J'ai bien eu
du mal à l'avoir celle là! Je n'y croyais plus. Les réponses
me sont arrivées 4 jours avant le bouclage! Pour l'anecdote,
l'interview aurait du se passé sans accros, mais les filles avaient
perdu leurs réponses!! Elles ont étés obligées
de les refaire! Alors merci à elles! OMS est donc un groupe de
Montpellier, et balance un screamo HC, puissant et mélancolique.
Plusieurs demos sont disponibles. Les réponses sont de Nadège
et Krystel.
01.Bon,
classique classique, la petite présentation des membres du groupe!
(+ activités, age…)
N: Salut ! ONE MORE SEASON, c’est Lucille (guitare), Krystel (basse)
Mathias, (batterie) et Nadège (guitare/voix). Nous avons entre
22 et 26 ans, et nous sommes des… parasites de la société…
!
02. Maintenant, allons-y avec la bio! Comment et quand c'est
créé OMS, line-up… ?
N: Bah le line up a changé de nombreuses fois avant d’être
définitif depuis Février 2005. A la base, en 2001, OMS
était un duo formé par Nadège et Caroline, l’ancienne
batteuse. On est resté un bon moment un groupe entièrement
féminin jusqu’à l’arrivée de Mathias.
03.
Pouvez-vous me parler de votre discographie actuelle? Avez-vous eu de
bons retours, des critiques? Pourquoi uniquement des CD-R? Un manque
de moyen ou d'opportunité?
N: On a sorti 3 démos, dont deux auto-produites et une sur le
label Befast de Montpellier. On a eu pas mal de bons retours, surtout
avec la dernière en date, "Délivrance". Le support
CDR est un choix pour les démos; c’est pour nous faire
connaître et démarcher les concerts. C’est rapide,
puis on fait tout de A à Z, les envois tout ça…
Puis ça nous permet de la vendre pas trop cher (3 euros)!
04.
Quel est votre avis sur les gens qui jugent ce support comme étant
amateur, en ne le considérant pas comme un vrai disque? N'est-ce
pas aberrant pour une scène dite alternative ou D.I.Y?
N: Le CDR a ses bons et ses mauvais coté, c’est sur. Mais
pour un petit groupe c’est quand même un moyen intéressant
de se promouvoir. Acheter une démo sur CDR n’est pas un
problème pour nous, si on a envie de soutenir le groupe et si
on aime sa musique.
05.
D'ailleurs, considérez-vous OMS comme étant un groupe
DIY? Si oui, qu'est-ce que cela suppose pour vous? L'appliquez-vous
exclusivement à la musique?
N: OMS a commencé en auto-production à ses débuts.
On a eu une mauvaise expérience avec un label et on est retourné
à l’autoprod aussitôt. Mais on ne se réclame
pas DIY, on serait ok pour bosser avec des gens qui ont confiance en
nous et en qui on a confiance, le tout c’est de faire les bons
choix.
06.
Qu'est-ce qui se passe sur Montpellier? Beaucoup de groupes, labels,
zines, radios? Y a-t-il suffisamment de salles pour jouer? Le public
suit-il?
N: Il existe des structures sur Montpellier, comme Head records ( Abel
de SPINNING HEADS), la Taf, le Subsonic. Les groupes: TANTRUM, MARVIN,
SPINNING HEADS … Ce qui manque plutôt, ce sont des salles
et un public plus présents aux concerts… (DC – Comme
partout apparemment)
07.
Quelles sont vos principales influences? De quels groupes vous sentez-vous
le plus proche?
N: On écoute tous des choses très variées, du HC,
du métal, du post rock, de la noise, du punk, du disco, de la
pop… On se sent humainement proches de groupes comme MIHAI EDRISCH,
DAITRO, THE THIRD MEMORY ou bien DISPHORIA. Musicalement, on se situe
entre la scène "emo" et la scène plus "metal".
08.
Décrivez-moi votre processus de création musicale, SVP.
Qui apporte les idées? Comment se mettent en place vos morceaux?
…?
N: Nadège et Mathias travaillent ensemble la structure du morceau,
riffs par riffs. Ensuite Lucille bosse sa partie gratte, et enfin Krystel.
Les morceaux changent souvent de structures, et la version définitive
vient tardivement! Le travail des voix se fait à la fin, quand
le morceau est rodé.
09.
Est-il aisé de composer des titres sans tourner en rond, ou bien
sans laisser transparaître trop d'influences?
N: En général, on met un moment à composer chaque
morceau, et on tient à ce que les chansons aient une identité
sonore différente à chaque fois. On n’a pas envie
de faire un set monotone, d’ennuyer les gens. On fait très
attention à varier nos compos sans non plus perdre notre "style".
10.
