Interview FIGHT FOR YOUR MINDS rds

 

Ca fait longtemps que je voulais faire une interview du label FIGHT FOR YOUR MIND! J'ai toujours appréciés le boulot immense que faisait Flox... même si j'ai du mal à suivre, car il n'arrête pas! Faut voir le paquet de coproductions auquel il a participé! Musicalement excellent et varié (du crust au hip-hop), international, avec une forte intégrité DIY et politisé. En plus de ça, le garçon est vraiment adorable et gentil, et ne cherche pas à se prendre pour un activiste "plus radical que toi" de la scène. Il agit dans l'ombre, de façon constructive, avec passion et honnêteté! Bref, je suis content de lui donné la parole à travers mon zine! Flox à en plus été très bavard, et ça c'est super! Et une fois que vous aurez tout lu, pensez à mater son site, pour découvrir toutes ses prods, en passant bien sur une petite commande!    

01. Salut Flox! Ca roule pour toi? Tu peux nous faire une présentation du bonhomme, stp?
Salut à toi David! Pour moi tout roule à peu près, pas trop à se plaindre. Pour la présentation j'ai 27 ans, né et grandi pendant les 13 premières années de ma vie au Canada et aux USA. Puis immigration en France à cause de difficultés financières parentales. Vécu quelques années entre la Seine et Marne et les Yvelines puis dans l'Allier depuis une 10zaine d'années. Niveau implication dans "la scène" j'ai vécu et contribué à plusieurs lieux autogérés pendant des années entre KAMIZOLE, L'OKARA et DOMOI. Niveau musicale j'ai joué dans divers formations dans le passé comme PRIMITIV BUNKO, SLUMS et HONK FOR MASS. Plus de  musique depuis 2001 et plus de squat depuis l'été 2005 et SDF depuis. Pour le reste je pense que tes questions vont y répondre.

02. Quand et comment as-tu découvert le punk/HC/crust…? Qu'est ce que tu aimes et détestes dans ce mouvement?
Pour ce qui est de ma rencontre avec le punk ça doit être à travers un disque des DEAD KENNEDYS et les SEX PISTOLS qu'avait mon frangin quand j'avais 10 ans. Puis le revival pop punk en 93-94 par des groupes comme RANCID, OPERATION IVY, NOFX, RKL, SOIA quand un pote m'avais emmené au Silence de la Rue à Paname à l'époque. Avant j'évoluais dans une culture très afro-américaine style Hip Hop et New Jack et aussi dans le Hard Rock à l'adolescence. Puis est arrivé la rencontre avec les gens de PRIMITIV BUNKO en 95 ce qui m'a ouvert les portes sur le DIY. Ils m'ont fait découvrir énormément de choses car ils sont tous mes aînés d'environ 8 à 12 ans. Pour la deuxième partie de ta question il y a tellement de choses que j'aime et déteste dans le punk! Mais les cotés positifs l'emportent toujours. Le rejet de la société en tant que telle, la réappropriation de nos vies, les échanges et rencontres humaines, le réseau internationaliste, la musique, le style de vie, le coté anti-commerciale, anticonformiste, le coté engagé et libertaire, l'autogestion, le gros bras d'honneur qu'on brandi envers leurs institutions, l'entre aide, etc... Pour ce qui est de ce que je déteste je dirais: les contradictions, les imposteurs, les opportunistes, les touristes donneurs de leçons, la bêtise humaine qu'on retrouve ici aussi, la consommation a outrance des collectionneurs de disques (paradoxale), une certaine glorification de la décadence sordide, les poseurs, les arrivistes, la violence, le sexisme, l'homophobie, la bourgeoisie rebelle de fils à papa, etc...Ce n'est pas sérieusement quelque chose que j'essaye de décortiquer beaucoup de nos jours. On fait avec les défauts et les points positifs toujours en essayant de tirer les choses vers le haut. Que ce soit dans l'implication des gens à ce qu'ils deviennent plus acteurs que spectateurs, qu'ils deviennent plus conscient politiquement et individuellement au milieu de tout ça sans vouloir paraître orgueilleux!

03. Groupes favoris / Films favoris / Livres favoris
En gros je pense que je recherche toujours un coté social et politique dans les trois. Niveau groupes c'est très difficile de répondre mais je peux citer DISRUPT, STATE OF FEAR, les premiers BERUS, DROPDEAD, TOTALITAR, HEIMAT LOS, SEPTIC DEATH, SINDIOS, CRESS, DEAD KENNEDYS, BLACK FLAG, MOB 47, CIRCLE JERKS, REGAN YOUTH, THE CLASH, SOCIAL DISTORTION, SUBHUMANS, OPERATION IVY, PSYCHO REALM, HOUSE OF PAIN, N.W.A., CYPRESS HILL, BIG L, GRAVEDIGGAZ, FUNKDOOBIEST, etc... Pour le passé. Pour ce qui est du présent je dirais CONSUME, TO WHAT END? , IMPERIAL LEATHER, DONA MALDAD , FALL OF EFRAFA, HOLOCAUST IN YOUR HEAD, HELL SHOCK, UNIDOS PELO ODIO, TACHED OUT, LOADEAD, KYLESA, WITCH HUNT, NEUROSIS, NUCLEAR DEATH TERROR, CALAVERA, AUKTION, etc… Concernant les livres j'aime bien George Orwell, John Steinbeck, Jack London, Emile Zola, Dostoievsky, Tolstoï, Marquez, les rapports sociologique de Loic Waquant sur la pauvreté, la boxe, les prisions et ce genre de littérature en générale. J'ai pas mal d'ouvrages sur les prisons et la boxe en fait. Hemmingway je kiffe bien. Niveau anarchisme j'aime bien les personnages comme Louise Michel, Buenaventura Durruti, Alexandre Berkman, Nestor Makhno, Mikail Bakounine, Errico Malatesta, Elisé Reclus, Emma Goldman, quelques ouvrages sur l'anarchisme internationaliste, le tatouage, la littérature afro américaine style Iceberg Slim, Chester Himes, Richard Wright, sur Malcolm X, les Black Panthers, etc... Des livres sur le féminisme, la religion, la guerre d'Espagne, les indiens américains, les conditions politiques en Amérique du Sud, du Noam Chomsky, du Howard Zinn, etc... Des livres plus obscurs d'écrivains underground américains ou liés au punk. En ce moment je suis sur 'Les 12 preuves de l'inexistence de dieu' de Sébastien Faure, 'Pimp' d'Iceberg Slim et 'Les veines ouvertes de l'Amérique latine' d'Eduardo Galleano. Il y a tant de sujets passionnants culturellement, politiquement, historiquement, géographiquement, sociologiquement, etc... Pas assez de temps à y consacrer et c'est frustrant. Cinématographiquement je n'ai pas une grosse culture indépendante et regarde un peu ce qui me tombe sous les yeux habituellement. DEAD MAN, BLOW, SCARFACE, IL ETAIS UNE FOIS AUX ETATS UNIS, TUEURS NES, FIGHT CLUB, AMERICAN HISTORY X, MISSISSIPPI BURNING, LA COULEUR POURPRE, LA BANDE A BONNOT, MIDNIGHT EXPRESS, 1984, LES RAISINS DE LA COLERE, TAXI DRIVER, ON ACHEVE BIEN LES CHEVAUX, SOLEIL VERT, GERMINAL, SOLEIL VERT, BRAZIL, DELICATESSEN, BERNIE, LES DEMONS DE JESUS, BLACHE, LES LOUBARDS, LA CITE DE DIEU, RAGING BULL, ALI, AMOURS CHIENNES, 21 GRAMMES, COLLISIONS, A HISTORY OF VIOLENCE, SWIMMING WITH SHARKS, THE BREAKFAST CLUB, OLD BOY, LA HAINE, PUNISHEMENT PARK, AMERICAN BEAUTY, KEN PARK, C'EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS, SALVADOR, MES MEUILLEURS COPAINS, UN AIR DE FAMILLE, LORD OF WAR, TRUE ROMANCE, MONSTER, BOYS DON'T  CRY, MILLIONS DOLLAR BABY, MYSTIC RIVER, LA VIE EST BELLE, MAD MAX, GOOD BYE LENIN, BLOODY SUNDAY, DE L'OMBRE A LA LUMIERE, TWIN TOWN, SNATCH, LAND OF FREEDOM, etc... Almodovar, Kubrick, Scorsese, Lynch, Tarantino, etc... Franchement il y en a des centaines. C'est tout grand publique et mainstream en fait voir fleur bleu pour certains. J'aime bien les documentaires historiques, sociologiques, des trucs sur la biologie marine ou la nature en générale quand c'est bien fait. Rien de bien original.

