MONONOKE # 02
 

Finalement, on aura pas attendu longtemps la suite de l'excellent premier numéro de ce fanzine punk/HC. Les interviews offrent un large panorama de la musique punk (street-punk, screamo, anarcho-punk, old school HC) et autre (hip-hop pour Bes et electro féminin pour les anglaises de Robots In Disguise) et sont variées dans les propos. Pour élargir encore notre horizon, il y a un petit historique du punk au Pérou rédigé de façon originale et un scene-report sur la scène rap en Algérie en plus de ceux sur le punk/HC au Canada et en Australie. Des textes d'opinion très internationalistes sont aussi à l'honneur, parmi lesquels il faut noter celui sur les effets de la mondialisation au Kazakhstan et celui écrit par les femmes afghanes de RAWA sur la situation en Afghanistan. Pour ce qui est des chroniques, en plus de l'actualité musicale punk et HC, la rubrique fanzine est d'une richesse rare, et quelques films (horreur et fantastique) sont aussi passés au crible. Beaucoup de lecture sous une présentation très soignée.
[EARQUKE # 86]

J'aime beaucoup ce zine essentiellement branché HC brutal mais ouvert à pleins d'autres styles. Le coté très internationaliste (la Corée avec les GEEKS, le Pérou, le long article sur la situation politico-syndicale au Kazakhstan…) est aussi quelque chose qui s'est perdu dans la scène punk-rock, et c'est dommage… On est en pleins dans l'esprit et le style "network of friends" qui a animé la scène HC européenne de la fin des 80's, sXe et DIY dans ce que ces termes ont de positif. Les interviews sont souvent très longues (celle de HK, groupe HC lié à l'asso MALDOROR, est un sacré morceau!), et dépassent largement le pur cadre de la musique. C'est aussi un choix, je ne pense que David soit très intéressé pour contacter des groupes dont le champ discursif se limiterait à l'enregistrement du dernier disque et "yeah, rock'n'roll"! A ne pas rater non plus, les très imposantes chroniques zines, dont l'esprit est résumé par le titre "no zine, no scene"! Ah, et ce monsieur se lance aussi dans le disque, avec Kawaii rds (très amusant contraste, quand on sait que "kawaii" veut dire "mignon" en japonais, et désigne le
style "Hello Kitty"…)
[NO GOVERNMENT # 50]

Voici un zine en provenance d’un département où il ne se passe pas grand chose : la Nièvre ! Le premier numéro était un bon début. Celui-ci a amélioré tout, ou presque, les points qui me semblait un peu léger : la mise en page parfois tristounette. Là, une belle mise en page à l’ordinateur mais sans trop en faire. Il reste juste un peu, par moment, des fonds gris, qui passe pas très bien à la photocopieuse mais ça reste bien fait. David a des goûts musicaux variés : toute la panoplie du HC/punk et aussi du hip hop, de l’heavenly-voice, etc. Il y a quelques interviews : The Filaments (punk anglais), Robots in disguise (de l’électro féministe !), Values intact (HC vegan straight edge From Italy), Prikosnovenie (label d’heavenly-voice) Dona Maldad (punk vénézuélien, dommage que les réponses soient si courtes…), Bes (rap français), The Geeks (HC coréen), HK (HC screamo français qui cartonne et ils ont plein de choses à dire !). Plein de chroniques de zines, de disques, de bouquins (mais pas de mangas cette fois-ci, faute de place). Des textes sur le Kazakhstan, la Bolivie, un de RAWA (association révolutionnaire des femmes afghanes). Des scène-reports du Canada, d’Australie, un historique sur le Punk péruvien, sur le rap algérien… waouh, vraiment plein de choses intéressantes à lire. David s’intéresse à toutes les scènes, donc attendez-vous à lire des chroniques provenant d’Amérique du Sud, d’Asie, d’Europe de l’Est… et ça, c’est vraiment excellent. Ca change des zines qui se focalisent sur la France, l’Allemagne, le Danemark, la Suède , le Japon et les Etats-Unis.. Partout, il y a des choses excellentes à découvrir, arrêtez de regarder la nationalité des groupes ! David s’occupe aussi d’un label, Kawaïï records, qui a sorti quelques productions et d’une distro qui contient maintenant pas mal de disques et de zines. Sur http://www.kawaiirecords.new.fr, vous retrouverez la liste, de nombreux liens, des MP3, des news.J’attends le prochain avec impatience !
[LIGNE 7 blog]

