monde. Il y a pas mal de chroniques de groupes étrangers (chroniques très développées), des récits de voyage (Indonésie) et un mariage report ! Tout ça aurait pu être personnel et chiant mais non, c’est bien raconté avec un regard intéressant, il ne se pose pas en touriste franchouillard. Sur la Colombie cette fois-ci il y a une interview assez politisée du groupe skin Ultimatum. On trouve aussi un texte récapitulatif des plus intéressant sur le conflit Israël-Palestine, reprenant les origines du conflit et les événements marquants de façon à donner une vision neutre de ce conflit. Il y a une bibliographie à la fin et une chronique d’un livre sur le sujet pour plus creuser les choses. D’autres livres et zines sont chroniqués à la fin, toujours de manière développées, où il confronte les idées des zines et les siennes et échange son avis. On fini avec un historique sur le vieux punk espagnol et on passe à Mononoké. La mise en page là encore est économique et le contenu est international, critique, pertinent et développé. Ces deux zines sont similaires dans leur approche du fanzinat (ça vaut mieux pour un split). Après les news, on commence par l’itw de Fight For Yout Mind, un label actif et éclectique. Les propos sont réfléchis, politisés, DIY, mais il y a parfois des longueurs, notamment avec le coté perso de l’itw. S’enchaîne ensuite des scene report de Malaisie et Indonésie (où le youth crew a l’air de bien se porter), et moins exotique, de la Nièvre. Suit l’itw du gars du zine Maniacs qui traite de ciné fantastique-horreur. Elle est marrante, le gars est bien à fond dans les navets ; la chronique du prochain Maniacs sera surement dans le prochain GA!... Les itw se terminent avec eBruitez!, une asso d’orga de concert dans la région de Bourges. Les mecs de cette asso ont des les 37 piges et je ne les sens pas enfermé dans une scène, quelle soit punk ou metal. Les propos sont donc intéressants et ouverts, à la cool, sans se prendre la tête. On est également bien servi au niveau des chroniques, il doit bien y en avoir une centaine, aussi bien en zine que musique. [GO AHEAD # 0]
On va démarrer ce split zine avec la partie rédigé par David, comprenant une immense interview de Flox Fight For Your Mind, label productif de skeuds hardcore/crust de qualité, et cette interview n'en a pas moins. Le bonhomme s'étale sur tout ce qui le touche, et y a un max de trucs, et n'est pas avare en explications, ce qui donne quelques pages remplies de bon sens et d'humilité. Ce qui fait pas de mal dans ce monde de brutes!! Comme d'hab, des scene reports, sur la Malaisie, l'Indonésie, et pis même de la Nièvre, c'est pas en Asie, mais c'est tout aussi exotique!! Deux autres interviews sont au programme, celle du type qui fait Maniacs, zine branché cinoche, et Ebruitez, asso qui organise des concerts dans la région de Bourges, et dont les deux fondateurs s'épanchent pas mal sur ce qu'ils font à ce niveau. On bouclera cette partie avec moults chroniques zines, toujours très détaillées, et de la zique, très dense elle aussi. Allez zou, on retourne le bazar, et on y va pour la verve de Seb WGF, qui à travers sa collaboration à diverses zines, n'a point changé de ligne éditorial ni de style d'écriture… J'en veux pour preuve ce numéro, qui fleure bon la polémique à tous les étages, tant au niveau des chroniques que des sujets abordés. Tiens d'ailleurs, une forme de synthèse du conflit Israélo-palestinien est proposée, avec une vision qui contre-balance le cliché Israêl = gros méchant, Palestine = tout gentil. Il s’appuie sur des faits historiques et détaille les rapports entre ses deux peuples. A mon avis, encore un dossier qui alimentera la polémique, de toutes façons, c’est ce que Seb cherche à priori. Beaucoup de chroniques de groupes d'Amérique du Sud et d'Asie, avec quelques interviews d'activistes de là bas. C'est toujours super intéressant, le ton et l'écriture sont direct, bon faut pas trop faire gaffe à l'orthographe sinon on s'arrache les cheveux, mais c'est lisible tout de même. Y a un petit contre-rendu du mariage de Seb en Malaisie, avec tout le folklore, ça peut paraître bizarre d'inclure ce genre de texte dans un zine, moi ça m'a bien fait marrer, parce que je l'imagine trop bien dans cette situation, et c'est un truc franchement atypique. Bon bah voilà, que dire de plus, des contacts, des récits de voyages, des interviews, de l'histoire, des chroniques, c'est bien complet tout çà. [HUMAN DISASTER # 7]