04. Qu'est-ce qui a fait qu'un jour tu as décidé de t'impliquer là-dedans? Pourquoi ne pas simplement acheter quelques disques et voir un concert de temps en temps? Ca t'apporte quoi?
Pour la première partie de ta question je pense que premièrement c'est la musique et une certaine marginalité qui m'ont fait m'impliquer là dedans. J'ai toujours kiffé la musique étant môme, j'avais mes K7 à moi à 6-7 ans et j'écoutais tout ce qui me venait à l'oreille et en parallèle j'ai toujours été attiré et entouré par la marginalité depuis le même âge. Les gangs, les bandes, les clochards, les taulards, les minorités ethniques (ayant grandi avec et dans des cultures afro américaines, latinos, amérindiennes, etc...). La suite logique est arrivé avec les rencontres de Sid et Lolo de Primitiv Bunko qui eux déjà avaient de la bouteille et faisait leur propres zines, label de K7s, etc... L'enthousiasme aussi de la découverte des squats politiques et des asso comme Maloka ou Profane Existence à l'époque m'ont beaucoup influencés et mis la puce à l'oreille. Le fait de voir fonctionner les autres et de voir que tout le monde en est capable. Mettre la main à la pâte. J'étais au début simple consommateur et spectateur puis sans se poser de réels questions existentiels la première K7 de SLUMS est venu puis la proposition de coprod du split LP MRTVA BUDOUCNOST / GRIDE après qu'on ait joué avec eux en République Tchèque. Puis est venu l'idée du CD de soutien et tout le reste c'est de l'histoire maintenant. Quand j'ai commencé c'est surtout grâce et à cause de Sid il m'a soutenu et poussé au cul. Rien de sorcier, seulement du temps, de la passion et du fric. Ca m'apporte plein de choses! Des contacts, rencontres, amitiés, aussi j'apprends beaucoup des autres sur leur histoire, leur vécu, la culture, les sujets des quels ils traitent, un peu de connaissances géographiques et ça me pousse au cul à faire des choses sans rester dans une certaine apathie et faut dire qu'à l'école j'écoutais rien et que le punk m'a donner envie de m'éduquer de moi même et ce n'est pas rien tout ça, le punk c'est mon école. Je n'ai jamais autant lu, essayé d'apprendre depuis que le DIY m'est apparu. J'ai toujours été un cancre à l'école et le punk m'a un peu instruit je dirais. J'ai aussi un besoin de partager c'est boulimique. J'ai besoin de faire pour les autres aussi. Rendre service, rendre quelqu'un heureux et du coup ça me renvoi la balle. Ca parait naïf tout ça mais c'est humain pour moi, trop humain

05. Penses-tu que dans une dizaine d'années, tu seras toujours dans la scène? Ou bien qu'à partir d'un certain âge (35 ans, la retraite du punk?), il est logique de passer à autre chose?
Long vaste et périlleux sujet. Franchement dans 10 ans je n'ai aucune idée de où je serrais! Ce que je pense être sur c'est que je n'ai aucune ambition professionnel ni de rêves à passer à autre chose. Je me laisse un peu vivre alors le temps parlera à ma place. Et comme disait Léo Ferré 'Il faut laisser les certitudes aux Bulldozers '. Les punks de plus de 35 ans commencent à être légion et tant mieux, ça prouve qu'on peut vieillir avec le punk. Il n'y a pas d'âge pour la retraite punk. Certains prennent leur retraite à bout de 6 mois...??? Et je pense que c'est important d'avoir des punks de tout âge. C'est difficile à dire car c'est vraiment dans les années à venir qu'on verra les punks vieillir car je pense que la scène DIY date du début des années 80, avant les choses étaient assez indéfinis. Aujourd'hui je pense qu'on peut très bien vieillir avec le punk et dans la communauté sans être un paria et se faire médire par les mômes arrivistes qui apportent la relèvent. C'est sur que les plus anciens n'achètent pas MRR tous les mois et ne sont peut être pas au courant du dernier groupe à la mode ce semestre mais il y a mille façons d'évoluer et rester la dedans, surtout dans la scène politique car il y a tant d'autres choses que les paillettes musicales, les concerts et les bitures. Et c'est peut être aussi important de se retrouver avec des gens de sa génération pour partager des choses moins futile que la couleur du vinyle sorti dernièrement sur HAVOC. Après que les gens passent a autre chose c'est logique oui et non. Tout dépend de leurs expériences, leurs envies, besoins, projets, leurs vies en dehors du punk, etc.... ce n'est pas parce que les gens ne viennent plus aux concerts ou n'achètent plus de disques qu'ils ont vendus leurs idéaux! Je connais des anciens qui embrassent encore plus leurs envies anticapitalistes et rebelles en étant coupé de tout ça! Faut savoir aussi que certains ont des gosses, ont des tafs qu'ils aiment, font autre chose que ce que la norme punk veut bien leur autoriser à faire et décident de vivre autrement en marge du mouvement mais ça ne fait pas d'eux des gens moins 'crédibles', etc... Je comprends qu'on puisse prendre ses distances avec 'la scène'. D'ailleurs personnellement j'ai besoin d'autres rapports avec le monde que le punk! Je ne peux pas y être 100 %  du temps car je perds la relation avec une certaine réalité du monde extérieur. Et souvent faut dire qu'on se gangrène dans une communauté, il y a des tensions, des rumeurs ('t'y crois pas' ), des conflits, de la jalousie, de la compétition, des langues de putes, des trahisons, des amitiés qui se brisent, des histoires de cul, des divergences politiques, et ce n'est pas parce qu'on évolue dans la même scène, qu'on fréquente les mêmes lieux, qu'on aime les mêmes groupes qu'on est forcément amis. La vie est complexe et les gens sont totalement libres de partir et faire ce qu'ils veulent. Il n'y a pas de contrat d'intégrité à signer et ceux qui disent 'HC for life' à 18 ans me laisse sceptique. Je pense que le punk pour moi rime avec respect et tolérance (jusqu'à un certain point!). Il faut dire aussi que certains sont laissé à l'écart comme dans tous les milieux car ils ne sont pas assez populaires puisqu'ils ne vivent pas dans un squat, ne font pas de groupe, label, etc... Ce qui est un peu décevant dans notre milieu. J'espère être encore là si on arrive à entretenir quelque chose de positif et constructif. Pas de spéculations je laisse ça aux Golden Boys.

06. Bon, parlons de FFYM! Tu peux nous conter l'histoire du label, des débuts à la gloire actuelle? Combien de prods? Tes préférées? 
Bon la j'essaye d'être bref car tes prochaines questions reviennent un peu dessus. En gros l'histoire commence en 98' avec la première demo de SLUMS en autoprod quoi! J'avais pas de leitmotiv à l'époque. On m'a proposé la participation au LP de MRTVA BUDOUCNOST / GRIDE j'ai filé du fric et c'étais parti. Je me suis lancé dans la compilation de soutien a KAMIZOLE / OKARA, ensuite il était question de faire un truc avec SICKNESS après leur passage à L'OKARA, il y a eu un 7" EP en co-prod puis après il y a eu une longue pause pour de nombreuses questions personnels et de fric aussi. Ca c'étais en 2000 puis après la rencontre de DONA MALDAD et OPOZICION en Colombie en 2003 mon pote Esteban Sierra m'a remotivé a relancer le truc et depuis ça été rencontre sur rencontre, amitié sur amitié, projet sur projet, motive sur motive, beaucoup de taf et de sérieux et des milliers d'euros foutu à la poubelle (haha) En gros je pense qu'on doit être à une trentaine de prods et coprods aujourd'hui! Dur de dire mes préférés mais si j'avais à choisir les plus marquants sont la compile de soutien a L'OKARA / KAMIZOLE car ça a suscité pas mal de rencontres et d'enthousiasme. Le EP de OPOZICION car affectivement ce groupe me touche beaucoup et tient relation a une belle partie de ma vie sur plusieurs facteurs liés à la Colombie et les gens avec qui j'étais la bas que je garde au fond de mes tripes. Le 10" de SEGUE est un peu pareil car j'adore les gens particulièrement. Ils sont bien différents et vraiment excellents. Le LP de TINNITIS / SICKNESS me tient aussi a cœur car je suis toujours super fier de l'amitié forgé autour de ce projet et aussi la beauté du dessin de Marald qui est  définitivement mon artiste préféré techniquement et humainement. CALAVERA au niveau des textes est celui qui me ressemble le plus je pense et c'est pour ça qu'ils sont présent sur FFYM et ils sont définitivement DIY et totalement autonome. D'ailleurs ils n'ont pas vraiment besoin de nous. Musicalement je pense que le nouveau FALL OF EFRAFA en LP et l'album de WITCH HUNT 'Blood Red States' sont les tueries. Franchement je vais tous te les citer car ils ont tous une histoire pour moi sans exceptions. Il y a certains ou j'ai juste filé de la thune alors?

