HK est un talentueux groupe de Montceau les Mines. Relativement discret,
ces quatre jeunots sont dotés d’une forte personnalité,
aussi bien musicalement qu’humainement. Je vous laisse le soin
de les découvrir par vous-même, via cette longue et passionnante
interview. Merci les gars!
1.
Allez hop, c'est parti, sans réfléchir, décrivez-moi
l'endroit où vous vous trouvez actuellement!!
Rog: Dimanche après-midi devant mon pc en train de m’attaquer
(enfin !) à ton interview interminable intéressante inter……attends
je vais changer le disque je reviens…inter…quoi déjà
?
Ben: nouvel appart, ça fait du bien après avoir vécu
plusieurs mois à deux dans une petite pièce, de l'air
dans les activités, dans les relations, de l'air tout court.
C'est blanc, haut de plafond, plutôt vieux style, parquet au sol,
je crois qu'il y fait bon vivre.
Nico: je me trouve actuellement dans la cuisine de ma maison, c'est
pas très grand mais plutôt agréable a vivre. Mon
chien dort à point fermé à côté de
moi et il y a aussi trois petits chats qui courent partout et qui foutent
un bordel pas possible....
Ben: mais... où est Ryad...?
2.
Bon, place aux choses sérieuses! Qui êtes-vous, et que
faites-vous? (groupes, activités, jobs, ages, mensurations, groupes
sanguin….)
Ben: moi c'est donc Ben, 25 ans, à peu près 15 dans ma
tête et 75 quand j'en ai marre. Batteur et parfois "écriteur"
de texte dans HK, rappeur solo (TRAUMA) et concepteur d'instrus, notamment
pour CALAVERA(rap engagé). Sinon je suis RMIste depuis peu, donc
ça va un peu mieux niveau finances. J'organise régulièrement
des soirées "micro-ouvert" au Coquillage, un bar de
Blanzy près de Montceau. Sinon, divers petits engagements dans
divers domaines.
Rog: homo sapiens type caucasien âgé d’environ ¼
de siècle, guitar-hero dans HK, éclairagiste de temps
en temps pour me faire croire que je suis riche et claquer mes thunes
dans des disques, des livres et du matos et des pizzas, amoureux de
Kloé, branleur full time dans Maldoror…
Nico: je m'appel Nico, j'occupe la place de chanteur dans HK. Je ne
joue dans aucun autre groupe pour l'instant. Côté boulot
on ne peut pas dire que je travail de façon régulière
puisque je fais des spectacles pour enfants avec un ami et je te laisse
imaginé la difficulté pour accéder au statut intermittent
par les temps qui courent..... En fait mon vrai boulot c'est R.M.Iste.....J'ai
25 ans depuis pas longtemps et mes mensurations j'en sais absolument
rien par contre je connais mon groupe sanguin: o+.
Ben: toujours pas de nouvelle de Ryad donc je me permets de le présenter
un peu. Il est brun, basané, sans aucune date de naissance précise,
certains disent qu'il est libre, qu'il n'a pas d'age ou même 1078
ans. Bassiste dans HK, Peintre, sculpteur, dessinateur, mignon, incernable
et RMIste... Nous dirons que ses mensurations sont plutôt avantageuses
pour faire du break-dance, pour ce qui est de son sang certains n'ont
de cesse de crier qu'il n'en a pas, moi qui l'ai vu j'affirmerai simplement
qu'il est vert, de là a ce que ce soit positif ou négatif...
Rog: m'avait semblé qu'il était translucide...
3.
Depuis combien de temps existe le groupe? Pouvez-vous me dire comment
c'est formé HK? Comment définiriez-vous votre style? Quelles
sont vos principales influences (musicales ou non)?
Rog: A l’instant même j’écoute le dernier et
excellent RAVI, sinon ce qui tourne le plus en ce moment chez moi entre
autres plein de choses ça va de ORCHID à AMANDA WOODWARD
en passant par 60 STORIES ou YAGE, GANTZ, DENALI, TOMORROW, TRANSISTOR
TRANSISTOR, FROM MONUMENT TO MASSES, EXPLOSION IN THE SKY et blablabla,
beaucoup de choses en fait, qui m’influencent sans aucun doute
et sans même que je m’en aperçoive…à
vrai dire, je pense écouter trop de zique mais c’est un
peu comme pour les bouquins, j’ai du mal à m’en empêcher…le
style, quand on me demande, je dis toujours rock’n'roll et quand
les gens me disent « ah ouais hard rock, », je confirme…après,
je laisse soin aux grands manitous de la « scène »
de nous coller ce qu’ils veulent bien sur le front…
Ben: voila environ 3 ans et demi que HK existe, 6 mois avec bassiste,
1 ans sans basse, 1 ans et demi avec Ryad à la basse, 5 mois
sans basse et aujourd'hui 31 mai 2004, Ryad est revenu et après
5 mois sans concert, c'est reparti. Certains d'entre-nous (Nico et moi)
jouaient dans un groupe de rap, le groupe s'est arrêté
et nous avons du garder la maison d'un pote durant son absence il y
avait un local de répet. On a commencé sans se poser de
question, avec une machine d'abord, puis je me suis mis à la
batterie. Mon influence principale reste ma vie de tous les jours, les
relations que j'y entretiens avec mes proches ou la société,
souvent je me dis que je n'écoute pas assez de musique car j'en
fait trop et j'avoue que ce que j'écoute peut-être le plus
souvent est Radio Nostalgie dans la caisse pour délirer mais
peut-être ça me permet de ne pas trop être influencé
justement par la musique proche de celle que je fais.
Nico: pour ce qui est des influences, je crois que tout ce qu'on écoute
ressort d'une façon ou d'une autre dans notre musique. Mais nous
écoutons tout les quatre des groupes et des styles plus ou moins
différents et tout cela se mélange donc je cois que se
serait un peut difficile de donner des influences principales.
4.
Quelle est votre discographie actuellement? Etes-vous satisfait par
vos différentes productions? Ont-elles été bien
accueillies? (zines, public…)
Ben: 1 demo DIY 3titres sortie en 2001, un MCD 5 titres nommé
"human kaos" sur Maldoror, un split CD avec PLEDGE ALLIANCE
sur Madoror et Impure Muzik et un split 12" avec WITH LOVE sur
Maldoror et Chimères. Aucun regret, je crois, chaque morceau
représente un moment, la concrétisation d'un état
d'esprit. Juste un petit problème avec le son du split avec P.A.,
on a pas su communiquer comme il fallait avec le type qui nous a enregistré.
Les morceaux n'avaient pas complètement mûri, et le rendu
ne nous représente pas complètement mais ça renvoi
aussi a un instant de doute, on s'étaient engagé à
faire beaucoup de choses en même temps, depuis on en a peut-être
tiré des leçons.
En règle générale, on a toujours eu un bon voir
très bon accueil, de la part du public d'une part, des fanzines
d'une autre même si nous ne sommes pas énormément
chroniqués mais ça vient sûrement aussi du fait
que nous n'avons jamais fait beaucoup de promo. En France ou à
l'étranger, on est plutôt bien compris puisque souvent
pour les personnes qui nous en parle, c'est aussi le split avec P.A.
le moins réussi (je parle pour nos titres). On bénéficie
d'un bon soutien de la part des gens de la scène et de l'extérieur
également, c'est d'ailleurs une grande satisfaction quand des
personnes qui ne connaissent pas le style sont touchées par la
façon dont nous faisons notre musique.