Un vrai régal que ce split zine... D'une face, le Mononoké n°4 du gars David qu'on connaît aussi via Kawaï Rds. De l'autre Kepala Eskorput par Seb, autre activiste fanzinotesque (We're gonna fight...). Ces gens sont bavards... ils ont des choses à dire, à faire partager, et ils les écrivent en tout petit pour pouvoir en mettre plus. Commençons par Mononoké donc... Trois interview bien longues du label Fight for your mind, de l'asso « bourge »oise Ebruitez et du fanzine de genre Maniacs (que je recommande très très fortement !!) où on apprend plein de choses et où les gens ont vraiment la possibilité de s'exprimer. Des concerts-reports, des chroniques disques (essentiellement punk hxc) avec plein de choses à dégotter, et 6 pages de chroniques zines pour mon plus grand plaisir... gniark gniark gniark !Hop, mouvement du poignet, mes doigts retournent les feuillets et se retrouvent parachutés... entre l'Indonésie et la Malaisie entres autres ! Le Seb en question y a passé quelques temps et il nous en parle... Il alterne entre des papiers du style « journal du baroudeur », des chroniques disques alléchantes (même si je ne suis pas certaine de trouver les cd un jour...). Super itw du groupe colombien de streetpunk Ultimatum. On y parle de musique bien sûr, mais plus largement de la scène locale, puis de la situation du pays, des farc, de politique... et je trouve ça vraiment bien car ça donne un autre aperçu des événements. Chapeau bas également pour l'article sur le conflit israelo-palestinien. Le monsieur se dépatouille tant bien que mal à faire un état des lieux des événements surgis jusqu'en 1977. Même s'il y a et aura toujours débat sur ce genre d'article il fallait oser et là-dessus je le redis, chapeau ! Ce sympathique zine ce termine sur un historique de la scène punk espagnole où là-encore on se retrouve avec pas mal de références à creuser, mais on ne va pas s'en plaindre... Tout le monde ne sera pas forcément d'accord avec tout ce qui est dit dans ces fanzines, mais le débat avec les deux plumes semble ouvert, ce qui est déjà bien loin d'être critiquable. [A GORE HURLANT # 01]
La question que je me posaisdepuis quelques temps était de savoir QUAND ces deux personnes allaient sortir un split zine ensemble tant leur démarche est similaire : faire découvrir les scènes dites « exotiques ». Commençons par Mononoké. Ça faisait un bon de temps que ce numéro était attendu, du moins en ce qui me concerne. Vous n’êtes pas sans savoir toute la passion que j’ai à relire continuellement les trois premiers numéros ! J’ai toujours apprécié le ton de David sans prétention, simple, enjoué, passionné, « posi », ainsi que son ouverture d’esprit qu’elle soit musicale ou non, son investissement dans tout un tas de projets, etc… le zine s’ouvre par un édito remettant bien les choses en place avec les BRIXTON CATS qu’il avait interviewés dans le précédent numéro. Je me demande comment il avait fait d’ailleurs… ce groupe est à zapper. Puis on entre directement dans le vif du sujet avec une interview de Flox qui fait le label DIY FIGHT FOR YOUR MIND (qui était un zine, il y a quelques temps de ça). Les propos sont censés, développés, humbles, passionnants. Flox prend le temps de poser son argumentation, ce qui contraste avec les questions de David moins développées qu’à son habitude. Car « normalement », dans Mononoké, David fait des questions de 10 km et les groupes répondent 2 lignes… non, je suis médisant ! Flox prend le temps de poser son argumentation, ce qui contraste avec les questions de David moins développées qu’à son habitude. Car « normalement », dans Mononoké, David fait des questions de 10 km et les groupes répondent 2 lignes… non, je suis médisant ! Après ça, deux petits scene report de Malaisie et d’Indonésie. Puis nouvelle interview, cette fois d’un zine sur le cinéma de série Z. David n’hésite pas, une fois de plus, à parler de tout ce qu’il aime, que ce soit punk ou pas. Même si les chroniques cinés et mangas ne sont pas présentes dans ce numéro (c’est un split zine, il y a forcément moins de place), David chronique une grosse quantité de zines dans sa rubrique dont je veux lui piquer le nom : NO ZINE, NO SCENE. Chouette, n’est-ce