DONA MALDAD


DONA MALDAD est un très bon groupe anarcho-punk du Venezuela. Un groupe qui a la rage. Un groupe qui a du vécu. Un groupe qui ne demande qu'à être écouté et soutenu. J'avoue avoir été un peu déçut par cette interview. Je trouve que les réponses sont très courtes et pas tellement développées. Peut être un problèmes de communication? Je ne parle pas un mot d'espagnol… Ou alors ils ont eu du mal à capter mon anglais pourrie!! Je sais pas… En plus il manque les 2 dernières questions!! Enfin, c'est la vie… Pour avoir plus d'infos sur la situation du Venezuela, je vous invite à suivre le lien www.nodo50.org/ellibertario (il y a des textes en anglais) …Sachez qu'ils seront aussi en interview dans WE'RE GONNA FIGHT n°7.

1. Et si vous commenciez par me faire un bel historique de DONA MALDAD. Line-up, quand et comment c'est formé le groupe…
Merci pour l'interview, et pour nous avoir donné cette l'opportunité. DONA MALDAD c'est formé vers 1997… mais nous avons commencés à prendre ça plus sérieusement en 2000. Nous sommes trois gars jouant du punk/HC.

2. Pourquoi avoir choisi ce nom, DONA MALDAD? Que signifie t-il?
DONA MALDAD est la personnification des toutes les merdes et saloperies de cette putain d'humanité… corruption – misère – tuerie – argent…

3. Pouvez-me dire quelques mots sur votre discographie? Qu'avez vous sorti? Faites-vous des reprises? De qui?
Voici notre discographie: split CDr avec ATENTADO – split K7 avec APATIA NO – K7 "y el estado hipocrita" – split EP avec LOS DOLARES – split K7 avec PUNKORA – un triple split avec AUTONOMIA et LOS DOLARES – un split EP avec GENERACION PERDIDA – et un LP " y el estado hipocrita".
Nous ne faisons pas vraiment de reprises… juste une chanson d'un groupe appelé PIPERRAK, juste pour le fun.

4. J'ai remarqué que beaucoup de groupes d'Amérique du Sud sortaient leurs titres sur des cassettes. Est-ce un support important pour les scènes punk HC latines? (Ici, en France, il y en a de moins en moins, sauf dans le hip-hop, avec les mix-tape). Que pensez-vous des CDr?
Ici, c'est beaucoup moins cher de sortir des trucs sur K7… Les CDr sont trop chers… Mais maintenant, les groupes font leur propre label, et chacun se soutient mutuellement… l'autogestion, quoi! Mais le CDr est un bon moyen pour diffuser notre matos.

5. Et les vinyles, il y en circule beaucoup sur votre continent? Au Venezuela, il y a des endroits pour en fabriquer?
Le vinyles c'est chers… et il n'y a pas tellement de demandes… du moins dans notre coin. Il n'y pas d'usine pour en faire pressé, en plus… Nous avons quelques vinyles, parce qu'ils sont sortis sur d'autres labels, comme NOSEKE rds, LES NAINS AUSSI, DEPRAVED rds…

6. Quelles sont vos influences? Les groupes que vous écoutés? Connaissez-vous des groupes d'Europe?
Nous aimons les groupes comme LOS CRUDOS, MIGRA VIOLENTA, GENERACION PERDIDA, FRENTE URBANO, POLIKARPAS, PARAGRAF 119, APATIA NO, DIRT, DOOM… et pleins d'autres encore…

7. Moi, je ne parle pas un mot d'espagnol… donc, pourriez-vous me dire de quoi parles vos textes?
Les textes parlent de nos visions des choses, contre la misère qui découle du système capitaliste… Fuck!

8. Quels sont les livres qui vous ont marqués récemment?
Nous lisons principalement des trucs comme des zines, ou quelques bouquins, bons et mauvais… J'ai lu quelques pages de différents livres… Nous ne sommes pas de grands intellos…

9. Le peuple vénézuélien a t-il facilement accès à la culture? Y a t-il beaucoup de bibliothèques? Le taux d'alphabétisation est-il important?
Il y a très peu de bibliothèques… Et oui, seul les gens riches ont accès à la culture, en général. Le gouvernement essais de maintenir le plus de gens possibles dans l'ignorance!!!

10. Pourquoi, selon vous, les gens (et peu importe leurs pays), préfèrent-ils regarder la télévision, plutôt que lire un livre?
Oui!!! Les gens préfères regarder la télé!!

11. En Europe, en connais surtout @PATIA NO. Il y a de nombreux groupes au Venezuela? Pouvez-vous me parler de votre scène punk HC?
Il y a pleins de groupes, de plus en plus… mais il n'existe pas de scène… beaucoup de groupes à la mode aussi.