Rog: Au niveau de la "production", celui dont je suis le plus
content est le split LP qui à mon avis colle beaucoup plus à
notre façon de jouer et d’envisager la musique, à
savoir qu’on s’est cassé le cul avec l’aide
d’un pote dans une maison perdue au fin fond de la campagne pendant
3 jours 3 nuits pour les prises de son et 2 jours de mix chez Yves.
Quant à savoir si tout ça est bien accueilli, à
vrai dire je m’en fous un peu. Je suis plus sensible à
ce que peut me dire quelqu’un après un concert qu’à
un jugement arrêté sur un disque…
5. On note un grand soin apporté au visuel (graphisme,
présentation…). C'est important pour vous de faire un bel
objet? Qui les a réalisés?
Rog: on s’adjoint les services de personnes douées de leurs
mains et de leurs esprits créatifs pour rattraper la qualité
musicale. Au moins, nos disques sont jolis…
Ben: les pochettes sont une occasion de laisser s'exprimer d'autres
personnes que celles du groupe, d'une pierre deux coup en quelques sorte.
Nous avons la chance de connaître des "artistes" que
notre musique a inspiré et qui se sont laisser aller à
faire nos visuels, Sylvin pour le MCD et le split CD avec PLEDGE ALLIANCE
et yves pour le split LP avec WITH LOVE. De plus Yves, qui est graphiste
se charge de conception des packaging qui sont devenus aussi un point
commun à toutes les prods Maldoror. L'idée de faire des
trucs cartons vient principalement du fait qu'on trouve tous le boîtier
plastique plutôt laid, et quitte à faire le choix de donner
une forme définitive à notre musique autant le faire sous
la forme d'un bel objet, les prix s'en ressentent parfois, le packaging
nous revient assez cher, mais on a tranché dans ce sens là.
6.
Dans le split avec PLEDGE ALLIANCE, vous avez imprimés un petit
texte sur la musique HC. Croyez-vous que le milieu HC soit élitiste,
trop renfermé sur lui-même?
Ben: j'ai écrit ce truc, alors je vais m'y coller et essayer
d'être clair. Je ne pense pas spécialement que la scène
hardcore soit élitiste, renfermée, peut-être, oui.
Le coté, on se rassemble entre convaincus peut parfois freiner
l'évolution. Mais le texte ne concerne pas uniquement la "scène",
il aborde bien sûr son coté autosuffisant et l'assurance
que donne l'impression de faire partie d'un mouvement, mais cela peut
s'appliquer aussi bien à un groupe d'amis ou n'importe qu'elle
forme d'association d'êtres humains (groupe, couple, etc...).
Il traite aussi du coté politisé, et de la sale habitude
qu'on peut avoir de recréer des doctrines rigides crachant sur
celles déjà existantes, il traite surtout des expériences
qui soit disant remettent beaucoup de choses en question où l'individualité
et les données propres à chaque situation ne sont pas
très bien prises en compte. Il va sans dire que je ne nous exclus
pas de cette réflexion.
Rog: Le milieu est très milieu et se regarde le nombril mais
malgré tout j’y ai fait de très belles rencontres,
quelques-uns uns de nos meilleurs concerts et la musique que j’écoute
provient en majorité de ce putain de milieu. Cela dit, je laisse
volontiers cette carcasse décharnée aux chiens qui se
la dispute ardemment, j’ai les crocs un peu trop pourris pour
me retrouver dans la meute…
Nico: pour ma part je pense que tout microcosme a sa dose d'élitisme
et de personnes qui se regarde un peu le nombril, c'est la même
chose partout, dans le milieu HC/PUNK comme ailleurs. Je le prends comme
une alternative qu véhicule des idées pour contrer le
système capitaliste dans lequel on évolue mais en aucun
cas j'y trouve une vérité universelle. C'est vrai que
je le trouve un peu renfermé sur lui-même car même
si le réseau zines/distros est vachement développé,
tout cela s'adresse ma foi a des initiés et je ne vois pas beaucoup
de volonté d'élargissement la dedans.
7.
HK, c'est pour HUMAN KAOS. Pourquoi ce nom, et quels sens lui donnez-vous?
Rog:A la base c’est pas vraiment pour HUMAN KAOS, mais depuis
le MCD et une tournée en Allemagne où sur les affiches
les organisateurs n’ont pas voulu mettre HK parce que ce sont
les initiales d’un mouvement de fafs du coté de Berlin,
beaucoup de gens croient que c’est ça (pas un truc faf
mais HUMAN KAOS!) En fait ça à pas vraiment de sens ou
celui que tu veux y trouver. HUMAN KAOS je trouve ça pas mal
parce que j’ai la sensation que nous humains somme le chaos incarné
d’où sortent les pires choses comme les meilleures…
Ben: allez je vais révéler la vérité bien
que tout le monde s'en foute. On avait un groupe il y a longtemps dont
Rog et moi faisions partie, mais pas à la même place, ça
s'appelait HEMLOCK, un jour on s'est rendu compte qu'un groupe utilisait
déjà ce nom, donc on a décidé de prendre
la première et la dernière lettre H et K. Etant jeunes
et cons nous ne savions pas que ça pouvait vouloir dire tant
de choses. Le groupe s'est arrêté il y a bien longtemps
déjà et quand nous avons monté celui ci nous avons
repris le nom sans nous poser aucune question. Puis tout le monde nous
a demandé ce que ça signifiait (le punk est curieux),
ce qui a plus ou moins inspiré la pochette du MCD "human
kaos", qu'on a appelé comme ça en référence
au texte que Rog avait écrit en dehors du contexte du groupe
qui avait ce titre. Une somme de coïncidences un peu, pour la signification
qu'on donne à HUMAN KAOS, il y a tout d'abord l'histoire racontée
par ce texte (les dernières heures d'un type qui se fait péter
au milieu d'une foule) puis par extrapolation tout ce qui se rapporte
à l'aspect ultra compliqué d'une personne humaine en proie
à la confrontation de ce qu'elle croit être sa raison et
ses passions.
8.
HK, c'est aussi les initiales utilisées pour parler des films
de Hong Kong. Affectionnez-vous les films asiatiques? Quelle est votre
vision du milieu cinématographique? Vos films cultes?
Rog : Ryad est fan de ce genre de film ce qui prend parfois des proportions
schizos! J’aime mater des films, de bons délires devant
des films asiatiques et des mangas mais je n’y connais pas grand
chose pourtant, j’aime beaucoup les mater et y perdre me repères,
ne rien y comprendre et me laisser transporter, comme ceux que j’ai
vu dernièrement de Kurosawa (celui de l’an 2000 pas le
vieux). Pas vraiment de films cultes, peut être "Fight Club"
et les Tarantino. J’ai plein d’amis qui me file souvent
des turcs à mater. J’achète des k7 d’occas
ou à 2 balles comme "Mothra Vs Godzilla" que j’ai
pas encore vu…Ces derniers temps je bloque sur les vieux western
spaghetti qui mélange kung-fu et western… Sinon "Mystic
River" excellent, j’avais lu le livre qui m’avait déjà
tarté…En fait avec Kloé on est relativement boulimiques
des livres et du coup ils me touchent beaucoup plus notamment Palahniuk,
le gars qui à écrit Fight Club, ou Jim Thompson, Brussolo
sur lequel je coince en ce moment, Lehanne, K.Dick, Battisti, un obscur
polonais dont j’ai oublié le nom qui a écrit un
truc ou on se retrouve dans le cerveau d’un rat, excellent…
Ben: pour ma part je ne suis pas très cinéphile, mais
j'aime regarder, non pas le ciné asiatique en général,
mais les films d'arts martiaux, parfois même pourris de préférence.