Actuellement, la majorité des groupes ne jurent que par le gros
son, bien propre et tout, et tout. Qu'en pensez-vous? Est-ce primordiale?
Ne trouvez-vous pas que le milieu HC a une nette tendance à se
professionnalisé?
N: On préfère écouter un CD où les instruments
et le son ont été travaillés, où les compos
sont mises en valeur. Notre première démo avait un son
pourri et on a eu plein de critiques sur la prod. Je pense que c’est
plus agréable pour les musiciens et les auditeurs, enfin c’est
un avis perso… Effectivement, en ce sens, le milieu HC se professionnalise,
les groupes font aussi attention à l’artwork, (sites web,
pochettes), ils vont sur le web promouvoir leur disque, c’est
plutôt encourageant d’avoir affaire à des groupes
qui se professionnalisent, sans pour autant qu’ils fassent partie
du circuit "commercial".
11.
Vos paroles maintenant! Elles sont assez complexes et personnelles,
alors pouvez-vous en dire plus? De quoi parlent vos textes? Quels messages
souhaitez-vous donner? Qui les écrits?
N: Les paroles dont tu me parles, c'est-à-dire celles des précédentes
démos, ont été écrites par Caro, l’ancienne
batteuse. Elles étaient effectivement personnelles, et portaient
sur la religion, l’amour, le sexisme… A présent,
c’est Lucille et Nadège qui écrivent les textes.
12.
Pourquoi mélanger textes français et anglais?
N: Ce sont des textes plutôt introspectifs et personnels, nostalgiques,
tristes (?) On n’est pas engagé politiquement, nos textes
vont de pair avec notre musique.. On choisit l’anglais pour les
passages chantés et le français pour les passages gueulés…
Tout simplement parce que ça sonne mieux comme ça dans
nos compos !
13.
Vous avez un titre qui traite du mariage (yin). Estimez-vous donc qu'un
couple se doit d'officialisé son amour ?
"Yin" traite effectivement du mariage, mais du mariage gay…
Ce texte parle de la souffrance qu’on peut éprouver quand
on est victime d’exclusion par la société, dans
la vie de tous les jours hélas, de l’incompréhension
et du déni qu’ont les gens vis-à-vis de l’amour
qui existe entre deux femmes. Les gens sont toujours aussi sectaires,
machistes et persuadés qu’une femme sans un homme n’existe
pas.
14.
Un peu partout, le droit à l'avortement a du plomb dans l'aile.
Croyez-vous que l'on assistera à sa remise en cause, voir son
interdiction en France? Concevez-vous que des femmes militent contre
l'IVG?
K: Si jamais les femmes perdent leur droit à l’avortement,
c'est comme si nous revenions sur les libertés acquises au cours
de ces dernières décennies. Imaginez juste une minute
comment réagirait une femme violée, si on lui disait qu’elle
était obligée de garder l’enfant qu’elle a
engendré dans la pire douleur qu’il soit pour une femme…
Et que dire de ces mères enfants qui sont propulsées dans
un rôle qu’elles ne peuvent souvent pas assumer, abandonnées
par le père, délaissées par leur famille, leur
nombre subirait une croissance exponentielle si elles perdaient le droit
à l’avortement. Ces femmes qui militent contre l’IVG
habitent sur une planète différente de la notre. Comment
peut on interdire aux femmes le droit à une vie qu' elles ont
choisi et non pas subi!
15.
Votre line-up est en grande partie féminin. Etais-ce quelque
chose d'essentiel pour vous? Auriez-vous une explication à me
fournir concernant le fait que très peu de femmes soient impliquées
dans la scène? Malgré les beaux discours, le milieu punk
HC est-il aussi sexiste que les autres?
N: A nos débuts, c’était un point essentiel…
Faire un groupe de HC 100% féminin, c’était une
sorte de défi… Maintenant, ça n’a plus vraiment
d’importance. On est un groupe comme un autre… Je préfère
qu’on nous compare à un autre groupe masculin de HC qu’à
L7 ou WALLS OF JERICHO, sous prétexte qu’on est des filles
en grande partie dans le groupe. Ou pire, à KITTIE…. Je
n’ai pas d’explications à cette quasi-absence de
filles dans la scène, comme je n’ai pas d’explications
à la foule de filles qui se battent pour un pull-over en solde
ou qui vont deux fois par semaine chez l’esthéticienne.
Ca m’échappe. …
K: Le sexisme dépend beaucoup de la manière dont vous
agissez et réagissez dans n importe quel milieu, musical ou pas,
il y a des arriérés hommes ou femmes partout. Il suffit
juste d'avoir les bonnes réactions aux bons moments et vous ne
subissez plus la bêtise des autres. Une bonne répartie
bien placée, que ce soit sur scène ou au taf ça
remet les choses à leur place
16.