08. J'ai remarqué que tu faisais surtout de la coproduction. Quels sont les avantages, et peut être inconvénients? Avec qui travailles-tu le plus souvent?
Pratiquement que des avantages...à part que des fois ça me coûte plus cher de le faire ainsi. En tous les cas le disque sera mieux distribué si on est plusieurs dessus car on n'a pas forcément tous les mêmes contacts et ça casse l'imagerie de gros labels idolâtrés! Ca crée de nouveaux avantages ça permet de faire plusieurs disques sans débourser à chaque fois 5000 euros de sa poche.Ca permet de se repartir les taches! Avoir plusieurs avis objectifs pour rendre le truc le mieux possible. Ca crée des amitiés, etc...Franchement c'est tout bénef humainement pour les labels et une meilleure distribution pour le groupe. Les inconvénients ? Jusqu'à présent je ne suis pas tombé en relation avec des cons alors tout va bien! Je n'ai vraiment pas cherché à savoir les aspects négatifs non plus. Les gens avec qui j'aime bosser sont Paria et Alexis chez FZM, Romain et LES CREATIONS DU CRANE + Wilhelmine D'ICIALAREALITE, Nico LES NAINS AUSSI, Juan Miguel DESKONTENTO, Timo ALERTA ANTIFASCISTA, Johnny NOSEKE, etc... car avec eux il y a vraiment un suivi et ce sont des gens super sincères et dévoués et tout simplement adorables toujours prêt à se plier en quatre pour que tout aille pour le mieux. Pour le moment ce sont eux ma raïa sur qui je peux me reposer si on peut dire. C'est toujours un plaisir de faire des choses avec des gens dans la même optique de fonctionnement et politiquement bien sur.

09. De plus, la grande majorité de tes réalisations sont sur vinyle. Pourquoi ce choix? Est-ce un support plus "noble" pour le punk? En général, tu les fais presser où?
Tout simplement parce que le vinyle c'est plus punk c'est tout! On peut faire plus de délires de concept pour la réalisation et c'est plus beau je trouve. C'est une optique matérialiste et j'assume. Un CD c'est trop impersonnel. Prend le LP de KAKISTOCRACY ou de FALL
OF EFRAFA et compare le a un CD ! Esthétiquement il y a rien à voir. Un LP coûte près du double voir le triple d'un CD à fabriquer des fois, mais la satisfaction est quelque chose de complètement différent. C'est un peu de la masturbation mais autant faire quelque chose de plus cool qu'un truc stérile comme le CD. C'est mon avis. En général on presse en République Tchèque chez GZ media. Des fois on passe par Reverberation qui le fait là bas. Sinon on a essayé Pirate Press aux USA qui passe aussi par GZ et El Dorado en Allemagne. Je n'ai jamais essayé DFI, MPO ou ACTIS en France mais ça marche aussi apparemment. A oui le SICK TERROR / MIGRA VIOLENTA split 7" EP a été fait au Brésil.

10. Sur quels critères choisis-tu les groupes que tu veux produire? Qu'est-ce qui compte le plus? La musique, les textes, la démarche, l'affectif? Tu as sorti plusieurs groupes d'Amérique du Sud aussi, donc est-ce que la provenance géographique du groupe entre en compte?
On va dire une amitié, une attitude, une démarche, une musique et les textes. Pour moi ces 5 critères sont indissociables! Et pour tout dire des fois ce n'est pas moi qui les choisis c'est eux qui me choisissent. Il y a quelque groupes que je n'ai jamais rencontré comme KAKISTOCRACY, SHALL NOT KILL par exemple mais ils ont été particulièrement amicale donc pas de soucis. Je ne sortirais jamais des poseurs, des groupes antipolitique, business ou qui font une musique que je trouve détestable mais ça me parait logique. Des fois ce sont les labels qui me choisissent comme pour le PERSONKRETS 3:1 LP ou le KAKISTOCRACY LP et je fais ça au feeling avec les gens qui font les labels. Et tous ces labels impliqués il n'y a pas de soucis avec eux car ils sont assez proches. L'importance géographique n'a aucune importance. Même si pratiquement toutes les nouvelles prods viennent des USA, d'Angleterre et de Suède où apparemment FFYM est bien vu. Mais en fait c'est au hasard des rencontres, amitiés et contacts. FFYM se veut internationaliste. J'aime le punk de partout. Le seul pays un peu différent avec qui je fais quelque chose sous peu est la Malaisie avec le split EP entre MASS SEPERATION et AUKTION qui sont eux de Suède. Je ne vois pas de différence entre un bon groupe Vénézuélien, Philippin, ricain, anglais, Iranien ou Français. Comme je disais au dessus l'amitié d'abord. Et bien sur que le groupe soit motivé de faire quelque chose avec nous mais pour l'instant tout le monde est enthousiaste on espère seulement être à la hauteur de leurs attentes. En tous les cas on essaye de faire au mieux. Selon nos moyens.

11. D'ailleurs, je pense que tu as remarqué qu'on était très peu nombreux, à soutenir la scène de pays isolés ou lointains, qu'ils soient d'Asie, d'Amérique Latine ou des pays de l'Est. Pourquoi ce manque d'intérêt? Que reste t-il de la solidarité punk internationale?
Franchement c'est une question à la quelle je n'ai aucune réponse. Ca fait longtemps que je me la pose mais bon sans issue. Toutes les scènes sont super intéressantes et chaque fois que je découvre  une nouvelle scène je redécouvre le punk. Ce que fait TIAN AN MEN 89, DARBOUKA, STRONGLY OPPOSED, ou avait fait CRASS RDS, SIN FRONTERAS et aussi toujours NOSEKE, TOFU GUERRILA, VIEW BEYOND, etc...m'intéresse toujours
autant qu'avant. Il faut que les gens se mettent dans la tête qu'il n'y a pas que TRAGEDY, VITAMIN X et VICTIMS dans le HC sans parler de tous les trucs sur des majors ou sous majors. Ces scènes valent le coup qu'on s'y intéresse et beaucoup serrais surpris d'écouter certaines scènes et ce qui s'y passe.  Mais le plus important c'est que les scènes locales se développent un peu partout. L'impact direct d'un groupe en live est important pour le publique sur place. Faut dire aussi que pas grand monde s'intéresse au punk / HC français car il a été médiocre pendant des années ce qui n'est pas le cas pour beaucoup de pays que les gens appellent 'exotiques'. La solidarité punk internationaliste se fera comme il a toujours été. Par des gens curieux qui n'ont pas peur des découvertes et d'être agréablement surpris et qui ont une vision un peu plus large des frontières que le HCeux typique. C'est malheureux mais le punk est chauvin des fois ou tout simplement anti-américain primaire mais grand 'fan' de tout ce qui en sort. Quel paradoxes terribles avec lesquels vivres! ?

12. Internet ne devrait-il pas faciliter les choses?  Et que penses-tu des trucs comme Myspace, parfois décrié dans la scène? Et dans son ensemble, en quoi Internet a-t-il changé le punk?
Bon il est évident que les choses sont beaucoup plus simples avec Internet pour trouver les choses et découvrir le punk de partout. C'est aussi beaucoup plus simple pour rester en contact avec le monde. Avant c'étais un peu plus la galère avec le courrier qui durait des plombes
pour faire le tour du monde. Ca demandait des fois un mois juste pour établir un échange avec le Japon par exemple. Maintenant en quelques heures c'est fait. Et ça économise grave de la thune et on peut communiquer plus. Les infos passent  facilement et rapidement. Quelque part l'internet aurais dû être crée par les punks. Les sites internets permettent aussi de toucher beaucoup plus de monde. Personnellement ça me facilite les choses étant SDF. Concernant Myspace grand sujet! Je suis coupable de m'y suis inscrit. On sait tous maintenant que ça appartient et que ça rapporte des milliards à Ruppert Murdoch (président de Fox et de droite toute politiquement). On m'a poussé à m'y mettre à cause des groupes qui ont fini par communiquer que par ce biais. Ce n'est qu'un outil de communication ! Perso j'y ai retrouvé gavé de personnes que j'avais perdu de contact et contrairement. Gavés de punks sur une échelle internationale surtout en Asie et aussi mes actrices de porno préférés ! (je plaisante). Dans l'absolu je pense me débarrasser de mon blog là dessus car c'est une supercherie qu'on ne devrait pas soutenir!

13. Au fait, pourquoi ce nom, FIGHT FOR YOUR MIND?
Ca peut paraître un peu prétentieux d'utiliser un nom pareil mais je l'ai choisi car je pense que toute révolution personnelle ou collective se passe d'abord dans la tête avant de la mener dans la rue. Avoir une certaine base réfléchi à savoir ce qu'on veut, comment y arriver et par quels moyens. Pour moi il y a raison à la cause et réaction à l'action. C'est important d'être cohérent je pense. J'ai des affinités anarchiste pas de chaos et comme dirais Elisé Reclus 'L'anarchisme est la plus haute expression de l'ordre' et je pense que ça veut dire pas mal de choses. On est en perpétuel conflit avec soi même et aussi notre évolution personnelle est sans limites. On part d'un point si tu veux de vie, d'expériences, d'envies sans jamais arriver au bout des choses. On est en (r)évolution permanente et on mourra sans vraiment finaliser une vie car les possibilités sont encore une fois indéfinies. Ce qui rend la vie si intéressante et imprévisible. Rien n'est tracé. On a beaucoup trop de fardeaux qui limitent notre intellect à changer et ça ne se fera pas sans efforts. Et le nom garde une connotation révolutionnaire un tant soit peu naïf qui me ressemble probablement. Autrement c'est aussi le nom d'un album de BEN HARPER qui n'a rien à voir ni avec le punk ni avec l'anarchisme.