Ce zine a à première vue tout du zine hard-core classique, genre qui me passionne rarement. Pourtant ce zine est passionnant. Bon, tout ne me parle pas, soyons francs, mais le moins que l'on puisse dire c'est qu'il y en a pour tout le monde !! commençons par les interviews : the filaments (ils paraîtrait qu'ils splittent, et c'est bien dommage), robots in disguise (deux nanas cinglées qui font de l'électro), values intact (hardcore oldschool de Sicile straight-edge un fermés), prikosnovénie (label « d'heavenly-voice »? j'ai rien compris), dona maldad (hardcore punk du Venezuela pas très bavards), BES (hip-hop bon esprit), the geeks (hardcore old school de la Corée du sud), et HK (hardcore... hyper longue et intéressante, qui change de la langue de bois souvent présente dans le hardcore genre « nous sommes engagés, mais on vous dira pas en quoi »). Les chroniques zines et disques sont très nombreuses et éclectiques : hardcore mais aussi oi !, hip-hop... pour compléter ce gros zine (60 pages remplies ras la gueule dans une belle mise en page, ça s'lit pas en une heure !) articles sur le rap algérien, les luttes ouvrières au Kazakhstan, la scène hardcore au Canada et en Australie, sur de nombreux films d'horreur, sur l'anarchie au Venezuela, sur le punk au Pérou, sur l'alliance du nord en Afghanistan, sur le massacre d'El Alto (en 2003 en Bolivie). Il y a aussi quelques chroniques bouquins et une page de photos. Intelligent sans être austère, à mettre dans toutes les mains. En tout cas mon zine hardcore ( ?) préféré du moment.
[APATRIDE zine # 07]

Encore un zine de qualité. Eh oui, c'est pas le cas du mien Malheureusement... lol En tout cas, on a à faire à un zine très ouvert musicalement parlant, car il nous propose des interviews des groupes punk comme The Filamnents, Dona Maldad; du hardcore avec Value Intact, The Geeks, HK, du rap avec BES et de la power'pop avec Robots in disguise. Très intéressant l'interview des Geeks, dommage que sur des questions politiques proprement parlé, ils ne donnent pas d'avis, m'enfin on peut les comprendre. Moins courant dans les zines, des chroniques cinoche (surtout pour un inculte comme moi), l'ensemble entrecoupé des nombreuses et riches chroniques. Que demande le peuple?? et dire que c'est le numéro 2!!! L'avenir appartient à Mononoke décidément....
[GONNA MAKE IT # 03]

Revanche du zine de David qui cette fois ci, par manque de temps et surtout de place, n 'a pas pu nous parler de sa passion pour les mangas, mais nous propose 8 interviews dans des registres bien variées (The filaments (punk), Robots in disguise (bizarrerie pop rock), Values Intact ( qui n'aime pas ceux celles qui ne bossent que pour l'argent!!), Prikosnovenie label (musique atmosphérique) Dona Maldad (je pensais qu'ils auraient plus de choses à raconter mais ça doit venir d'un problème de langage) Bes ( hip hop ) The Geeks ( youth crew de Corée du sud) et enfin HK (avec 6 pages d'interview quand même). David nous file aussi une bonne dose de chroniques zines et disques ( y'en a une qui me gave particulièrement , c'est celle de Sparkling Bombs où David nous dit qu'y a « des guitares à faire mouiller la p'tite pucelle qui s'éclate sur Jennifer ». C'est sûr que nous qui faisons parti de la scène©, on a tous et toutes tirées notre coup à 10 ans en écoutant Black flag à fond les manettes... On a aussi droit à quelques textes. Sur le hip hop en Algérie ( franchement dispensable à mon goût ) ou sur le Kazakhstan où l'ultra libéralisme porte encore ces fruits....Des scènes report d'Australie, Canada et Pérou pour monter dans les 60 pages. Bon second numéro qui j'espère aura une suite encore meilleure...
[DIMWIT # 03]