J'aime beaucoup le ciné italien des années 60 (Mastroianni,
Sophia Loren,...) et je sais pas pourquoi, ça m'apaise et puis
des films que je considère comme du bon divertissement style
"Snatch", "Pulp Fiction", Fight Club "Jackie
Brown", "Summer Of Sam" etc, c'est funky, j'adore ça,
ça réveille mon envie primaire de vivre et d'être
actif... va savoir... je n'ai pas d'avis sur le milieu du cinéma,
j'avoue que je m'y intéresse très peu. Pas de film culte,
à part peut-être "Apocalypse Now".
Nico: j'ai découvert pas mal de films asiatiques par l'intermédiaire
de Ryad (surtout des films de kung-fu). Personnellement je regarde quelques
mangas et films d'animations. J'ai bien bloqué sur des films
comme "L'île", "Tokyo Fist", ou "Bullet
Ballet" ces deux derniers sont du même réalisateur
que "Tetsuo" mais je ne pourrais absolument pas te dire son
nom. (dc- Je vais te le dire! Il se nomme Shinya Tsukamoto) J'allais
oublier la série des "Baby Cart" qui est totalement
hallucinante et aussi les films de Kitano genre "Aniki mon frère"
dont je suis ultra fan et que je conseil a tout le monde. Sinon j'avale
quand même pas mal de films, je regarde autant d'indés
que des grosses productions. J'aime bien la plupart des films de David
Lynch, les début de Gaspard Noé: "Carne"et"Seul
Contre Tous", la trilogie du "Seigneur Des Anneaux" et
les autres films de Peter Jackson (surtout "Bad Taste"). J'ai
rie aux larmes devant "Mars Attacks" que j'ai revus il y a
quelques jours et tout les autres films de Tim Burton me font halluciner
(sauf "La Planète Des Singes", l'originale était
bien mieux...). Je vais finir avec les dessins animés, hormis
les mangas j'adore les "Simpsons" et "Futurama"
et des trucs plus vieux comme "Albator" et "Ulysse 31".
J'arrête la liste parce qu'il y a encore plein de films qui me
viennent à l'esprit, il y a tellement de productions cinématographiques
qui sortent que l'on ne peut jamais tout voir et comme le prix des places
de cinéma est excessivement cher je fais comme beaucoup de monde
je loue des K7 et des DVD même si ça ne remplacera jamais
une séance au cinéma.
9.
Vous chantez en anglais, pourquoi ce choix? Ne trouvez-vous pas problématique
le fait qu'une langue nationale (l'anglais), se veuille internationale,
se veuille la norme? (surtout dans le milieu punk HC). Peut-on considérer
l'Espéranto comme une vraie alternative?
Ben: ça tombe bien que tu parles de ça, nous préparons
un premier vrai album en ce moment et nous venons de décider
de chanter tous nos morceaux en français. Nous avons fait ce
choix dans un désir de plus grande cohérence avec notre
musique, car le fait de revenir à une expression plus naturelle
permet d'être plus à l'aise avec les mots et le sens de
chacun n'en est que renforcé. Nous jouions avant cela dans une
espèce d'émotions générale, maintenant nous
attachons beaucoup plus d'importance à ce que les textes collent
à l'ambiance de la musique et vice versa. Bien sur le fait que
l'anglais devienne une norme m'ennui beaucoup, est-ce que c'est encore
plus dérangeant dans le punk? Le punk ne recrée t'il pas
plus souvent qu'on ne croit les schémas de la pensée dominante?
Je n'ai pas beaucoup de connaissances sur l'espérantos, je trouve
ça amusant, mais je suis pour la diversité, j'aime les
mots, les sonorités différentes et le coté pratique
ne doit pas forcement prendre toujours le pas sur ces richesses là.
Il tient à chacun de nous de s'essayer à communiquer dans
plusieurs langues, moi le premier.
Nico: comme te l'a dit ben les nouvelles chansons sont en français,
on a décidé cela dans un souci de cohésion générale
du groupe et cela m'a permis de plus m'approprier les textes, du coup
je trouve ça vachement moins impersonnel. Il est sur que l'anglais
comme norme est problématique, mais comme Ben je serais plutôt
partisan d'un effort individuel pour communiquer en plusieurs langues.
Après en ce qui concerne l'espéranto je connais pas grand
chose a ce sujet, j'ai eu une fois entre les mains une revue traitant
exclusivement de cela mais je n'y ai pas retenu grand chose. Le principe
d'une langue commune pour communiquer entre les peuples est intéressant
si on l'utilise comme un outil parmi d'autres mais en aucun cas cela
ne doit devenir une exclusivité.
Rog: Ce temps est révolu ! Maintenant tout est en français
parce on s’est rendu compte que c’est quand même beaucoup
plus « réel » pour nous. L’anglais au début
parce qu'on s’était jamais vraiment posé la question,
que les textes étaient la plupart du temps écrits comme
ça. On peut effectivement voir une expression de l’expansion
de la culture anglo-saxonne dans le fait que l’anglais soit la
langue "dominante" et pas seulement dans le milieu et c’est
peut être sans se poser la question que beaucoup de gens l’utilisent.
Mais il est aussi vrai que l’anglais est très musical dans
laquelle il est beaucoup plus simple de faire du yaourt. Je trouve l’espéranto
curieusement intéressant, de là à ce que la terre
entière parle la même langue, il me semble que nous avons
beaucoup plus à y perdre qu’à y gagner. Mais comme
alternative à l’anglais, pourquoi pas, de la à voir
les ricains en tournée parler autre chose qu’anglais…
10.
Qu'essayez-vous de retranscrire à travers vos textes? Quels sujets
abordez-vous? Me comprenez-vous si je dis qu'ils ne sont pas toujours
faciles d'accès? (J'ai pas dis intello!!)
Rog: Oui je comprends. Le truc c’est que ce que j’écris
est en rapport direct avec ce que je vis, des constats existentiels,
des questions, des doutes. Je ne me sens pas à crier des slogans,
à rassembler des gens sous une idéologie, un mouvement
politique. Ce que j’écris me ressemble et loin d’être
un intello, on me dit souvent ne pas être facile d’accès…alors…limite
je prends ça comme un compliment puisque cela peut signifier
que mes textes me ressemblent et que c’est ce que je cherche à
faire… Le truc est que c’est pas toujours évident
pour moi d’expliquer le sens de ce que j’écris vu
que chacun chacune peut le voir différemment…c’est
peut être une solution de facilité mais je vous laisse
libre interprétation, comme pour notre musique d’ailleurs,
c’est assez étrange parfois la différence qu’il
peut y avoir entre ce que nous ressentons et ce que les gens t’en
disent après… ma mère pense que je suis déréglé
psychologiquement alors que les hardcoreux tatoués nous jette
des pierres et nous disent qu’on est des filles…
Ben: c'est assez difficile de faire une réponse générale,
nous sommes 3 à écrire pour le groupe et nous laissons
une place importante à l'expression personnelle bien que dans
les derniers textes écrits pour l'album nous ayons plus partagé
les idées. Il n'y a pas souvent de sujet très précis,
beaucoup d'aspects de l'existence y sont abordés. De la difficulté
de communiquer avec les autres au désastre écologique,
en passant par la décrépitude de nos sociétés
à travers les valeurs libérales, nous traitons de beaucoup
de choses mais souvent de façon personnelle et imagée.