14. FFYM, c'était bien un zine, à l'origine, nan? As-tu définitivement tourné la page? Quel bilan en tires-tu?
Oui FFYM a commencé en tant que zine en 96 ou 97 je pense et ça a fini en 99 après seulement 4 numéros. Le numéro 5 devait contenir des interviews de DROPDEAD, CAPITALIST CASUALTIES, JUGGLING JUGULARS, ABUSO SONORO et NOOTHGRUSH en plus de pas mal d'autres trucs. Melvin avait fait une superbe  couverture pour ce zine qui a fini en fait en graff sur un mur de Kamizole. Ce devait être aussi un split zine avec Cryptas du Mexique. A cette époque j'étais tombé dans un cercle vicieux de négatif et je me suis laissé submerger par des problèmes perso que j'avais décidé de lâcher l'affaire. Aussi j'étais plus impliqué dans les lieux auto gérés et à organiser des concerts et faire les 4 coins de la France pour ramasser du blé. Du coup petit à petit j'ai juste laissé le temps passer et la motive n'étais plus là tout simplement. Je n'ai pas envie de faire les choses par contraintes et beaucoup de gens très proches n'ont cessé de me le reprocher que ce soit dans les collectifs, mes groupes ou les amours du moment. J'étais tombé dans une période nihiliste qui est résolu aujourd'hui mais rien ne me faisais vraiment vibrer comme avant c'est tout. Il y avait aussi le projet de mettre en place L'APF (Anarcho Punk Fédération) à ce moment la que j'ai laissé tomber aussi car ce n'étais plus le moment opportun pour moi d'être objectif à ce temps précis. Le fait de se brûler d'enthousiasme à vouloir trop en faire et ne pas assez faire la part des choses. Je n'étais déjà aussi pas satisfait de mon TAF et je m'emportais un peu trop sur des trucs sans réels importance et le ton de FFYM zine était un peu naïf et injuste parfois. Il y avait de bons retours car je pense qu'il y avait très peu de zines dans ce style à l'époque. Pas qu'il y en ait vraiment du tout aujourd'hui en France. Je pense en avoir tournée la page, peut être éventuellement un jour il y ait un nouveau numéro. L'idée me trotte en tête de temps à autre mais au niveau emploi du temps c'est ingérable. Je veux me consacrer au label sérieusement et c'est notre seul leitmotiv pour le moment. Sinon je participe occasionnellement ou régulièrement à d'autres zines. Des interviews dans PROFANE EXISTENCE, des chroniques dans le prochain SEDITION quelques trucs par ci par la. Bientôt aussi des interviews régulières dans MRR. On m'a demandé de me réinvestir dans le site internet de L'APF pour la France avec des interviews et chroniques, je vais voir si je peux tout faire mais ce n'est pas sur et j'arrive à bout de souffle des fois et je ne veux surtout pas m'exténuer une deuxième fois et tout lâcher à nouveau. Lentement mais sûrement. Nos personnalités se forgent avec le temps et les expériences.

15. Toujours à propos de zines, qu'en penses-tu, en général? Quels sont ceux que tu dévores? En France, on ne peut pas vraiment dire que cela soit le support le plus développé de la scène, pourquoi selon-toi? Et ton avis sur les webzines?
Je pense que les zines sont indispensables ! C'est un travail ingrat qui suscite beaucoup d'heures d'implication, de réflexion, d'idées, de TAF, de sincérité, de passion, de prises de têtes, de perte de fric, d'enthousiasme et de créativité ! Comme on dit 'NO ZINES, NO SCENE'. J'ai beaucoup de respect pour ceux qui arrivent à tenir sur la longueur les gens ne rendent pas compte ce que ça implique comme dévotion pour un retour pratiquement zéro. Maintenant je t'avoue que je n'en lis pas comme avant. C'est devenu très occasionnel. Les zines que j'aime sont souvent PROFANE EXISTENCE, SLUG + LETTUCE, MRR, WARNING, pour les gros et a un niveau national je kif bien BAVARDAGES, BURN OUT, FULL OF SHIT, APATRIDE, DEVIANCE, VENDETTA, BARRICATA, le coté internationaliste de WGF mais pas spécialement le ton. MONONOKE bien sur. (C'est pas de la lèche) En dehors de ça je suis bien largué ces dernières années. Avant j'aimais beaucoup HELL + DAMNATION, REAGIR, SCREAM (CARRY ON SCREAMING ), RIOT + DANCE, RAS L'BOL, LES FAUX FILS DE THRASHBOURG, TOTALITARIZM, RIPPING THRASH, HEART ATTACK, STRONGLY OPPOSED, SQUAWK, TRANZOPHOBIA, EARQUAKE, INTERNATIONAL SxE BULLETIN, etc... Je ne sais pas pourquoi c'est moins développé en France qu'à l'étranger mais je ne comprends pas non plus pourquoi la France as toujours eu et as toujours une vision très primitiviste sur l'évolution de la scène punk. Et pourquoi en règle général le franchouillard est radin et très près de ses sous. Il est clair aussi qu'en France les punks et activistes de la scène ne lisent pas beaucoup en règle générale et qu'une bonne partie de la scène survole rapidement ce qui se passe et ce qu'ils ont a leur disposition. Fait un zine, répond à une interview ou quoi que ce soit et tu te découvre aussi aux attaques justifiées ou non de donneurs de leçons. Combien de lettres d'encouragement tu reçois après sortir un zine par rapport aux critiques? (DC – Ben de mon coté je n'ai pas à me plaindre, au contraire même! Après, celui qui n'aime pas trop est rarement celui qui me fait un retour…) C'est assez blasant d'être sans arrêt dans la ligne de mire quand les gens passent plus de temps à médire ce que font les autres plutôt que les soutenir ou bien de faire quelque chose eux mêmes. Tu serrais surpris par ce que j'entends sur les punks impliqués dans la scène des fois (DC- C'est pour ça que je tiens à garder une certaine distance avec tout ça! Je fais mon truc tranquillo, sans m'occuper du reste). Peu importe ce que tu fais ou dis, tout sera décortiqué et jeté aux flammes. C'est dur de vouloir donner aux autres alors qu'en retour tu ne reçois pratiquement que des claques. Ca forge son homme comme on dit. Mais faut être assez solide pour tenir le choc et faire abstraction de toutes ces conneries. Les gens sont aussi très influençables et agissent souvent par clans d'amis et ça aussi c'est pourri et infantile. Combien de rumeurs puis je te citer sur mon cas dans la scène et les fausses idées qu'ont les gens sur FFYM alors que je passe 90 % de mon temps à l'écart de tout le monde ! ? Le punk français est adepte des détails croustillants et je suis sur que si tu fais un Voici du type punk des activistes sur qui fait quoi et qui a dis quoi quand il était bourré ou vénère alors tu vendras + de papier. (DC – Tu m'étonnes, suffit juste de regarder ce qu'i les passe sur les forums punks!) Le punk est un beauf des fois avec toutes ces tares et ses comportements pitoyablement attachants. Combien ont soutenu des zines collectifs comme DESIDERATA, CONTRE CULTURE et aujourd'hui SOLITUDE ou SEDITION (même si ce dernier est un peu différent) tirée dans une ambition un peu plus grande ? Est ce que ça suscite beaucoup d'intérêt ? Pourtant les gens se plaignent tout le temps qu'il y a rien de bien ni de bons zines et les trucs collectifs sont de la merde, etc... mais ils achètent MRR, PROFANE et se masturbent dessus en se demandant pourquoi on n'a pas un truc pareil ? Franchement je ne cherche plus à comprendre. Quand les gens seront un peu plus objectif et soutiendront un peu financièrement de bons projets qui demandent qu'à évoluer et à s'améliorer et seront un peu plus solidaire, un peu moins con et se bougeront un peu plus le cul alors la on pourra avoir un débat intéressant et constructif de travail collectif pour le bien de tout le monde. Au jour d'aujourd'hui et depuis des lustres c'est chacun dans son coin et démerde toi ! Je schématise un peu mais quand je vois les prises de choux sur des forums punks, le manque d'humour de certains, toutes ces règles auxquels on ne doit pas toucher ou ces lignes à ne pas transgresser, voir le nombre de gens sur la défensive et parano total ça laisse encore une fois sceptique pour les années à venir.