Croyez-vous que les gens optent leur comportement suivant qu'ils soient
devant un groupe féminin ou masculin? Sont-ils plus curieux ou
intéressés? Peut-on parler de sexisme positif? Avez-vous
du faire face à des relous ou à des réflexions
vaseuses?
K: Au niveau des réflexions vaseuses, on en subit au même
titre que les groupes masculins, il y a toujours un abruti alcoolisé
dans le public pour gueuler à poil, mais franchement nous pensons
que nous le subissons moins que les groupes masculins, il y a fort heureusement
encore une sorte de respect envers les filles, en tout cas dans la scène
où nous nous évoluons. On ne peut pas affirmer cela pour
toute la scène musicale française. Les gens quand ils
sont en présence d'un groupe féminin réagissent
différemment. Il y a ceux qui viennent voir par curiosité,
qu’elle soit positive ou non, genre "des filles qui font
de la zik, n’importe quoi, j’aimerai bien voir ça
!!!!", "des filles sur scène j’aimerai bien voir
ce que ça peut donner!!" Ca doit être différent
d'un groupe masculin. Heureusement pour nous, ils sont intéressés,
c’est extrêmement gratifiant de voir des gens venir par
simple curiosité et repartir conquis.
17.
J'ai bien aimé votre site internet. Vous pouvez en dire quelques
mots? Est-ce quelque chose d'indispensable pour aider à faire
connaître votre groupe? Quels sont pour vous les avantages et
inconvénients du net?
K: Et bien tout d’abord merci. Un site Internet est devenu un
outil quasi indispensable pour un groupe. Ca permet de se tenir au courant
des dates, des news. Le net nous permet de trouver des dates, de nous
faire des contacts, de nous tenir au courant de se qui se passe ailleurs
pour la scène et les groupes. Ca permet de garder contact justement
avec les gens rencontrés au cours des tournées, les groupes,
les assos, les salles… Et puis quand un site est agréable
on y revient. Contente que notre site te plaise mais on est en train
de le refaire entièrement ! Tu nous diras si ça te convient
toujours !
18.
Bon, la question obligatoire de mon zine! Quel est votre avis sur le
straight-edge?
K: Il y a les puristes qui font leur vie comme ils l’entendent,
sans faire chier le monde avec leurs préjugés et leur
conviction. Ceux là sont des gens agréables et avec qui
il est possible d’avoir un échange d’idées
et des discussions constructives. Mais malheureusement pour ceux là,
il y a les autres, les fascistes qui n’acceptent rien d’autre
que leur propre vision des choses, qui refusent toute façon de
faire du moment qu’elle est différente de la leur, des
gens qui pensent que leur façon de vivre est la seule et unique
solution!!! Il y a aussi toute la boue qu'engendre cela. Je pense au
mosh pit en particulier, cette mode très pénible qui sévit
sur la scène hardcore française. Tous ces "sportifs"
pour être poli, qui viennent aux concerts pour faire des démonstrations
de karaté, ne me dites pas qu'ils écoutent et entendent
ce que joue le groupe, je ne vous croirais pas. Et en plus ils empêchent
les gens qui ont envie de profiter de la musique de passer un bon concert.
Nous savons que ce n'est pas attaché obligatoirement au straight-edge,
mais malheureusement pour ce mouvement, les mosheurs se revendiquent
souvent straight-edge. Enfin tout ça pour dire que les gens peuvent
vivre de la manière qu'ils le souhaitent, du moment qu'ils acceptent
la manière de vivre des autres. (DC – Pas trop d'accord
sur la comparaison sXe et mosheurs bourrins. Il y en a, certes. Mais
bon, en France, des sXe, il n'y en a pas des tonnes!! Après,
il y a pas mal de kids qui jouent avec les clichés HC, sans forcément
être affilié au sXe.)
19.
A long ou court terme, quels sont vos projets?
K: Enregistrer notre album et faire plus de concerts…! A court
terme, reconstruire notre site Internet. Voila! Sinon, on est entrain
de booker quelques dates avec les THIRD MEMORY (emoviolence / Aix) pour
la semaine du 12 au 20 Février. Avis aux assos qui veulent nous
faire jouer! On est également chômeurs à temps pleins,
donc très dispo toute l’année pour les concerts,
donc n hésitez pas à nous contacter ! onemoreseason2003@yahoo.fr
20.
Voilà, j'ai terminé! Si vous avez envies de rajouter quelques
choses, y'a pas de problèmes!
A bientôt!
K: Merci pour tes questions et désolés pour le gros retard
!!!!
www.onemoreseason.com
onemoreseason2003@yahoo.fr
[MONONOKE #03]