Ce qui peut parfois rendre les textes plus ardus à comprendre,
en même temps ils sont là pour aussi nous représenter,
nous sommes chargés de doutes donc nos paroles ne peuvent s'afficher
comme des vérités. Ca doit d'ailleurs être le sujet
principal, la complexité d'être un humain, social et conscient
et les conséquences psychologiques que les causes citées
plus haut peuvent avoir sur nos cœurs et cerveaux déjà
bien encombrés d'angoisses en tout genre. Notre vie est, je crois,
a beaucoup été basée sur nos relations proches
dans leur profondeur et leur durée, ce qui conditionne notre
façon d'appréhender le monde et donc notre façon
de retranscrire la vision qu'on en a. Malgré tout, je pense que
nous avons fait un effort dans les nouveaux textes afin d'approfondir
certains trucs, d'être mieux compris et ça correspond également
à l'envie d'une plus grande cohérence, comme j'en parlais
avant.
Nico: ce que je retranscris dans mes textes dépend beaucoup du
moment ou je les écris parce que c'est toujours en relation avec
mon présent et ma vie au milieu de mes congénères.
Mes textes naissent souvent des périodes de mal être de
ma part au milieu des gens, leur insensibilité, la mienne, les
résultats sur nos vies du système qui nous entoure et
elles sont nombreuses. Comme la dit Ben le fait que nous traitions ces
sujets de façon très personnel peut rendre les textes
difficilement compréhensibles mais ils nous représentent
entièrement donc également dans notre complexité
et dans ce qui fait de nous des êtres sensibles avec nos paradoxes
et nos incertitudes.
11.
J'y ressens surtout une volonté de changement, de libération
individuelle, de créer un autre futur… Seriez-vous des
révolutionnaires?!? Attention je vais vous balancer à
Sarko!! L'anarchisme, les idées libertaires, ça vous parlent?
Si c'est le cas, jusqu'à quels points est-ce que cela interagis
dans votre quotidien.
Rog: La question n’est pas de construire un autre futur, mais
un futur, et c’est tout ce qui compte à mon avis. Mais
ce qui me gêne dans cette idée c’est qu’on
oubli que le futur se construit maintenant, qu’on est en plein
dedans ce qui fait que tout ça à tendance à se
détacher de nos personnes dans le sens où ça reste
une projection vers l’avenir. Révolutionnaire dans le sens
doctrinaire non mais le coté foulage de bordel m’éclate
assez. Les idéaux anar et libertaires me parlent mais je ne les
laisserais pas me pénétrer au point de ressembler à
tous ces doctrinaires de merde qui se chient mutuellement dessus parce
qu’ils sont plus noirs ou rouges que les autres noirs ou rouges.
Disons que ces idéaux bicolores restent pour moi des idéaux,
des choses assez utopiques qui me permettent de concrétiser mon
présent. De la à me considérer comme libertaire,
anar’, révolutionnaire, je laisse ça à ceux
qui se paient le luxe de remplir des cases…
Nico: des révolutionnaires, c'est un grand mot. Pour ma part
bien sûr je veux du changement dans ce monde dominé par
l'idéologie libérale qui tend à nous faire rentrer
dans la norme établit, j'aspire également a m'approcher
de la liberté même si je doute encore que l'Homme soit
fait pour celle ci. Tout ceci doit être traité, je crois,
d'un point de vue individuel. Je ne prétends pas avoir la vérité
tout au plus je détiens une partie de la mienne. En ce sens les
idées libertaires d'un point de vue doctrinaire ne me parlent
pas trop, j'ai beaucoup de mal avec les choses préétablis
qu'il ne faut pas remettre en cause. Je partageais nombres de ces idées
avant de savoir que c'était des idées libertaires et je
continue donc maintenant peut être avec plus de conviction qu'avant
ayant eu accès a plus d'informations. Dans mon quotidien j'essaie
d'être acteur de ma cité comme je le peux, nous avons organisé
à Montceau des soirées au cinéma ou des documentaires
sur Gênes ou sur le 11 septembre ont été projeté;
cela a donné lieu a des débats très intéressants.
On découvre des gens qui sans se revendiquer libertaires développent
ces idées et qui au final sont plus anarchistes ou libertaires
que beaucoup de gens qui crient l'être, haut et fort. J'essaie
également de parler avec le plus de gens possible pour confronter
mes idées aux leurs, j'essaie également de ne pas trop
travailler ou tout du moins de faire un boulot utile pour moi et les
autres et qui ne contribue pas a la destruction de cette planète
ce qui n'est pas une mince affaire.
Ben: bien sur que ça me parle mais souvent ça me rebute
quand ça s'organise en mouvement style un cerveau pour cent.
Mon éducation politique s'est faite personnellement ou grâce
à des rencontres, très très peu par des bouquins,
j'avoue que j'ai encore du mal à différencier de quelles
idéologies proviennent telles ou telles idées, j'm'en
fous un peu, j'ai des idées, je suis prêt à les
partager, à en discuter, à en écouter d'autres
et continuer à construire quelque chose et si ce quelque chose
n'a pas de nom, tant mieux. J'en dis pas plus, je ne veux pas que tu
me balances...
12.
Les termes de fraction, et cassure, reviennent à plusieurs reprises.
C'est une façon de dire qu'un réel changement ne peut
être possible qu'avec une certaine radicalité? Se mettre
en rupture du système, est-il un des moyens de le combattre?
Quelles sont vos opinions sur l'action directe, les Black-Blocks, la
lutte armée?