Cela faisait quelque temps que je lisais de bonnes critiques sur ce zine punk Hardcore dont le titre est emprunté à un célèbre manga "Princesse Mononoke" dont j'ai entendu aussi beaucoup de bien. On arrête là la lèche ? Et bien c'est vrai! Le David est un petit gars qui sait de quoi il cause. Au sommaire des itws : The Filaments, Robot in Disguise, HK, le label Prikosnovénie, The Geeks, Dona Maldad, Bes et Values Intact . Cela se ballade du HxC, l'heavenly-voice (genre regroupant le gothic, le dark, la cold wave, le rock prog , avec des jolies voix et des musiques éthérées style Dead Can Dance...) au rap et au hip-hop.... c'est dire si c'est ouvert. Il y a des reportages sur les conditions socio-politico-culturelles des habitants d'Algérie, du Kazakhstan, du Pérou, en Bolivie, en Afghanistan (une autre vision) des échanges avec la Roumanie, des scènes-report en Australie et au Canada, des chroniques Zines et Zik fournies, sur le cinéma gore et fantastique, plein de news. Mononoke n'est pas seulement un zine musical mais aussi d'opinion, engagé et critique. Il y a parfois de la naïveté (je suis encore plus naïf!)-mais ce qui prime c'est la sincérité, l'envie d'intégrité. David anime aussi une liste de distro zik et zine ouverte à des prix abordables et un label, Kawaii records, qui accueille les excellents The Geeks groupe (HxC de Corée), Making Sense (HxC du Japon) et Make Mention of Sight (HxC du japon aussi). Long Life !
[L'HEURE TARD # 44]

Le premier numéro de ce zine était très réussi, et on attendait le second avec impatience. Déjà il est vachement plus gros, mais étrangement, aucune interview ne m'a vraiment botté, bien qu'elles soient toutes correctes, mais on appréciera la grande variété du sommaire : Filaments (punk). Robots in Disquise (electro). Values in Act (hc sxe), Bes (rap). . Deux retiennent toutefois l'attention : The Geek. hc sxe, (dont il ne signale pas qu'il a sorti la discographie !) et dont certains propos « Nous voulons garder notre cœur pur et propre » « Le HC me rend vivant. Je me donne corps et âme pour moi-mêmeet notre groupe, et ça le public peut le ressentir. Ils sont là pour nous... C'est un moment magique que je ne pourrai jamais oublier » font qu'on ne s'étonnera pas qu'il existe des groupes de HC religieux hiliihi... La plus grosse interview est celle de HK. Je n'ai qu'un disque d'eux où je n'ai pas accroché, mais ils disent que c'est leur moins meilleur enregistrement. Comme d'hab avec ces groupes « conscientisés mais pas politisés ». la dose de blah blah est inversement proportionnelle à l'intérêt que le lecteur en retire. On retiendra la phrase « développement intellectuel ralenti car trop centralisé » (si on approfondit quelque chose on a un intellect ralenti !) étonnant de la part de gens qui n'aiment ni les slogans ni les doctrinaires de merde (sic), car ça ressemble bien à un slogan de la doctrine des branleurs. De plus c'est drôle de parler de « non-ouverture d'esprit » quand on voit les groupes cités... enfin.... Mais ce numéro garde les qualités intrinsèques du zine, à savoir pas mal d'infos internationales, punk et/ou politiques, qui font pas mal penser à Totalitarizm (qui semble avoir disparu ! si qqun a des nouvelles svp !). un coté exotique qui font un peu penser à WGF (dans la forme pas vraiment dans le fond), et surtout un ton assez décomplexé. Pas mal de chroniques zines (de zik et pas mal de cinéma aussi !) - il le dit lui même : No zine No scene, certains gros tireurs devraient en prendre de la graine. Et des skeuds bien sûr, des reports, des films (horreur) etc. très très bien tout ça.
[VENDETTA # 10]

Deuxième opus pour ce gros zine punk hardcore straight edge relativement éclectique et enthousiasmant, placé sous la devise «sin fronteras ni banderas», «sans frontières ni drapeaux», ce qui n'est pas sans rappeler l'extraordinaire livre de Jan Valtin, Sans Patrie ni Frontières. Au sommaire, intéressante interview des Filaments, qui ne mâchent pas leurs mots et affirment soutenir ceux qui s'opposent physiquement aux nazis; au passage, les stupides apos en prennent pour leur grade, puis, présentation du rap algérien, interview d'un duo féminin qui fait dans l'électro, article sur la condition ouvrière au Kazakhstan (!), chroniques de zines, disques, livres et films. Sans oublier les pages sur Dona Maldad, groupe anarchopunk vénézuélien qui précise son refus de soutenir Hugo Chavez ou encore l'interview fleuve de HK, un groupe de Montceau les Mines. Beaucoup de lectures syndicales et musicales dans ce fanzine, dont nous saluons la sortie.
[BARRICATA # 13]