16. Peux-tu nous dire ce qu'il y a d'intéressant dans ta région? (groupe, label, zine, squat, asso…)
Alors à ce niveau la je suis assez largué car dans le 63 et le 03 on n'a pas mille trucs à voir et à faire. Concernant des groupes HC / Punk DIY je n'en connais pas perso. Il y en a sur la région de Clermont Ferrand mais je ne pourrais pas te dire. Il y a peut être HONK FOR MASS qui jouent à l'occas, BETRAYED, ATOMIC GARDEN, LES PUTES DE L'AUTOROUTE, etc... La plupart des trucs gravitent autour du RAYMONDS BAR qui est un lieu DIY sur Clermont où se passe activités politiques, débats, organisations d'assos, concerts, bar alternatifs, friperie, etc... Il y a aussi AC! impliqué là et des individus de la CNT ou d'Indymédia 63, les faucheurs OGM, etc... Des assos musicales DIY comme KWACK, DTC, NO REWARD, IRAE, etc... Je sais qu'il y a des zines comme L'Aire du Temps ou Kangourou et c'est à peu près tout...Il y a aussi le forum internet de la clique 63 qui s'appel FUTURE IS MINE. Un disquaire indépendant qui s'appel SPLIFF qui tient encore le coup mais qui vends beaucoup de merde pour survivre. Des squats depuis KAMIZOLE, L'OKARA, DOMOI je ne suis pas au courant qu'il y ait quelque chose. Je sais qu'il y a le gars du KEUPON VOYAGEUR du coté de Montluçon apparemment qui organise des trucs. Il y avait les gars de REVOLUTION TIME sur Commentry avant mais je n'ai plu de nouvelles depuis des années. Il y a le groupe THE FINGER qui est sympa sur Montluçon aussi. Des fois DTC font des trucs à Thiers avec LA GRATTE A DEUX PATTES. Les gars sont bien cool et se bougent le cul dans le bon sens et fournissent gavé d'énergie positive et à ma connaissance on en a fait le tour pour mes connaissances.

17. Est-ce que je pourrais avoir ton avis sur le straight edge, que ce soit en tant que mode de vie ou de mouvement dans notre culture? Parfois, j'ai l'impression que certains voient ça comme une agression, face à leur droit de se défoncé (et de faire chier le monde, hihihi). T'en pense quoi?
Merci pour les questions faciles David! Ha ! Alors d'abord je tiens à dire que je suis pro choix. Ca veut dire que ce que les gens pensent être le mieux pour eux doivent le faire. Je n'ai rien à dire sur ces choix personnels! Autant le libre choix que quelqu'un as a être straight ou héroïnomane, ou qu'un couple choisi d'être monogame ou bien avoir une liberté sexuelle en guise de leurs besoins et envies, ou celui qui choisi d'être vegan ou le mangeur de barbak, etc... Je respecte ce que les gens assument et ce que font les gens avec leur mode d'hygiène de vie ou leur cul les regardent eux et eux seuls! Ce n'est pas pour ça que j'adhère à l'un ou l'autre bord. Je ne me sens pas le besoin de me revendiquer célibataire free vole ou végétarien ou
utilisateur de drogues occasionnelles. Qu'est ce que ça peut foutre ? Que les gens ai un problème avec les décisions personnels des autres mène au fascisme, à la pensée unique, aux commérages et tout simplement à ce qu'ils les regardent pas. Il est vrai que j'ai plus eu de soucis à "gérer" des énergumènes violemment défoncé à des concerts ou dans la rue ou ailleurs plus qu'avec des straights. J'ai eu des décès dans mon entourage et dans ma famille ou des potes dû à la défonce, alcool ou drogues et faut être conscient de ce qu'on fait quand on ne contrôle pas totalement sa défonce ou d'avoir des amis qui jettent un œil sur toi au cas où ! Un accident d'OD, accident de la route, ou autre bêtise peut arriver si rapidement sans s'en rendre compte. C'est regrettable. Les drogues ne sont parfois pas spécialement la meilleure chose à prendre quand on n'a pas le moral ou toute sa santé physique. J'ai quelques exemples de suicide très proches qui sont liés en quelques sortes aux drogues. Mais en dehors de ça si on sait apprécier et gérer ses substances un tant sois peu ils peuvent être très agréables et assez funs. Faut aussi savoir ce qu'on soutien en prenant de la drogue comme de la cocaïne, de l'héroïne ou autres. (DC – Et là je trouve que c'est une partie trop souvent occultée dans notre milieu) Des gens meurs pour sa fabrication, pour sa distribution et des pourris se font grave de thunes sur ta gueule c'est certain et faut en avoir les moyens. Je ne viens pas d'un milieu middle class ou de la bourgeoisie et certaines de ces drogues y sont plutôt assimilées. Je ne fais aucune apologie. Pour le végétarisme j'ai mes convictions propres et c'est important d'en parler et on impose toujours ce régime aux groupes qui jouent dans le coin par choix mais on préfère que les gens y viennent d'eux mêmes et s'ils veulent plus d'infos et si certaines choses les sensibilisent on est ouvert à la discussion et à leur filer de la documentation ou autres explications... Je ne prends pas la tête aux gens avec ses sujets car je pense que la plupart du temps ça ne mène à rien non plus. Une expression dit "on peut mener un cheval à l'eau mais on ne peut pas le forcer à en faire boire" ça résume pas mal de choses. Autant je tiens à ce qu'on me respecte et qu'on ne me dise pas quoi faire. Par contre j'ai un plus gros problème avec les hardlines, les gens qui abusent leurs chiens, tapent sur leurs conjointes, les gens violent, et les fachos qui me font régulièrement voir rouge. Je n'ai rien contre le straight edge encore une fois et idéalement j'y pense régulièrement pour mes propres convictions mais pour le moment ce n'est pas le cas. Ca ne me dérange en aucun cas que des groupes en parlent dans leurs textes c'est un point de vue auquel on adhère ou non. Perso j'aime pas mal de groupes straight edge comme MINOR THREAT, MONSTER X, FUGAZI, YOUTH OF TODAY, etc...

18. Ton milieu (anarcho/crust) est aussi très porté sur la libération animale. Mais, n'est-ce pas paradoxal d'être végétarien tout en continuant de fumer (vivisection) ou de boire de l'alcool (substance animale)?
D'abord faut savoir que tout le monde dans la scène @narcho punk et crust ne sont pas tous des alcoolos ni des fumeurs il y a une étonnante partie de ces gens qui sont straight. Les gens sont affiliés à une scène par rapport à une musique qu'ils jouent qui est très différente par fois de leurs convictions personnelles. Il y a tant d'individus différents dans des groupes et dans la scène. La plupart des groupes ricains par exemple boivent mais ne fument pas. J'ai des potes straight crust. Enfin bon en dehors de ça il est clair que c'est hypocrite de soutenir indirectement la vivisection en étant vegan ou végétarien. Mais je ne pense pas que c'est uniquement un dilemme pour les @narchos et les crusts car combien de straight edges se rasent au Bic ou achètent leurs veggie burgers chez burger king? (DC – ou moi et mon Coca-Cola!!)  Il y a aussi tant d'autres choses sur lesquelles on a des contradictions. Je vais prendre exemple sur moi même. Je me revendique anarchiste mais je touche parfois de la thune de l'état (chômage, RMI, prime pour l'emploi), je suis foncièrement contre le travail salarié mais je bosse pour vivre et j'engraisse des porcs la plupart du temps, je suis contre la guerre et les meurtres des civils et pourtant je continue à fabriquer des vinyles et roule dans des véhicules qui utilisent du pétrole, etc... D'un autre coté on m'oblige à payer des taxes, ils en retiennent encore sur mon salaire, et pas grand monde investie dans des alternatives au pétrole à large échelle à part au Brésil peut être ou tout le monde commence à rouler à la canne à sucre mais ça n'empêchera pas les multinationales de défoncer et user les terres sans scrupules pour du fric. Je pense qu'on essaye de nous baiser de partout et ce n'est pas pour ça qu'on doit baisser les bras. Sur la question purement de la cigarette ou de l'alcool on est tous plus ou moins conscient sur comment ça nous affecte directement  aussi. Il y a des cobayes humains aussi pour ça. Je divague mais la question n'est pas si simple. La dépendance vient d'un tas de facteurs différents des fois. Aussi une fois tu y es accoutumé c'est vraiment pas simple de s'en défaire. Perso j'ai essayé plusieurs fois et j'y suis revenu aussi vite que c'étais parti.