Rog: Ces termes dans mes textes sont plus intérieurs. La rupture
est pour moi ces moments de clairvoyance sur le décalage entre
la réalité et ce que je suis au fond, entre ce que je
vis et ce que je pense, entre ce que je pense et ce que je fais ou dis,
ces instants de suspension où les repères sont floués
et où peuvent apparaître de nouvelles choses, bonnes ou
mauvaises comme l’envie de serrer quelqu’un dans ses bras
ou de flinguer la 1ère personne que tu croises, ou de te laisser
crever sur ton canapé devant l’île de la tentation,
ou mettre 2 heures à fumer une clope en regardant le ciel…
Les actions violentes m’interpellent parce qu’elles sont
significatives de l’état du monde. Des gens se sentent
poussé à agir ainsi, à tuer, blesser, pas tous
forcément conscient de devenir des martyrs. Pour ma part j’y
vois volontiers un nouveau moyen de régulation de l’espèce
dont nous a doté notre environnement modifié à
l’extrême… En ce qui concerne le black block, j’en
ai beaucoup appris pendant la dernière tournée où
j’ai eu la chance de discuter avec Sasha, qui drivait OFF MINOR
en Europe et qui vient de Gottingen en Allemagne, une ville d’où
sont partis et partent encore les 1ers mouvements antifafs, anarchistes
et notamment ou s’est crée le black block. Sasha m’a
expliqué que le BB à la base était le service de
sécu pas vraiment violent qui « protégeait »
les manifs anti-fafs et que, au fil des années, il est devenu
si efficace pour esquiver les arrestations et les bastons keufs/manifestants
que les keufs l’ont infiltré pour en faire un mouvement
violent. Du coup, c’est la pratique du diviser pour mieux régner,
ce mouvement qui prenait une ampleur et commençait à peser
dans la balance du pouvoir politique de la ville s’est scindé
et n’en subsiste que les casseurs de banques et de stations services
que l’on mate tous les ans à la télé à
chaque G8…l’action directe et réfléchie est
redoutable… mais réfléchie…
Ben: comme Rog, j'envisage plus les cassures au niveau individuel, voir
intellectuel, une sorte de mise en danger et quand c'est à un
plus large niveau c'est plus des cassures que le système provoque
que de celles qu'on peut lui infliger dont il s'agit. J'envisage la
violence et la lutte armée comme toutes autres actions, c'est
à dire comme possible ou envisageable ou encore pouvant être
nécessaire parfois... je ne partage pas la façon d'agir
des Blacks Blocks pour l'instant... je ne la condamne pas, je pense
parfois à des actions comme le sabotage ou ce genre de choses
mais plus de façon discrète et solitaire.
13.
Pouvez-vous expliquer le sens que vous donnez à la phrase "quelques
secondes de souffrances pour se relever"? Signifie t-elle que si
on a la volonté d'abandonner nos petits privilèges, notre
petit confort, alors on pourra bâtir quelque chose de plus juste
pour tout le monde?
Nico: je voyais surtout cela d'un point de vue psychologique, c'était
une façon de dire que même si les agressions du système
sont permanente et que l'on en souffre ce n'est pas grand chose par
rapport à ce que l'on peut construire en se relevant de cette
souffrance. Je pense que l'être humain est capable des meilleures
choses quand il est au bord du gouffre ou au fond de ce gouffre. Dans
un sens c'est un peu triste de penser que ce n'est que quant au touche
le fond que l'on a la plus grande capacité de réagir et
de passer à l'action mais cela c'est vérifié de
nombreuse fois dans l'histoire. Cela dit ta vision de cette phrase est
intéressante même si je pense qu'il serait difficile pour
beaucoup de gens d'abandonner leurs privilèges. On a déjà
essayé d'abolir les privilèges et on n'a fait que les
remplacer par d'autres qui sont toujours en place aujourd'hui et qui
n'ont pas servit à créer un monde plus juste au contraire
cela n'a fait qu'accroître les inégalités.
Rog: En lisant ta question, une fois de plus je m’aperçois
à quel point notre éducation judéo-chrétienne
est importante…merde…
14.
Pour moi, rien ne bougera vraiment, tant que les masses ne se réveilleront
pas. Alors, quelles sont, selon vous, les solutions pour les sortir
de cette léthargie générale? Comment bouleverser
leurs vieilles idées? Discutions? Actions locales? Propagandes
diverses (comme poser des tracts/brochures dans des salles d'attentes,
les poster au hasard, les planquer dans des magazines en librairie…)?
Et les médias dans tout ça? Selon-vous, y a-t-il moyen
de s'en servir à bon escient? L'idéal, ce serait une chaîne
télé pirate, non?
Nico: j'ai du mal à croire au réveil des masses tant que
nous n'aurons pas individuellement opéré ce réveil
des consciences. Je pense effectivement que le dialogue, parler, parler
toujours, confronter les idées peut aider à sortir des
gens de cette léthargie. Inonder d'informations autour de nous,
ouvrir des infos shop même si je crois que ces actes ne suffiront
jamais pour sortir la masse de sa léthargie. En fait je ne vois
pas beaucoup de solutions contre cela, a part répandre les idées
autour de nous le plus possible, le libéralisme est comme un
rouleau compresseur qui nous écrase tous un peu plus chaque jour
et se rebeller contre cela n'est pas le chemin le plus facile, c'est
en ce sens que je ne vois pas de solutions car il y aura toujours plus
de gens qui choisiront la facilité et qui courberont l'échine.
En ce qui concerne les médias je pense qu'à partir du
moment ou ce sont des outils il ne tient qu'à nous de les utiliser
à bon escient. A la base un journal, par exemple est un formidable
moyen d'information mais tout ces médias sont tellement dirigés
par l'état que l'on y trouve qu'une information partielle et
censurée de toute façon. Pour ce qui est d'avoir une chaîne
de télé pirate c'est vrai que ce serait idéal vu
le nombres d'heures que certaines personnes passent devant leur écran
de télévision (comme mes parents par exemple). Le mieux
se serait de pirater un J.T. a 20H une fois de temps en temps et de
faire un journal avec une autre information.
Rog: La masse est intrinsèquement inerte. Une masse quoi ! Et
puis la masse quand elle est pas contente elle le dit. Je ne crois pas
du tout que la masse souhaite un changement radical. Et puis la masse,
on en fait tous partie qu’on le veuille ou non. L’idée
de « terrorisme » hasardeux et amusant comme plomber des
magazines, des produits de supermarchés, des affiches, est amusante.
Point. Quant à la télé et autres médias,
le militant que je ne suis pas te dirais que oui, approprions-nous ces
moyens de communication. Mais je ne crois pas que même avec ça
quoique ce soit changera. Quoique la lobotomie positive…perso
je ne crois plus au changement de masse, je n’y crois même
pas du tout…l’autogestion devient inefficace au-delà
de 20 individus… je crois plus en une espèce de réseau
reliant tous ces petites organisations qu’au changement massif…
Ben: oui tout, l'important est la création de nouveaux espaces/temps
de partages et d'actions. Ca ne veut pas dire que je les soutiens tous
mais si ça bouge et que ça vit, c'est déjà
ça au point ou on en est, tristement, le temps fera le tri.
15.
Les mouvements citoyens, Attac, et autres pacifistes, peuvent-ils apporter
quelques choses selon-vous? Car même si réformistes (en
ne s'attaquant qu'aux effets et non aux causes), ils pourraient peut-être
insuffler un esprit plus critique, et donc faire évoluer les
masses dans le bon sens?
Nico: ces mouvements citoyens ne peuvent rien m'apporter personnellement
mais je conçois qu'ils peuvent apporter quelques choses à
certaines personnes et effectivement insuffler un esprit plus critique
mais pour ma part je trouve qu'ils manquent un peu de radicalité;
en gros ce sont des mous....
Rog: Attac et consorts ne sont que des nouvelles institutions politiques
seulement différentes dans la forme des partis classiques. Le
fond est le même. Inexistant et inchangé. De la merde.
Alors pour ce qui est d’insuffler un esprit plus critique que
critique…mis à part qu’ils font circuler plus d’infos
que les autres, ces gens là pensent être le renouveau de
la « politique », moi je n’y vois que des aigris post
68 (et non sont pas encore tous morts !) qui appelle toujours à
voter, manifester et à surtout ne rien changer...de la merde…
Ben: pareil, ils ont qu'à exister mais j'm'en carre, c'est des
mous et il ne faut pas trop leur en demander, n'oublions pas qu'ils
et elles croient toujours que Manu Chao est un révolutionnaire.