pas ? Et juste avant les chroniques de disques bien trop tournées vers le hardcore old school/youth crew (moins éclectique que d’habitude, quel dommage !), c’est EBRUITEZ! qui répond à quelques questions. De nouveau on voit que David veut donner la parole à des personnes différentes et qui ne l’ont pas forcément dans les zines. (Ebruitez est une asso organisatrice de concerts). Car non, dans ce numéro, aucun groupe n’est interviewé ! Bien fait ! Hop, on retourne le zine, et c’est la face KEPALA ESKORBUTA que l’on a sous les yeux. Seb ne gâche aucune place puisque l’édito commence directement sur la première. KE, le zine anti-gaspillage avec une police d’écriture à la limite de l’illisible. Au sommaire, on retrouve beaucoup de choses que l’on a pu lire dans WGF ou AZKEROZA. Notamment les interviews de Solidaridad DIY, TOTAL BANXAT, LOS TUBERCULOS, ULTIMATUM et le texte sur le conflit Israélo-palestinien. La relecture en français de ce texte n’était pas superflue puisqu’elle m’a permis de bien comprendre certains trucs. Mais là où le zine se démarque de WGF #9 c’est lorsque Seb écrit sur le vieux punk espagnol (texte aussi dispo avec la compil qu’il a sortie ou dans AZKEROZA #2) ou encore sur son mariage et voyage en Indonésie. Pour son report de voyage, certains iront critiquer le fait qu’il critique l’Islam (et autre), mais pour moi, il n’y aucun problème puisqu’il fait bien la différence entre religion et croyants. Mais qu’importe, puisque le texte qui va le plus faire jaser est celui sur son mariage. Non, pas un mariage comme nous le connaissons (nous=je=occidental connaissant seulement un mariage chrétien (sectaire en ce qui me concerne)) car Seb aime « l’exotisme ». Il se marie à la malais, mais ce texte n’a rien de choquant puisqu’il ne s’étale pas des masses sur la narration des événements et en profite plutôt pour parler du pays, des coutumes, etc… ma question est : va-t-il traduire ce texte et le mettre dans WGF qui sera lu par des gens là-bas ? Bon, j’arrête ici cette chronique. Seb a déjà beaucoup la parole dans ce zine et l’a eue dans le précédent ! héhé. Elu split zine de l’année. [PLUS QUE DES MOTS # 3]
David Kawaii (Mononoke) et Seb WGF (Kepala Eskorbuta) ont en commun de s'intéresser
aux scènes « exotiques » (ce terme sonne bien néocolonialiste, non ? « ya
bon banania ! »). C'est donc tout à fait logique de les voir réunis dans un
même zine, avec quelques nuances toutefois, Seb étant plus tourné vers des
sons punk/oi alors que David a des accointances avec le youth-crew et autres
straight-edgeries. Face Mononoke d'abord : en fait le sommaire est plutôt
franco-français. Ça commence direct avec une longue interview du label Fight
For Your Mind (chouette, avec des réponses très dévelooooôôôppées), puis on
continue avec une interview de Maniacs, zine sur le « cinéma
fantastico-horrifico-bis », et enfin une interview d'eBruitez, une
association qui organise des concerts punk/metal à Bourges. parce qu'apparemment
il s'y passerait autre chose que le Festival du Printemps de Bourges,
incroyable ! Ne vous inquiétez pas, David ne traverse pas pour autant une
crise de chauvinisme aigu : ça cause quand même (un peu) de groupes très
lointains grâce à des scene-reports Indonésienne et Malaisienne et de
nombreuses chroniques. On a même droit à une scene-report du département 58,
ce qui est le comble de l'exotisme pour moi, hé hé. Le tout est enrobé dans
un ton très enthousiaste et une volonté de nous faire partager ses coups de
cour et ses découvertes.Face Kepala Eskorbuta maintenant. Je suis parti avec quelques aprioris dus à ce que j'avais entendu du bonhomme et à la polémique dans MRR comme quoi Seb
serait un affreux ethnocentriste qui donnerait des leçons de morale aux
autres cultures. Il est vrai que critiquer certains aspects d'une culture
(religion, traditions, bouffe) peut paraître condescendant et méprisant mais
certains oublient qu'il ne faut pas confondre la dénonciation de faits
(comme le fait religieux) et la dénonciation des personnes (les musulmans
par exemple). En tout cas, rien ne m'a réellement choqué dans ce que j'ai
lu. Enfin si. les fautes d'orthographe ! Quelle horreur franchement, j'ai eu
du mal à me mettre dedans à cause des nombreux raccourcis SMS-isés : on a
parfois l'impression d'être sur le Skyblog d'une adolescente en fleur !