19. Les pochettes de tes skeuds sont très classe. Est-ce important pour toi? Comment vois-tu l'esthétique et le graphisme des groupes d'aujourd'hui, par rapport aux origines? (pochettes, flyers, logo…). Une image peut-elle être subversive? 
Il est clair que l'imagerie des skeuds est très importante pour moi et souvent pour les groupes. Je ne suis pas totalement satisfait de toutes les prods car il y a toujours moyen de mieux faire. Le graphisme et l'esthétique des disques reflètent souvent l'état d'esprit des groupes et doit avoir une certaine cohésion. Bien sur qu'une image peut être subversive et doit pouvoir exprimer profondément un état d'esprit et a souvent une âme si l'on peut dire. Perso je suis amateur de bons dessinateurs depuis tout petit. J'étais adepte des comics américains et des BD. L'art et le dessin, peintures reste un mystère pour moi car je suis totalement nul en la matière mais sais apprécier quelque chose qui me plait. Aussi c'est toujours intéressant d'avoir un TAF fait par un artiste punk en plus du coté simplement musicale d'un groupe et de faire un montage photo en deux/deux! Ca apporte un plus et rend la chose plus classe et crée des liens. J'ai toujours admiré les dessins de Pushead ou les pochettes des Misfits, de Black Flag, The Accused que j'ai toujours gardé comme des objets bien foutus et contant de me procurer. Plus qu'une simple photo de concert ou de photo montage moderne même si des fois c'est efficace. Dans les zines aussi j'adorais WORLD WAR 3 qui compilait les dessins et histoires thématiques par numéro de différents artistes excellents et engagés comme Seth Tobacmann, Fly, Drooker, etc... Des fois c'est simple qu'une pochette peut-être subversive. Quand une boite de pressage a refusé a PE d'imprimer le livret du CD de WITCH HUNT a cause d'un dessin de Drooker qui faisait atteinte à leurs morales chrétiennes ou le dilemme du 45 tours de DOOM "Police Bastard" et des dessins dans les disques de AUS ROTTEN et FLEAS AND LICE chez Skuld il y a quelques années, prouvent une certaine censure de la part de la société et qu'une pochette dérange. Souvenez vous aussi du procès des DEAD KENNEDYS par
rapport à leur insert dans leur LP. Aussi des labels de disques censurent leurs propres groupes comme LEFTOVER CRACK sur Epitaph. Aussi je laisse total liberté aux groupes de faire ce qu'ils veulent tout en essayant de proposer un avis également. La qualité aussi du papier et des pochettes est importantes et d'essayer de faire quelque chose de purement unique ou rare est sympa. Quelques labels soucieux de l'esthétique et que j'apprécie par exemple sont STONEHENGE et BAD CARD qui ont toujours pris ça très au sérieux et leurs skeuds sortent du lot. Le fait de travailler avec d'autres matériaux et chercher à faire différemment est toujours inspirant. SEGUE faisaient des trucs classe aussi, CALAVERA se prend bien la tête. Par rapport aux débuts je ne sais pas trop comment comparer ? Je pense que CRASS faisaient
des trucs dépliants et fourni avec des brochures, livrets bien cool. Ce que fait LENGUA ARMADA, HATER OF GOD, EBULLITION, etc... sont souvent de très bonne qualité.
On essaye de faire notre mieux, pour le passé on y fait pas trop attention, ce qui nous intéresse c'est aujourd'hui et maintenant. Il y a maintes possibilités, faut juste faire travailler ses méninges et être prêt à rajouter un peu de fric pour être plus satisfait d'un taf duquel on peut être fier, même si on y perds de la thune. Quand j'achète un skeud de chez Prank pour 9 euros simpliste et un LP a 7 euros chez STONHENGE par exemple, il y a pas photo je ne comprends pas vraiment l'écart de prix, alors qu'au niveau qualité STONEHENGE l'emporte haut la main. Mais des fois les gens n'aiment pas ce qui est différent, ça les regardent. Certains de mes artistes préférés sont en vrac MARALD, Nenad DOOMSDAY GRAPHICS, Alex FALL OF EFRAFA, Mid BONEHIVE, Sonia d'Angleterre, Melvin LES PARTISANS DU MOINDRE EFFORT, Steve VISIONS OF WAR, Laura SATANA, Chelsea PROFANE EXISTENCE, les gars de PACK en suisse, Ivan Brun, etc...

20. T'as pas mal bougé également. Peux-tu parler de tes divers voyages et rencontres marquantes? Bon, je suppose que ne t'as pas fais que du tourisme, alors pourrais-tu faire des "comparaisons" avec la scène française? Y a-t-il des différences flagrantes? (fonctionnement, style, démarche, but…)
"Pas mal bougé" est un peu exagéré! J'ai un peu voyagé je dirais. Il y a des groupes et individus qui ont bien plus la bougeotte que moi et une culture du punk bien plus large et approfondi. Chacun de mes voyages ont été très différents, dépendant de ce que j'allais y faire, comment j'allais y voyager, avec qui, pourquoi et comment. Chaque voyage a un sens profond et marquant bien distinct. Chaque voyage a été enrichissant, bénéfique humainement et culturellement. Je voyage aussi pour deux raisons surtout. Le punk et la plongée sous marine aujourd'hui. J'essaye de faire coordonner les voyages d'intérêt si possible. Les tournées sont des voyages également. Je pense que la première tournée avec PRIMITIV BUNKO en République Tchèque a été marquante car apparemment, on a été le premier groupe à faire autant de dates là bas, 9, si je me souviens bien. Et on a pu flirter avec une semi culture des pays de l'Est. La Colombie a été une claque culturelle dont je me sens proche. J'ai un faible pour l'Amérique latine, que ce soit au niveau du punk, des mouvements sociaux, des gens (hommes et femmes), de la culture gastronomique, du climat, de la manière de vivre. Le Maroc par exemple a été très différent en voyageant à 2 en camion, avec quatre chiens, sans rapports avec le punk et le premier contact avec un pays musulman. C'est assez déroutant et déstabilisant car c'est vraiment tout proche. Ca a été un voyage des grands espaces et une complicité avec le peuple de là bas en résidant une dizaine de jours dans un village au Sud de Midelt, où les gens vivent pratiquement en total autarcie avec la survie par leurs propres cultures végétales, et de la vente occasionnel de minéraux. L'endroit le plus DIY que j'ai pu voir en fait. Vivant dans des maisons en terre sans électricité ni eau courante, et des gens avec le cœur sur la main. Plus que la plupart des punks francophones que je connais en tous les cas. Mon périple à Minneapolis et aussi un peu à San Francisco me tenait à cœur depuis vraiment super longtemps. Et la aussi les épisodes sont super marquants. Il fallait que je le fasse. C'était ma Mecque à moi si tu veux. Alors j'ai absorbé tout le punk que j'ai pu. Entre les lieux collectifs, les salles de concerts, les maisons de collocs de punks, librairies anars. C'était pas des vacances économiques mais, humainement très fort et j'y ai vraiment passé un excellent moment. Exactement ce que j'en attendais en fait. A un moment j'avais aussi  dans l'objectif de m'installer à Barcelone mais ça a foiré car la ville m'avais trop stressé et c'étais franchement 200 à l'heure par rapport d'où je me suis enterré ces dernières années, j'avais perdu le rythme que j'avais encore quand j'habitais à la Nouvelle Orléans ou en région parisienne. Mais les rencontres et activités là bas ont été aussi très enrichissantes. Mais les accidents, les arrestations, les coups de chaos, les prises de têtes internes personnels ou collectives sur place, plus la perte de mon chien, et une petite humiliation et démonstrative de brutalité policière sur ma gueule, et un suicide, tout ça sur l'espace d'environ 15 jours m'ont tout simplement refait savoir que je ne suis pas fait pour les grandes villes. Il y a du bon et du moins bon. La comparaison est assez flagrante que ce soit en Colombie, en Malaisie, aux USA en Espagne ou en France. Les scènes, d'une certaine manière aussi sont assez différentes car les moyens de survie des uns et des autres sont toujours bien différents aussi. Mon dernier voyage a été celui en Thaïlande pour la deuxième fois et en Malaisie pour la première fois. J'essaye, comme je disais plus haut, de concilier punk et plongée  car je veux devenir instructeur à long terme. L'Asie du Sud-est s'y prête bien. La Malaisie a été particulière, car au milieu d'une culture musulmane les gens essayent de s'émanciper, tout en respectant la religion. Ce qui est assez bizarre. J'ai trouvé très étrange de remercier Allah sur les skeuds punk rock sur place. Mais faut savoir que là bas si tu né Musulman, tu n'as pas le droit de changer de religion, c'est sur ta carte d'identité à puce, et tu dois respecter ça. Sinon tu risque de te faire arrêter et subir des trucs pas vraiment cool de la part des keufs et de la société en général. Difficile d'y parler de politique et de sexualité libre. Un petit exemple. Si tu te fais prendre à avoir une relation non déclarée avec une autre personne de ton pays qui n'est pas musulman et que ton intention n'est pas de le ou la marier, tu t'expose à payer des amendes et des pressions exubérantes. Si tu veux marier quelqu'un de là bas, tu dois te convertir a l'islam, c'est autorisé,  par contre quand tu es musulman tu n'as pas le droit de changer de religion. Ca te montre un peu comment ça fonctionne sur un petit exemple. Seb WGF pourrais mieux exprimer ça, car lui est marié avec une malaysienne. Et va parler de légalisation du cannabis (même si c'est un sujet duquel je m'en branle) à Johor Bahru! Tu te fais pendre si tu te fais prendre à en consommer! Pendant la période du Ramadan, pas de concerts et bien sur le jeune du levé au couché du soleil. Au niveau des organisations de concerts, tous ces lieux ont vraiment du bon potentiel et de bonnes scènes, que ce soit au niveau du Punk 77, Chaos Punk, Emo, Emo Violence, Crust, Anarcho Punk, sXe, etc... C'est plus dur de faire des trucs car ils doivent louer les lieux, les sonos, pratiquement pas de thunes aux groupes qui tournent (aussi peu soit ils!). Tout est très DIY par conviction et parce que le système D fait partie de leur quotidien. Ils sont toujours très enthousiastes de tout ce qui vient d'ailleurs, contrairement à nos scènes de la civilisation occidentale. J'ai eu de superbes rencontres, tout les punks m'ont toujours très bien accueilli, que ce soit à Medellin, Kuala Lumpur ou Bangkok. Aux USA ça a été la même avec les gens de STATES OF FEAR, PROFANE, CONSUME, etc... Aux states les punks aimerais avoir une scène comme en Europe, au niveau de l'organisation, l'entraide et des squats. Ils envient (toute proportion gardé) la politisation de la scène européenne. Pour nous, ce qui semble normal quand on reçoit un groupe comme les nourrir, leur donner un endroit propre où dormir et de la boisson gratos, ils hallucinent quand ils arrivent la première fois! Ils se sentent des fois mal à l'aise et se sentent considérés comme des rock stars, car chez eux c'est pas du tout comme ça que ça fonctionne, sauf si ce sont de très bons amis qui organisent leur concerts et qui ont un esprit cool. La plupart du temps les gars arrivent  au lieu du concert, s'achètent un sandwich, des bières et demandent en fin de soirée si personne à une chambre ou salon dans lequel squatter une nuit. Si personne ne veut d'eux ils se payent un motel minable ou dorment dehors. Ce qui est dommage c'est que c'est aussi souvent que des groupes des pays riches qui viennent jouer en Europe. J'aimerais voir des groupes du Pérou, d'Indonésie ou de Turquie jouer en Europe, mais c'est rare et super frustrant. Ces gens qui auraient la possibilité musicale avec la scène, pourraient apporter à notre scène et à la leur au retour par des expériences positives et enrichissantes. Juna Miguel de LOS DOLARES essaye de faire venir DONA MALDAD du Venezuela qui est un excellent groupe @punk, à tourner en Europe pour Avril 2007 et j'espère qu'il y aura beaucoup d'enthousiasme de la part de la scène DIY Européenne. Ils se donnent à fond et mettent vraiment tout ce qu'ils ont pour aboutir à un tel projet. Perso j'aimerais faire venir MASS SEPRATION de Malaisie, car ce sont des gens adorables et c'est la réponse d'Asie du Sud-est à NASUM. Mais pour le moment c'est totalement irréalisable. Economiquement c'est pratiquement impossible pour eux... un sacrifice qui leur couterais très, très chère et devront travailler des années pour s'en remettre. Autre point je pense, c'est que les gens ont souvent une vision étriqué de la société occidentale en tant que facilité de vie et de richesses. Comme on le sait le capitalisme occidentale montre toujours une belle vitrine mais cache derrière elle toute la pourriture et la destruction qu'elle cause. Pas mal de punks sont aussi manipulé par les médias et les mensonges de notre monde. Quand je vais dans ces endroits je me sens définitivement coupable d'être occidental quand ils ne disent que ce que je fais leur est impensable et impossible, alors que je suis vraiment de la France d'en bas comme certains politiciens disent...