Ce qui me gêne, c'est que les médias et les politiques
se servent du terrorisme et les dernières élections françaises
pour stigmatiser ce qu'ils appellent les extrêmes comme dangereux.
Par leur médiatisation, les "mouvements" comme Attac
deviennent "l'extrême" gauche acceptable et tout ce
qui va plus loin est rejeté en bloc car considéré
comme terroriste, et eux avec les idées incarnant la quintessence
du mou et de la non-passion, ils se complaisent dans ce rôle et
ça m'énerve. J'aime pas les hippies, ils sont sales (c'est
bon j'rigole, mais juste pour la dernière phrase, juste parce
que j'suis pas lavé depuis 4 jours...).
16.
Supposons, qu'un jour, ce réveil des consciences ai lieu. Ne
risque-t-on pas de faire face à un mur dans certains endroits?
Je pense notamment aux pays du Proche-Orient, où les mouvements
sociaux sont pour ainsi dire inexistants, et où seules les traditions
et le fondamentalisme religieux prévalent.
Nico: bien sur que nous tomberons face à un mur mais chaque système
a ces problèmes et avant de faire face à ce mur il nous
reste, je crois, beaucoup de chemin a parcourir. Il faudrait peut être
commencer par communiquer avec eux d'une autre façon qu'avec
la guerre et essayer de favoriser l'éducation et la culture qui
tend à être complètement éradiquer dans ces
pays. Mais la religion a tellement une place prépondérante
la bas, que faire changer les mentalités sera très dure,
a vrai dire je ne sais même pas si c'est notre rôle. Il
est très dur d'arriver dans un pays et de prétendre apporter
quelque chose de mieux sans passer pour un colonisateur même si
on arrive avec les plus belles intentions....
Rog: Si j’ai bien compris ta question, je te dirai que le mur
existe déjà. Sinon, lo po compris ! !
Ben: l'organisation politique mondiale est une vaste escroquerie, sûrement
bien organisée, certainEs y trouvent sûrement de gros intérêts.
Mais y'a comme un truc qui me chiffonne, des gros intérêts
oui mais quoi, l'argent ou le pouvoir par l'argent, mais c'est trop
nul, on se fait chier quand on a le pouvoir. Ou alors il y quelque chose
que les puissants savent et pas nous, ch'ais pas moi la vie éternelle,
les extra terrestres qui leur ont fait connaître des notions de
vie que nos petits esprits ne peuvent pas même imaginer et ils
organisent le monde de manière à protéger leurs
privilèges. Pour moi c'est un truc comme ça, ou alors
ils font ça simplement parce que c'est leur vie, leur moyen de
la remplir d'activités, en l'occurrence acheter, vendre, faire
mourir de gens de faim et détruire l'environnement et surtout,
le plus amusant réussir à faire croire que ce n'est pas
eux. En ce sens je les trouve non pas monstrueux mais tout à
fait humains remplissant plus ou moins bien un des rôles distribués
par l'humanité, comme nous un peu remplissant notre rôle
d'être leurs ennemis. Je n'arrive pas à éludé
le coté psychologique de la chose, je me dis qu'on fait aussi
de la politique contre ci ou ça plus parce que ça nous
fait du bien de remplir notre vie plutôt que pour une cause réelle,
histoire de s'occuper, de rigoler de sentir la passion nous griser un
peu quoi, des excuses à vivre... parce que franchement, t'as
vu ce que ça ressemble, si on y trouvait pas un peu tous notre
compte ça aurait peut-être changé depuis longtemps.
De choses à changer en nouvelles erreurs à réparer,
on construit une à une de nouvelles morales à faire évoluer
et ainsi de suite mais toujours sur des bases faussées, je pense
qu'en vérité je ne crois qu'en une cassure nette pas en
une évolution quelconque qui présentera d'autres défauts.
Je vais essayer de donner un exemple: ça nous emmerde quand un
flic du même âge que nous, nous impose une morale qu'on
a pas choisi, on essaye de se battre contre ça mais son pouvoir
de flic c'est nous qui lui conférons au fond, le fait qu'un être
humain ait plus de pouvoir qu'un autre nous l'engrainons dans tous nos
schémas moraux. C'est complètement insupportable qu'il
soit autorisé à être plus fort que nous et on ne
le tue pas car on répond à une autre morale qu'on a choisi
(ou pas), c'est pas très clair je sais, mais des flics j'ai souvent
eu envie d'en buter mais au fond contre qui je vais me battre après,
est-ce qu'on peut réellement arrêter de se battre...
17.
Revenons un peu à HK. Avez-vous fait beaucoup de concerts? Où?
Avec qui? Vous avez sûrement des souvenirs impérissables,
non? Ben alors, racontez!!
Ben: je crois qu'on a fait un truc comme 60 ou 70 concerts en comptant
de soirées durant lesquelles, sans être prévus,
on s'est essayés à de l'improvisation, ça fait
d'ailleurs partie des grands moments, lâchés dans le vide
tu ne sais rien du déroulement de l'affaire. Sinon on a pas mal
joué près de chez nous, pas dans toute la franche mais
dans un rayon restreint à l'Est, et aussi en Europe, Belgique,
Hollande, Allemagne, Autriche et presque en Tchéquie. C'est la
Tchéquie et ce qui s'y rapporte qui est un des meilleurs souvenirs,
Ryad est algérien et ce qu'on ne savait pas c'est qu'en plus
d'un passeport il lui fallait un visa spécial. On est donc pas
rentré en Tchéquie, partage en couille à la frontière,
retour à Vienne, rencontre avec des autochtones, invités
à dormir, on se retrouve dans le plus grand appart qu'il nous
a été donné de voir. Des gens supers pour finalement
une soirée de fous. Voilà pour l'anecdote, sinon tout
dans ce groupe constitue un souvenir permanent, on ne tourne pas énormément,
on ne se blase donc pas de jouer et de rencontrer plein de monde, la
magie se conserve et c'est important pour nous je crois. On a joué
avec plein de stars mais je ne te révèlerais pas leurs
secrets... plus sérieusement parmi tous, un a changé la
face du monde pour moi, c'est CATHARSIS, je ne me rappelle pas avoir
joué d'ailleurs.
Rog: La tournée avec GANTZ et PLEDGE ALLIANCE et bien sur un
gros souvenir: les plans loose à la frontière Tchèque,
les endroits les gens la route, l’est de l’Allemagne, la
rencontre avec THE SPECTACLES, la baston sur le dernier concert à
Gent dans un squat qui ressemblait au Rectum dans "Irréversible".
Le dernier Todo Es où on a joué à l’arrache
après PAGE99, avec un de leurs chanteurs, celui qui gueulait
entre chaque titres "fuck G Bush!", qui dormait juste derrière
mon ampli, un concert dans une boite de nuit où on a joué
à 3 heures du mat’, en cercle au milieu des gens, les dates
avec CATHARSIS, les concerts à feu le squat 13 à Paris,
en train et en métro, avec des amendes sur les retours chaque
fois, les endroits bizarres comme à Athus en Belgique dans un
rade qui ressemble à une boite échangiste, les plans glauques
(encore en Belgique !) comme un SaintNiklaas avec les superstar ricaines
de LET IT BURN, et un accident sous nos yeux au moment ou on sort le
matos pour aller jouer, le concert à remis avec 12 HOUR TURN,
les Blasting Days au milieu des metallos virils et musclés et
la rencontre avec les cool gars et filles d’Artscenic et ASIDE
FOR A DAY……pfff…la belle vie comme dirait ma mère
! On revient d’un mini tour de 4 jours entre l’Allemagne,
la Hollande et Reims et putain c’était excellent…joué
avec OFF MINOR, FROM MONUMENT TO MASSES, taper des foot chez Phil, être
drivé par Joss croum-croum Tanaka…ouais, vraiment la belle
vie, c’est une des raisons pour laquelle je continuerais à
faire de la zique, bouger, perdre ses repères, rencontrer des
gens et des endroits différents et revenir, ouais maman, t’as
bien raison!