Enfin bon, pour ce qui est de la partie musicale, on peut y lire des
interviews de Solidaridad (distro péruvienne), Total Banxat (crust
indonésien), los Tubercoles (punk bolivien), Ultimatum (oi colombienne) et
un article sur le punk ibérique des années 80. Les questions évoquent l'actualité
et la situation politique des pays dont sont originaires les groupes mais la
barrière de la langue fait que les réponses sont un peu trop succinctes (à
moins que ce soit à cause de la fainéantise des interviewés). C'est la peine
de donner la parole aux punks du sud si c'est pour ne rien dire. Dommage. Je soupçonne quand même un tantinet l'ami Seb de chercher à provoquer des
débats, en témoigne l'article sur la création de l'Etat d'Israël et le
conflit israélo-palestinien où il essaie de démontrer la responsabilité (la
culpabilité ?) des pays arabes jusqu'en 1977, avant que l'opinion
israélienne connaisse un véritable virage à droite. Vise-t-il certains
antisionistes qui, pour se donner une conscience humaniste et
internationaliste, n'ont pratiquement que le conflit israélo-palestinien à
la bouche ? La prédominance de ce sujet dans certains cercles de gauche au
détriment d'autres conflits m'a toujours paru quelque peu suspecte. Une
guerre avec le casting « Juifs-vs-Musulmans » aura toujours plus la côte que
d'autres conflits. (alors que l'on pourrait se pencher sur l'intervention de
l'Etat français dans certains conflits. Je ne fais aucune comparaison, c'est
juste qu'il est plus facile de dénoncer les torts des autres : « les vilains
israéliens, les vilains américains, etc. »). Pour finir, l'article le plus
drôle (dans tous les sens du terme) est le report sur son propre mariage en
Malaisie, photos à l'appui ! A part ça, la présentation est plutôt
minimaliste, le but du jeu étant de mettre le plus de textes possible sur
une même page. En effet, Seb a l'air d'être un très très gros bavard, et
surtout un gros chipoteur qui aime chercher la petite bête et disséquer les
propos des groupes et zines chroniqués. [GRITA O MUERE # 2]
Voici enfin le nouveau MONONOKE fait par David aussi responsable du label KAWAII Rds entre autres. Il s'implique dans un tas de trucs dans le mouvement et n'hésite pas à mettre en avant les differentes scènes du DIY au sens large. Ce numéro ne contient pas d'interviews de groupes ce qui change un peu. Donc nous avons ici des entretiens longs et fouillés de FIGHT FOR YOUR MIND label / distro (oui de l'autopromo pour oim), MANIACS (fanzine de cinéma fantastico-horrifique) intéressant, et aussi EBRUITEZ ! (asso d'organisations de concerts sur Bourges fait par Stéphane et Bruno) bien cools les anciens :) et ça fait plaisir de voir des choses bouger ailleurs que dans les grandes villes ! Un côté internationaliste avec des scènes reports d'Indonésie, de Malaysie et de Nevers (again !). Un tas de chroniques de zines qui lui sont chères et qui prouve qu'il y en a des gens qui se bougent. Un tas de chroniques ziks éclectiques et de contacts distro, etc... Un sacré taf condensé et qui fait toujours autant plaisir à voir. Vivement le prochain. De l'autre coté on a un énième zine de Gonz/Kerras/Seb qui fait aussi des trucs dans son autre zine WE'RE GONNA FIGHT et aussi KARNAGE et qui faisait aussi partie de L'APF en s'occupant de CONTRE CULTURE. Le style est plus cut n'paste et plus internationaliste que son compère dans ce numéro où il nous présente des entretiens avec LOS TUBERCULOSES (groupe punk Bolivien), SOLIDARIDAD DIY (label du perou), ULTIMATUM (oi colombien), TOTAL BANXAT (chaos punk d'Indonésie) plus un texte sur le vieux punk espagnol. Le tout est assez intéressant. La partie que je préfère est le texte sur son voyage en Indonésie. Après au niveau du choix des gens interviewés perso j'aurais opté pour d'autres mais chacun ses goûts. Un texte sur le conflit Israel / Palestine que je n'ai pas lu par manque d'intérêt j'avoue, car je préfère me pencher sur ce genre de sujets dans des bouquins ou d'avoir d'autres sources d'infos ou d'avis. Apparament il y a de quoi débattre et le ton serais polémique comme à son habitude mais la je vais passer mon chemin car ça me fatigue. Un 'mariage' report personnel, c'est marrant, pas de quoi en faire un débat non plus et ça change des trucs habituels dans un zine. Des chroniques zines, disques, livres qui sont longues, détaillés et critiques. Le tout à l'intérêt d'être passioné et internationaliste pour le moins que l'on puisse en dire. Pas le cas de tout le monde. (F) [http://apfdiy.free.fr]