21. Que penses-tu de la place des femmes dans notre milieu? Malgré de bonnes intentions, le punk est-il aussi anti-sexiste que ça? Y a-t-il eu une grosse remise en questions depuis les débuts du punk?
Encore une question facile. Pour commencer je pense que la place des femmes dans la scène est comme celles dans tous les milieux, ce qui veut dire totalement indispensable! Je me ferrais tellement chier sans elles et je préfère la compagnie féminine souvent par rapport à celles des hommes. Croire que le punk est exclu de sexisme et de misogynie c'est se foutre le doigt dans l'œil. Il suffit de regarder autour de nous, les groupes, collectifs, zines, etc... fait par la gente féminine ne sont pas légion. Je connais beaucoup de femmes impliquées dans le punk mais il est clair qu'elles ne sont pas assez. La contribution des femmes apporte du frais et c'est souvent inspirant pour moi en tous les cas. Je ne peux pas te citer tous les groupes avec des membres féminins que j'adore ou des femmes que je respecte à 200%, et ça pas du tout sur un plan sexuel ou fantasmagorique. Ceux qui me connaissent savent que j'ai beaucoup d'estime pour des personnages comme Louise MICHEL, Emma GOLDMAN, Angela DAVIS, des groupes comme HARUM SCARUM, WITCH HUNT, BIKINI KILL, DEVIL DOLLS, BALLAST, CALLOUSED, CTB, HOMOMILITIA, LYSTERIA, DISAFFECT, HHM, SPITBOY, OPOZICION, POLIKARPA Y SUS VICIOSAS ou des collectifs comme LA RIVOLTA, BREAST BRIGADE, EMANCY PUNX etc... On a définitivement beaucoup à apprendre des femmes. Et il est simple de leur demander directement à elles se qu'elles en pensent. Je ne suis pas la pour les porter sur un pied d'estale, elles savent très bien s'exprimer et apporter des solutions par elles mêmes ou de décrire les tares de notre scène. La seul chose que je peux faire c'est les respecter et les soutenir quand je peux, mais faut pas se mettre en tête de protéger le sexe faible car si tu regarde bien ce sont les hommes le sexe faible! Je ne vais pas rentrer dans de la rhétorique, car je ne suis pas la pour parler à leur place, même si j'ai beaucoup d'affinités féministes en moi. On a tous des remises en questions sévères à faire sur nous mêmes à ce niveau là. Je n'ai pas de leçons à donner non plus car il m'est arrivé et m'arrive encore d'avoir des pensées sexistes et misogynes de temps à autre. Je ne vais pas jouer l'hypocrite en disant que je suis parfait à ce niveau là. J'ai été assez odieux dans le passé dans des relations amoureuses et certaines seront toujours là pour me le rappeler. Je ne me fais pas de procès mais je pense être pas mal ouvert à la cause féministe mais tout simplement je suis né et j'ai grandi dans un monde hétérosexiste, et forcément ça laisse des traces. Je déteste les rapports dominants / dominés par nature que ce soit entre hommes ou avec les femmes. J'aime à croire a des relations égalitaires mais ce n'est pas toujours le cas. J'ai des témoignages à la pelle de femmes / amies qui se sentent ou se sont senti piégées, ignorées, liées poings et pieds, se sont soumises, ont été marginalisées, mis à l'écart, insultées, prises de haut, agressées, etc... Dans la scène faut arrêter de croire qu'on est dans le meilleur des mondes avec nos semblables. Ce n'est pas vrai du tout. Le combat féministe est toujours et encore tristement d'actualité. Le punk a depuis fort longtemps essayé de briser ces rapports distancés mais ne les ont jamais abolis. Je pense que beaucoup de femmes se sentent plus en sécurité dans le punk mais ce n'est pas un lieu à 100% exempte de comportements impardonnables. Il est le devoir de tout le monde de remettre à leur place les connards un peu trop avenants sexuellement et qui pensent qu'avec leur bites, ou des gens violents envers les femmes, faut rester vigilant et exprimer sans cesse notre mécontentement aussi en tant qu'hommes en solidarités avec nos sœurs, pour qu'elles se sentent à l'aise et libre d'être! Et y en a marre de sentir la sueur de tous les mâles dominants aux concerts ou dans les réunions, on a besoin de femmes pour avoir une vision globale des choses. On avance ensemble et hors de question de les mettre à l'écart. Faut savoir aussi que beaucoup de femmes se font humiliées au quotidien, sont harcelées sexuellement, sont battus, ont des places moins bien payées, dans le monde du travail proportionnellement aux hommes, subissant maintes tensions et doivent souvent redoubler d'efforts pour qu'ont les prennent au sérieux. Sans parler des violes qu'il y a eu ou qu'il y a toujours dans la scène. L'histoire de ce qui s'est passé au Pointless Fest, à Philadelphie en 2004 ou 2005,  je ne me rappel plu, montre qu'il y a toujours ce risque dans la scène punk, comme ailleurs. On pourrait aussi parler des comportements réactionnaires, droitiers et homophobes dans le punk, qui franchement, fait peur à voir ou à écouter. Les traitements abusifs sur les animaux, la violence, le racisme, le sectarisme, l'élitisme, etc... qui sont tous des réactions révoltantes dans le punk, mais là, va falloir encore couler de l'encre et changer les modes de pensées et comportements moyenâgeux.