Nico: Tous les concerts sont pour moi des souvenirs inoubliables puisque
unique à chaque fois, je crois au final n'avoir que des bons
souvenirs même les concerts catastrophes ont été
rattraper par d'autres choses comme les gens que l'on a rencontrer...
En fait tout bien réfléchit il y a quand même un
concert qui est moins fun que les autres. C'était le dernier
concert de notre première tournée a Gent en Belgique ou
on s'est quasiment battu au bout de 4 chansons avec un type qui m'a
frapper pendant une chanson. Mais bon un concert pourris sur 70 ça
va .......
18.
Comment en êtes-vous venus à travailler avec Maldoror?
Ils vous ont proposer plus de thunes qu'Overcomes?! Justement, ces gros
labels indies qui se prétendent HC, ça vous dit quoi?
Rog: Effectivement, le contrat était juteux mais on a toujours
pas touché un rond! Les gens à la tête de ce groupuscule
étrange nous tiennent par les couilles, on ne peut absolument
pas en parler. Je ne prendrais pas ce risque. Les labels indies qui
se prétendent hardcore ? Qu’ils y aillent et s’en
foutent plein les poches, je ne me sens pas concerné…et
puis, dans un principe de répartition des richesses, c’est
pas plus mal s'ils peuvent gratter des thunes à ces enculés
de Sony ou Universal, mieux vaut que les mecs d’Overcomes bouffent
en vendant leurs disques plutôt que le boss de Virgin ouvre un
nouveau magasin non? Pour ce qui est des méthodes de la promo,
il ne faut pas se voiler la face, que tu sois indie, total diy, que
tu fasses des marges sur tes disques ou pas, le but c’est de faire
de la thune, qu’elle serve aux skeuds uniquement ou à te
faire bouffer, alors, de toute façon…après c’est
chacun son éthique et sa conscience…
Ben: le truc c'est qu'on ne travaille pas avec Maldoror, on travaille
pour Maldoror (on est exploité). La vérité c'est
qu'on a rencontré Jean-marc puis Yves et Sabine, qui nous ont
fait découvrir le milieu punk. Ils restaient les seuls membres
permanents actifs de Maldoror, nous les avons rejoints et depuis 3 ans
maintenant, c'est nous tous Maldoror. Donc autant te dire que personne
ne nous a proposé de tunes et qu'on est pas prêt de voir
la couleur d'un billet, vu qu'on est la vache à lait du label
et qu'on en produit pas vraiment beaucoup et pis si on faisait de la
tune on se barrerait avec et on jouerait plus. Pour ce qui est des labels
comme Overcomes, j'm'en fous, j'ai pas d'éthique à défendre,
je suis pas un inquisiteur, je ne partage pas leur façon de faire,
néanmoins je respecte le fait qu'ils essayent de manger de leurs
activités.
Nico: comme Ben j'en ai rien à foutre d'Overcomes mais alors
rien a foutre du tout..............
19.
Comment naissent vos morceaux? A quel moment, vous vous dites,"
ok, on le garde comme ça"? C'est facile d’écrire
des morceaux, sans être influencé (indirectement) par ce
que vous écoutez? Vous reprenez aussi un titre de PORTISHEAD.
Pourquoi? Avec une reprise pareille, cherchez-vous à recréer
l'ambiance du morceau original? Ou alors, vous le faites entièrement
à votre sauce?
Ben: c'est affolant, si on avait dénombré exactement toutes
les questions que tu poses, on n'en serait pas à 22 mais au moins
à 60.
Rog: PORTISHEAD c’était un coup de fun en répet’.
J’ai trouvé en gratouillant les trois notes de base et
voilà, on l’a joué 4 ou 5 fois en live… Et
ça se passe comme ça pour tous nos morceaux : l’un
de nous part sur un truc, ça suit, se mélange s’emboîte,
s’emmêle, jusqu’au moment où on se dit on prend
ça, ça et ça et qu’on le travaille, le malaxe
pour en faire un morceau précis. On commence par le squelette
de la chanson et après se greffent plein de petites choses. On
est évidemment influencé par ce qu’on écoute
tous mais on se pose jamais la question. On joue et c’est tout
en essayant de faire des trucs qu’on aurait envie d’écouter,
et puis plus tu joues les morceaux, plus ils évoluent, j’ai
parfois la sensation qu’ils ne sont jamais vraiment finis, c’est
pour ça que je n’aime pas trop écouter nos disques,
cette impression d’être figé me dérange un
poil…
Nico: pour la reprise de PORTISHEAD c'est Rog qui a trouvé le
riff principal en répète et on s'est mis à la jouer
comme ça pour rire et en fait on s'est dit que ça pouvait
être une bonne idée de la garder et de l'inclure dans le
set. En ce moment on est en train de bloquer sur une reprise de Tom
Jones qui va vraiment raire mal, tu verras.
20.
Quels regards portez-vous sur la scène française (groupes,
zines, labels…)? De quels groupes vous sentez-vous proches, musicalement
ou humainement? Et en Saône-et-Loire, ça s'active un peu?
Ça bouge plus que dans la Nièvre??
Rog: La scène en tant que « scène », je m’en
fous. Ca va peut être faire frimeur à bloc de dire ça
mais j’ai l’impression qu’il y a un sacré paquet
d’opportunistes aux dents longues qui prétendent avoir
les clés de ce milieu pourri. J’essaie de lire pas mal
de zine, on a même tenter d’en faire un, mais je sais pas
si j’ai encore l’énergie de continuer… Je suis
fan de GANTZ et de leur accent merveilleux, des Stéphanois de
Montbrison qui gravitent autour de ce grand brun aux yeux perçants
nommé Trash. Musicalement, y a RAVI, APPOLLO PROG., A.WOODWARD,
RAWNESS(!), BELLE EPOQUE que je viens de découvrir… Proche
musicalement je sais pas trop si tu parles du style ou de la manière
de faire, je sais pas trop…J’aime beaucoup SUBMERGE parce
que quand tu parles avec eux, tu sens que leur musique leur ressemble
et pourtant, c’est pas trop le style que j’écoute
le plus, mais SUBMERGE putain…
Sur Montceau il commence d’y avoir quelques groupes nouveaux comme
WETBACK, et bien sur des valeurs surs qui s’affirment (ou la la
la ! !) comme BLUMEN, les brutaux-mais-doux-comme-des-agneaux HORRID
FLESH, les stars de la oÏ HORS CONTROL, CALAVERA et TRAUMA et leur
anarko hiphop expérimental. D’ailleurs, on s’est
tous retrouvés le 19 juin dernier pour un mémorable concert
au coquillage à Blanzy, un rassemblement de la scène montcellienne
si tu veux. Ca bouge quand même un peu et il me semble que vu
que dans cette ville tout est à faire, ça devrait continuer
pas mal…ça parle même de copuler entre divers membres
de divers groupes et j’ai l’impression qu’ici vont
fleurir quelques trucs pas mal…
Ben: j'ai beaucoup de respect pour plein de gens en France, notamment
les personnes qui organisent des concerts dans des conditions qui ne
sont pas forcement faciles dans ce pays. J'ai l'impression que de part
sa position assez confortable mais pas prédominante dans le "mouvement"
la franche est assez ouverte et ne pratique pas trop la starification,
en même temps la pression exercée sur les lieux de concerts
ne permet pas toujours d'offrir des conditions vraiment décentes
pour accueillir les groupes. Je suis pas très clair, je crois,
mais parfois la scène m'intéresse, je l'aime ou je la
hais, parfois j'en ai strictement rien a foutre, je suis assez occupé
en règle générale et ce n'est pas mon sujet de
réflexion principal. Je dis simplement merci à toutes
les personnes actrices de construire un rouage d'un monde un peu meilleur.