12. Vous considérez-vous comme un groupe anarchiste? Que représente l'anarchie à vos yeux? Le mouvement anarcho-punk est-il bien implanté au Venezuela?
Ca représente la liberté, l'autogestion, la solidarité… Il n'existe pas de mouvement anarcho-punk, juste quelques personnes qui progresses pas à pas. Vous pouvez chopper des infos sur le web-site de notre journal, EL LIBERTARIO, c'est le cœur des anarchiste ici. www.nodo50.org/ellibertario

13. Il y a sûrement plusieurs mouvements et collectifs de résistances dans votre pays. Pouvez-vous-m'en parler? Qu'en pensez-vous? Les idées libertaires touchent-elles des personnes non punk?
Il n'y a pas plusieurs mouvement de résistances! Ca se limite à quelques groupes de personnes ayant un message libertaire…

14. Y a t-il déjà eu des manifestations contre le capitalisme, le FMI… Vous y avez participés? Il y a de la répression contre tous ces activistes? Pensez-vous que ces contres-sommets peuvent avoir un réel impact sur les "maîtres du monde"?
Oui… Nous y avons diffusés du matériels et nos idées. Distribuer des tracs à l'université, peindre des slogans… Il y a eu quelques démonstrations (à Caracas) et de bonnes journées libertaires. Bien sur, énormément de répressions! Les démonstrations peuvent avoir de l'impact sur au moins une personnes, et ça, c'est très important.

15. L'autogestion, ça signifie quoi exactement? A quels niveaux l'appliquez-vous? Est-ce un moyen concret de faire tomber le capitalisme? (en contrôlant les moyens de productions, par exemple)
L'autogestion est un des rouages les plus important pour contrer le capitalisme. Nous essayons de tout faire par nous même, et je veux aussi dire, dans notre vie.

16. Les squats, vous en avez? Est-ce illégal? Tout juste toléré par la loi? Si vous pouvez en dire un peu plus…
Si tu parles des squats comme en Europe… non, pas au Venezuela. Quelques personnes occupent des propriétés privées… et cela devient habituel.

17. Et l'armée? Vous aimez bien?!? Est-ce que le service militaire est obligatoire chez vous? Si oui, combien de temps ça dure? Il y a des combines pour y échappé?
Bien sur que nous DETESTONS l'armée… qui est effectivement obligatoire.

18. Votre pays est-il touché par les guérillas? Qu'en pensez-vous? Quelles sont leurs tendances? (nationaliste, révolutionnaire, dictature…)
Il y a eu quelques guérilleros dans les années 60… tendance Marxiste. Comme dans toute l'Amérique du Sud, les Marxistes cherchaient le pouvoir.

19. On sait qu'i y a eu une énorme crise en Argentine et en Uruguay. Qu'en est-il au Venezuela? Avez-vous des informations sur le plan social?
Pour avoir de meilleurs infos, vous devriez aller sur www.nodo50.org/ellibertario

20. Pouvez-vous aussi me parler du coup d'état contre le président Chavez? Que pensez-vous de lui et de sa politique? Il est de gauche, n'est-ce pas? Est-ce vrai que certains punks et anarchistes le soutiennent?
www.nodo50.org/ellibertario

21. Avez-vous un avis sur le vote? N'est pas une façon de choisir son maître? Voter à gauche ou du coté du moins pire, est-ce une solution? Expliquez-moi comment fonctionne le système électoral du Venezuela?
www.nodo50.org/ellibertario

22. Voici une liste de mots. Dites moi ce que vous en pensez:
§ U$A = impérialisme = mort
§ Frontières = divide y fanceras… son mierda! (Pas tout à fait sur, car j'ai eu du mal à déchiffrer son écriture!)
§ Internet = nous pouvons l'utiliser pour l'attaque!
§ Communisme = une énorme dictature… Ca n'a jamais existé!!!
§ Straight edge = un bon choix… mais pas pour moi!


Juan Pablo Nunez
AP 10536 - Bella Vista
Maracaibo 4002 “A”
VENEZUELA - South America
www.no-pasaran.org
cruste@no-pasaran.org


Tout ce que vous vouliez savoir sur le chavisme et sur l'anarchisme aujourd'hui au Venezuela et que vous n'osiez pas demander.