22. Et niveau distro, tu t'en sors? Les disques partent bien? De plus en plus de labels (surtout aux States) optent pour la distribution exclusive. Que penses-tu de cette façon de procéder? Est-ce vraiment DIY?
Niveau distro c'est très aléatoire. Ce n'est pas vraiment la fête si tu vois ce que je veux dire (DC – Oh oui!!). La meilleure façon de distribuer et vendre les disques pour moi c'est  aux concerts et en tournée. La VPC ça fonctionne plus ou moins bien. J'ai quelques personnes qui me font des bonnes commandes assez régulièrement mais on n'est pas submergé de paiements c'est sur. J'essaye de garder un suivi sérieux mais la liste de distro n'est que sur internet. Je ne peux pas me permettre de faire des listes papiers et envoies régulièrement, car ça couterais la peau du cul et je file assez de fric à la Poste comme ça déjà. Beaucoup de gens n'ont pas internet et c'est sur que je dois louper des occas de distribuer plus,  mais de toute manière je ne cherche pas à vendre à tout prix. D'après les retours que j'ai, apparemment les distros vendent bien les prods de FFYM, surtout aux USA, au Japon et en Allemagne. Je fonctionne surtout par échanges quand j'en ai les moyens et ça augmente les couts de production considérablement mais pour certains c'est clair que c'est le seul moyen d'avoir nos skeuds. Je refuse en général jamais un échange pour des trucs DIY sauf si je suis dans le rouge total  financièrement. Il faut que je pense aussi à bouffer et garder des thunes pour nourrir mon chien et avoir un peu de coté au cas ou j'ai besoin de payer le véto ou autre. Mais si un gamin des Philippines, d'Indonésie, d'Equateur, du Népal, de Russie ou autre veut absolument de nos prods on trouve toujours une solution. J'ai même échangé de nos prods pour des vielles éditions de LPs d'AC/DC fabriqué en ex-URSS et usagé, juste histoire de faire plaisir à un gamin qui s'intéresse à nos trucs et n'a pas les moyens de les acheter ou de les trouver près de chez lui. Il est logique que je ne vais pas vendre 10 CD d'un groupe Turc complètement inconnu, mais bon on choisi de fonctionner comme ça. Ce ne m'intéresse pas de distribuer des labels en distribution exclusive. Je pense que des labels comme PRANK, SOUND POLLUTION, RELAPSE, KILL ROCK STARS, VERIFORM, 625 ou autres qui passent par des distributions exclusives touchent un peu un autre publique que les gens qui achètent des trucs sur FFYM. Je comprends que certains ne veulent pas se faire chier avec une distro car c'est beaucoup de TAF en plus, des fois on se fait baiser sur des échanges, des fois des colis se perdent et comme je disais ça augment les frais de production. Je pense qu'en passant par la distribution exclusive,  un label peut mieux se consacrer à un groupe et les retombés financières sont peut être meilleur. Personnellement ça ne m'intéresse pas. Je n'ai pas les mêmes objectifs, je ne conçois pas les choses pareil,  je ne paye pas des royalties aux groupes, (à part leur 15 ou 20% de skeuds que eux vendent de leur propre moyens), je ne garde pas toujours en pressage et je ne cherche pas à en vivre. Je ne me sentirais pas confortable à refuser à qui que ce soit d'avoir une de mes prods, ni d'imposer un minimum de commande comme le fait SOUND POLLUTION. Sinon à savoir si c'est éthiquement DIY ou non, tout dépend de quel manière c'est fait, avec qui c'est fait et à quels tarifs? Je n'achète que très rarement des prods pour les revendre car encore une fois je ne me sens pas très confortable avec ce genre de procédés commerciaux. Je peux même t'assurer qu'une distro qui revend un disque à moi, à 8 ou 9 euros se fait bien plus de marge que moi en leur vendant (DC – C'est clair, car généralement le prix wholesale est souvent inférieur à 3€! Après, si la thune est réinvestit dans la scène, pas de soucis). Par contre ça m'arrive de me procurer un skeud de chez Prank par exemple, pour moi-même, car c'est surement un des labels que je préfère musicalement. D'autres comme 6 WEEKS continuent eux quand même à faire les deux. Il faut savoir aussi qu'aux States il y a de nombreux disquaires indépendants qui vendent des disques de la scène DIY et le fonctionnement / raisonnement est totalement différent de chez nous. En même temps je n'ai rien contre un label qui en vie (aussi peu soit ils) du moment où c'est fait avec passion, sérieux et honnêteté. Vaste sujet de savoir ce qui est DIY ou non. On a tous notre définition à ça. Mais j'ai l'impression qu'il y a beaucoup plus de labels DIY que de groupes DIY. J'aimerais que les groupes se prennent un peu plus en main et prennent eux mêmes des risques financiers avec leurs projets. Mais toujours est-il que je pense que les échanges sont indispensables au punk et à l'indépendance. Ce qui permet bien sur des nouveaux contacts et découvertes et de rester ouvert au monde. Pour en revenir au sujet de la distro je pense qu'on est très loin de vendre ce que peux faire MALOKA, FZM ou bien STONEHENGE en France par exemple. Probablement puisqu'on est moins connu, on n'a pas  tout à fait le même catalogue et "eux" ont surement leur "clientèle" fidèle. En tous les cas on essaye de donner un suivi et un service aussi bien et rapide que possible. On prend ça très au sérieux même si on y laisse notre peau la plupart du temps.

23. Quels sont tes principaux projets, pour toi ou le label?
Mes principaux projets personnels sont nombreux et prendront énormément de temps à être réaliser je pense, car les choses n'avancent pas aussi rapidement que voulu. J'essaye déjà d'arrêter de travailler dans des tafs de merde saisonniers où je me fait baiser sans arrêt et finaliser mon projet de devenir instructeur de plongée sous marine à long terme pour pouvoir travailler à l'étranger, soit en Asie, en Afrique ou en Amérique du Sud. Mais ce n'est pas pour demain. Je vais essayer déjà dans l'année prochaine de me consacrer longtemps à ça en Asie, en tant qu'accompagnateur, soit en Thaïlande ou Indonésie. Puis on verra si ça suscitera autant d'enthousiasme par la suite. Un projet aussi de tourneur en tant que conducteur de tournées est en vue dès que je trouve le temps de passer ce putain de permis...ha...Sinon en gros toujours participer à des collectifs occasionnellement, participer à des zines, communiquer, vivre, lutter, m'éduquer, rester loin de l'apathie, essayer de rester positif et apporter ce que je peux aux autres. Profiter des brefs instants de bonheur et continuer le label. Pour ce qui est du label en ce moment sont sortis tout récemment le LP de WITCH HUNT 'Blood Red States' en coprod avec FZM, le LP de FALL OF EFRAFA 'Owsla' en coprod avec ALERTA ANTI FASCISTA, DESKONTENTO, SYMPHONY OF DESTRUCTION, et BEHIND THE SCENES, le LP de PERSONKRETS 3:1 'The Glorious Dead' en coprod avec FIGHT, HALVFABRIKAT, et BLINDEAD PRODS. Le split 7" EP de HAPPY BASTARDS avec KISMET HC est arrivé en même temps et celui ci a été coproduit avec GUERILLA VINYL, UNDER SIEGE, UNDISLESSED et WEEWEE. Faut aller voir sur le site internet pour le reste mais on a aussi des T-shirts de CALAVERA qu'on a fait faire + patchs de FFYM et FALL OF EFRAFA en quantité limité. En projet très proche sont les albums de CALAVERA "A travers spleen et mascarades" CD, la compilation de soutien a EL LIBERTARIO un journal/collectif anarchiste du Venezuela qui sera probablement la plus belle prod qu'on est jamais fait en récoltant aussi 2000 euros de soutien pour eux. La participation au CD de GOLEM OF FLESH (hip hop anti clérical), les split 45 tours de WITCH HUNT / TO WHAT END  et celui de AUKTION / MASS SEPERATION, le 7" de TACHED OUT qui est une tuerie Rock n'Roll punk. L'édition CD du FALL OF EFRAFA et du WITCH HUNT, le split 7" EP de COCHE BOMBA / DIOS HASTIO on espère et on a plein d'autres projets qu'il serrais un peu trop tôt pour annoncer. La claque Hip Hop sera un disque de SINGE DES RUES et surement le split LP / CD de COLLECTIF MARY READ / HOMICIDE du hip hop conscient et DIY de France et d'Indonésie. On espère aussi le LP de CO INCIDENCES VOL 2 entre CALAVERA et TRAUMA. Des T-shirts de FALL OF EFRAFA, TACHED OUT et HAPPY BASTARDS surement bientôt. On améliore le site internet bien sur et prendre plus de plaisir avec tout ça. Il est possible que je sois en tournée soit avec WARTORN ou AUKTION en Mai et avec WITCH HUNT aux USA pour 5-6 semaines à l'automne prochain. On verra.

24. Bon je pense avoir fini, alors si tu veux rajouter un truc, fais-toi plaisir! 
Bon d'abord grand merci à toi David pour l'intérêt que tu portes au label et nos activités ça fait plaisir. L'interview a été franchement intéressante et j'ai beaucoup bavé et raconté ma life...maintenant tu le sais faut pas me laisser la parole...ha...dessolé de prendre 1/5ième de ton zine! Sinon je tiens à remercier tout ceux et celles qui soutiennent ce qu'on fait, les ami/es, tous les groupes, fanzines, organisateurs de concerts de partout, les collectifs, les squatteurs et camionneurs qui décident de vivre autrement, tous les labels avec qui j'ai pu faire des trucs. Grand remerciement à Paria et FZM pour nous avoir sauvés avec le LP de WITCH HUNT ça ne sera pas oublié. Vive l'autonomie, l'indépendance, le DIY et l'entre aide. Longue vie à MONONOKE et à un de ces jours David XXX bises flox

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