Les gens dont je me sens le plus proches sont ceux qui font les choses
avec le cœur, le contexte, en l'occurrence "da scene"
ne restant qu'un vecteur, aussi intéressant soit il, l'intérêt
des fanzines pour moi serait de les rendre accessibles à bien
plus de gens que les punks. Pour ce qui est des labels et des groupes
c'est pareil, le cœur et peut-être aussi l'envie de défendre
une vision non passéiste, de rester en mouvement plutôt
que d'être un mouvement, c'est à dire quelque chose de
reconnu comme ayant des règles établies, immuables donc
immobile. Mes groupes français préférés
doivent être GANTZ, SUBMERGE, BLUMEN, FLYING WORKERS et AMANDA
WOODWARD. Pour ce qui est de la Saône-et-Loire, je n'ai pas trop
une vision de ce qui se passe. Je n'y ai pas vu grand chose qui m'intéresse,
en tous cas qui sont dans une vision des choses proches de la mienne,
à part des personnes sur Chalon qui font la librairie "et
après pourquoi pas", le magasin de disques "sneakers"
et quelques personnes sur Montceau.
Nico: je pense que la scène française est assez développée,
il y a énormément de groupes, de zines et de labels. Le
gros problème en France c'est qu'il manque des structures pour
faire des concerts. Quand tu vois qu'en Allemagne tu peux faire des
concerts tous les jours de la semaine et qu'en France c'est totalement
impossible il y a un problème. D'un autre côté c'est
pas plus mal si ça peut éviter au public d'être
blasé comme souvent en Allemagne. Je crois qu'il est quand même
nécessaire de se réapproprier les lieux que l'on peut
faire vivre culturellement dans nos villes même si cela reste
plus facile a dire qu'à faire. Pour ce qui est des groupes dont
je me sent proches je rejoins ben en ce qui concerne GANTZ, SUBMERGE,
BLUMEN, mais aussi THE SONS OF SATURN, ASIDE FROM A DAY………
Je sais pas si ça bouge beaucoup dans la Nièvre mais alors
en Saône-et-Loire a part Sneakers et la librairie "et après
pourquoi pas" il ne se passe pas grand chose. A Montceau il y un
info shop qui c'est ouvert au début de l'année et qui
propose des lectures sur tous sujets alternatifs, sinon au niveau musical
la Saône-et-Loire est une zone sinistrée, excepté
Montceau les ruines où il y a un fourmillement de groupes assez
hallucinant par rapport à la taille de la ville.
21.
Avant de finir, dites-moi ce que vous pensez du sXe? Aimez-vous le HC
old school? Il est clair que si la réponse est négative,
l'interview ira directement à la poubelle!!
Ben: je me suis pas cassé le cul à répondre à
toutes ces questions pour que tu ne les publies pas alors, vive Youth
of Today et.... En fait ce sont les seuls que je connais et encore j'ai
jamais écouté. Sérieusement, on ne peut pas dire
que j'apprécie ce style outre mesure, bien que j'aimerais être
sur de savoir ce qu'il définie exactement. Quant au sXe, je n'ai
jamais réussi à me reconnaître dans un mouvement,
j'ai du mal à envisager de répondre à des valeurs
qui sont comme des règles qu'on ne peut pas transgresser. Ceci
est trop souvent synonyme, pour moi, de non-ouverture d'esprit et de
développement intellectuel ralenti car trop centralisé.
Quant aux actions personnelles que le sXe propose j'en pense beaucoup
de bien, j'en suis d'ailleurs assez proche, si ce n'est que j'aime trop
fumer des clopes. Hormis les dérives médiatiques des straight
edge, j'aime à savoir que les idées de ne pas boire, se
droguer, manger de la viande, etc, se diffusent car, non pas que je
crois que s'est une solution, mais ça remet en cause des valeurs
établies comme traditionnelles et, que le traditionalisme, je
me permets de chier dessus volontiers.
Rog: je n’aime pas le old school ! En fait c’est que musicalement
ça ne me touche pas, c’est hyper efficace mais d’une
simplicité qui me déconcerte… Le sXe est une philosophie
de vie comme il y en a d’autres qui peut être intéressante.
Comme toutes les autres, elle résulte d’un choix personnel
et ne peut s’appliquer forcément sur tous. Alors quand
des connards imposent ça comme la voie, qu’ils crèvent.
C’est comme être veget’, féministe, anar’,
apolitique( quoique là j’ai un peu de mal à suivre
!), skin, punk, cocos, bobos, quoi bon si c’est juste pour s’étiqueter,
de la merde ! ! !
Nico: je pense pas grand chose du sXe chacun fait comme il veut à
partir du moment ou on ne vient pas me prendre la tête parce que
je ne le suis pas. En ce qui concerne le old school je n'ai pas assez
de muscle pour m'intéresser à ce style de musique (je
rigole bien sur).
22.
Allez, stop! Cette question, est pour vous! (projets, infos, play-list…)
Nico: les projets dans un premier temps c'est l'album qui devrait sortir
dans le dernier trimestre 2004 si tout va bien et quelques autres sorties
ou coproductions avec le label. Sinon en ce moment j'écoute en
boucle CIRCLE TAKES THE SQUARE, le split THE DEATH OF ANNA KARINA /
THE FLYING WORKERS, KAOSPILOT, CALAVERA, GUYANA PUNCH et bien d'autres
groupes encore. Pour finir un petit mot de remerciement pour cette interview
marathon et longue vie a Mononoké. Ciao, ciao..........................................................
Rog: Jouer, enregistrer ce putain d’album ! ! Manger du gâteau
au chocolat que Chloé vient de sortir du four, prendre une douche,
écouter les 30 disques que je viens de ramener, et puis, on verra
demain…
En tous cas merci à toi pour l’interview, et bravo pour
ton zine ouvert et honnête ! Long life à kawaii et Mononoké
! Que Satan soit avec toi ! !
Ben: Pour finir cette interview je me suis programmé le dernier
ZEGOTA, OFF MINOR, NIKAD, CHILDREN OF FALL et AMANDA WOODWARD…
Quoique je vois HUMLAUT au loin et je vais peut être bien fêter
la fin en le mettant très fort. Ici Montceau, le 29 août
2004, j'ai une tendinite au poignet ça fait chier.
[MONONOKE #02]