1 - Les anarchistes sont-ils des "escualidos"*?
Escualido est avant tout une qualification médiatique, dépréciative, qui ne signifie rien sur ceux qu'elles désignent. Nous aurions besoin de définir ce que cela signifie pour évaluer quelqu'un désigné comme tel. Mais si dans tous les cas sont nommés ainsi, ceux qui ne veulent pas soumettre leur liberté et leur autonomie, à l'autoritarisme d'une personne, d'un parti, d'un mouvement, alors nous le sommes. Mais si avec ça on veut dire que nous soutenons des courants identifiés comme libéraux, ou des élites qui expriment du mépris envers les majorités et retournent à des formes d'organisation socio-politiques dépassées par l'histoire et à des visions démocratiques restrictives dans la pratique, nous ne le sommes pas.

* escualidos : employé par les chavistes pour désigner l'opposition réunie autour de la coordination démocratique (ou l’ensemble des partis opposés à Chavez). Signifie gringalets.

2 - Ne pas soutenir le régime de Chavez, signifie-t-il appuyer la Coordination Démocratique?
De fait nous n'appuyons ni le régime de Chavez ni la Coordination Démocratique: une chose ne signifie pas son contraire. Nous pouvons coïncider dans quelques actions proposées par les uns et les autres, avec certaines déclarations des uns et des autres, mais fondamentalement nous critiquons la majorité des faits et des discours des deux groupes. Nous répudions la frustration des espérances de ceux qui ont appuyé Chavez, mais nous refusons d'exalter les obscures manœuvres d'un groupe d'opportunistes qui a pris les rênes de manière transitoire de la protestation d'opposition. Et surtout, nous ne pouvons pas, par principes, appuyer ceux qui fondent la recherche d'une vie meilleure en subordonnant des personnes à la hiérarchie étatique, ce que prétendent les deux groupes.

3 - Chavez parle de souveraineté populaire et de participation. Ceci ne fait-il pas partie du projet anarchiste?
Il n'y a pas de leadership permanent dans l'anarchisme, mais il peut y avoir des personnes déléguées, sous contrôle de ceux et celles qu'elles représentent, et dans des circonstances précises. C'est ça l'expression de la souveraineté et de la participation, ce que n'existe pas dans le processus de Chavez, ni dans aucun autre basé sur le pouvoir et l'Etat. Chavez dit beaucoup de choses mais c'est lui-même qu'il faut regarder, ce qu'il fait et non ce qu'il dit. Ce qu'il fait n'a rien à voir avec la souveraineté populaire et a tout d'une souveraineté militaire*. Le chavisme soutient la participation populaire des gens tant que celle-ci le légitime. Et il suffit de voir la réaction des chavistes sur le référendum, soutenu par ses adversaires, pour comprendre ce que Chavez entend pas participation.
* dans le sens d’une oligarchie militaire qui détient le pouvoir.

4 - Chavez appelle à s'opposer à l'oligarchie et à l'impérialisme. Même si son projet n'est pas libertaire, ne serait-il pas mieux de faire une alliance stratégique avec lui, et une fois tombée l'oligarchie et le golpismo (stratégie du coup d'état), essayer de faire la révolution anarchiste?
Etablir des alliances stratégiques est une forme d'action politique destinée à la prise du pouvoir par un groupe allié, alors que nous, anarchistes, nous cherchons la destruction du pouvoir et la participation de tous et toutes. La déroute de l'oligarchie et du golpismo (expressions de propagande chaviste), si cela arrivait, servira seulement à consolider le pouvoir dans les mains de ceux qui l'ont gagné, ce qui nécessairement créerait une nouvelle oligarchie. Le pouvoir ne se distribue pas mais se concentre. Cela rendrait réellement plus difficile la révolution anarchiste. Et en plus il est inexact d'identifier le chavisme à une lutte contre le golpismo, sa propre origine remontant au coup d'Etat fomenté par Chavez en 1992. La lutte contre le gouvernement de quelques uns (l'oligarchie), dans les régimes étatiques se résume à remplacer une oligarchie par une autre. Quand à la lutte contre l'impérialisme, il suffit de regarder ce qui se passe dans l'agriculture, dans le pétrole, dans l'industrie et dans le travail pour se rendre compte qu'ils sont plus les valets de l'impérialisme que ses ennemis.

5 - S'il y avait des élections anticipées ou un référendum, comment voteraient les anarchistes?
Les anarchistes n'ont jamais considéré que le vote électoral était la bonne manière de participation, parce que, élire des maîtres ne nous rend pas plus libres. Parce que le référendum est un média nouveau, il faudrait plus débattre sur la conduite spécifique à avoir, d'autant plus lors d'un référendum consultatif. Nous soutiendrions un référendum révocatoire de tout le pouvoir si cela signifiait le commencement d'une démocratie directe, par la base et la participation de l’ensemble de la société.