Ce n° commence à dater d'au moins un an, et j'ai lu qu'un autre n° était sorti depuis. Mais je tiens quand même à en parler car j'ai pris une sacrée claque ! Le rédacteur est à la fois pointu et super ouvert musicalement aux différents sous-genres underground (du punk français le plus classique au HC straight-edge, ou du crust-HC au hip-hop (voire jusqu'aux rondeurs de Lara Fabian ! C'est à des détails comme ça que je regrette de vivre sans télé, je rate des références et des points de comparaison ! - sans parler de l'Ile de la Tentation !). D'autant plus que le rédacteur n'a pas l'air bien vieux, mais peut-être que je me plante complet (il se définit comme SxE kid, on est un kid jusqu'à quel âge, d'après vous ?). Le zine commence avec une interview des Filaments (leur prestation au Rbu festival à Genève en 2004 reste un sacré souvenir!), suivi d'un groupe electro-pop, deux groupes HC old-school, un label de zique atmosphérique, un groupe de hardcore vénézuélien, un groupe hip-hop et un groupe punk-hardcore, c'est pas une sacrée palette, ça ? Et en deux interviews, on en arrive à être totalement dégouté du hardcore SxE, et de foutre des claques au premier minet Youth Crew qui la ramène ! Ca commence avec les italiens de Values Intact pour qui "le travail est une chose de vraiment bon pour l'humain, car sans travail on resterait à la maison en ne faisant rien pour nous" !!! Le MEDEF italien a des croix sur les mains, et va bientôt nous dire que le travail est l'élément fondateur de notre vie et de notre construction sociale ! Et après ce sont des gens comme ça qui répètent en boucle qu'être straight-edge permet de garder le contrôle de son esprit. Quand on voit le résultat, autant se bourrer la gueule à la 33 place Sathonay ! On enchaine sur de l'encore meilleur avec les insignifiants The Geeks qui pratiquent le Hardcore old-school Youth Crew ; c'est à dire qu'ils balancent toutes les trois minutes leur leitmotiv du "rester pur, rester vrai". Quand David leur demande si le HC n'a pas oublié en route son aspect protestataire et politisé d'origine, ils bafouillent un "hardcore is more than music, it's a way of life", par contre quand on leur demande de parler de la situation en Corée du Nord (autrement plus intéressant que leurs professions de foi "pour la vie" à la con), on a droit au choix entre "sans commentaires" ou "je ne connais pas grand-chose au niveau du politique et du social" !!! Et après, ce sont ces mêmes représentants qui se permettent de critiquer les phacos !! Putain, mais à coté de ça, RougeKitHash (un peu vilipendé dans ce n°), c'est du Aus-Rotten !!! Désolé de cet emballement inhabituel, mais je me sens des envies de meurtre, ce soir, ça devrait passer. Heureusement, le niveau remonte juste après avec un article de l'Association Révolutionnaire des Femmes Afghanes (RAWA) qui expliquent que l'Alliance du Nord (du commandant-Massoud) ne représente aucunement une alternative satisfaisante à la suite des taliban en Afghanistan (leurs méthodes au pouvoir ne valaient à peine mieux), mais ayant le soutien des Nations Unies, pour qui ils représentent la solution "démocratique". L'interview de HK vaut le coup aussi, dans une veine plus personnelle mais toute aussi révoltée. J'aime beaucoup cette phrase :"la rupture est pour moi ces moments de clairvoyance sur le décalage entre la réalité et ce que je suis au fond, entre ce que je vis et ce que je pense, entre ce que je pense et ce que je fais ou vis, ces instants de suspension où les repères sont floués et où peuvent apparaître de nouvelles choses, bonnes ou mauvaises, comme l'envie de serrer quelqu'un dans tes bras ou de flinguer la première personne que tu croises, ou de te laisser crever sur ton canapé devant l'Ile de la Tentation, ou mettre deux heures à fumer une clope en regardant le ciel" (j'attrape quelques points emo en ce moment !). On conclue avec les habituelles chroniques, complètes et variées également, bien sûr. Et puis j'aime beaucoup le nom qu'il donne à ses chroniques zines "no zines no scene" ; phonétiquement ça claque, et c'est tellement vrai ! Bien qu'il m'arrive désormais de me poser la question, que serait la scène au-delà du niveau local sans le relais d'aucun fanzine ? Pas sûr qu'Internet constituerait un palliatif suffisant, tout au moins pas encore). Un zine que je vous recommande chaudement. [DYNAMITE # 23]