6 - Les "Cercles Bolivariens" sont des groupes communautaires et horizontaux de participation populaire. Les anarchistes ne devraient-ils pas appuyer toutes les organisations de base?
L'identification idéologique et l'apparente subordination des cercles à la politique officielle est un obstacle trop important pour pouvoir initier à partir d'eux un mouvement autonome, de base. Pour ce que nous avons vu du fonctionnement des cercles bolivariens, c'est incompréhensible de parler de participation horizontale quand ses membres ne font que répéter les opinions venant du "leader indiscuté du processus". En plus nous avons l'expérience au Venezuela de nombreuses autres organisations de base (comme les syndicats, sans aller plus loin), qui fonctionnent comme les tramways : en recevant le courant depuis le haut.

7 - Les anarchistes se trompent quand ils critiquent l'armée. La force armée vénézuélienne, à la différence des armées impérialistes est de racine populaire, nationaliste et peut soutenir un projet révolutionnaire.
Depuis que sont apparues les armées modernes en Europe, aux 17 et 18ème siècles, les soldats sont toujours venus des couches populaires et les troupes des dictatures latino-américaines n'ont pas été constituées par les couches sociales privilégiées. La raison d'être de l'armée, qui est la défense d'une structure de pouvoir et de ses détenteurs, n’appuiera jamais une révolution en faveur des opprimés. Au mieux elle pourrait changer une personne par une autre et quelques règles de la structure du pouvoir, mais en aucun cas elle pourrait l'éliminer parce que son essence est le commandement et l'obéissance. Pour cela nous ne supportons aucune armée, ni la police, ni les privilégiés qui peuvent utiliser la force et les armes contre d'autres gens, à leur seul profit.
Le nationalisme n'est pas une vertu défendue par l'anarchisme, parce qu'il implique de limiter les intérêts à certaines personnes, enfermées artificiellement dans un territoire-nation, qui se considèrent différentes, parfois même supérieures aux autres. Nous sommes les ennemis de tous types de privilèges, que ce soit par naissance, race, culture, religion ou lieu d'origine.

8 - Selon Chavez, son projet est de faire une révolution pacifique et démocratique. Les anarchistes ne devraient-ils pas attendre que la révolution soit un peu plus avancée avant de critiquer le processus?
Chavez parle de révolution, mais ses paroles ne sont pas suffisantes pour nous faire croire qu'il la fait et qu'il doit être soutenu. Il y a trop d'autocrates sur ce continent qui ont dit la même chose sans qu'il y ait eu des possibilités raisonnables de les soutenir. Dans notre cas il y a eu une révolution dans le sens ou notre façon de vivre a été bouleversée dans plusieurs domaines, mais le peu de construction qu'on voit ne nous pousse pas à appuyer cette révolution. Aider à sa consolidation c'est rendre les choses plus difficiles à changer, parce que les changements auxquels nous aspirons vont dans une direction bien différente de celle prise par le processus, qui se montre inefficace, de travers, avec des attitudes et des personnages que nous répudions comme ces signes évidents d'autoritarisme.

9 - Il y a des libertaires qui disent appuyer le Processus Bolivarien. Si on dit d'eux qu'ils sont moins anarchistes, cette accusation n'est elle pas contraire à l'esprit antidogmatique de l'anarchisme?
L'anarchisme n'est pas un état animique, c'est une manière d'affronter les changements de circonstances sociales, en cherchant le bien-être de chacun-e, avec des propositions qui viennent des individu-e-s, qui se discutent, sont adoptées ou refusées par tout le monde selon des circonstances spatio-temporelles déterminées. Tout le monde peut s'auto définir anarchiste, nous n'avons pas de carnet, ni de baptême qui nous identifie. Seule l'interaction mutuelle peut nous situer et ce sont les autres anarchistes qui nous rendent compte de notre appartenance ou non au mouvement, en fonction de notre conduite et de nos idées. Un principe fondamental de l'anarchisme est la fusion entre la fin et les moyens, autant en théorie qu'en pratique. Eloigner ces aspects, fruits des conjonctures ou des opportunités, sont des décisions qui doivent être évaluer avec honnêteté par tout un chacun, selon ses apports à l'idéal libertaire.

10 - Les anarchistes ne font que critiquer sans rien apporter. Quelles sont leurs propositions pour sortir de la crise actuelle au Venezuela ?
Notre lutte n'est ni conjoncturelle, ni de circonstances. Nous devons adopter la vie collective et individuelle avec de nouvelles modalités, ce qui consiste en ce que notre existence soit en nos mains propres, de manière sincère et honnête, en nous éduquant dans l'étude des autres et en relation avec eux, en sachant que notre liberté s'étend avec la liberté des autres, en respectant l'égalité, les différences ne créant pas de supériorité. En ayant toujours en mémoire que notre vie est possible grâce aux autres, nous devons faire attention à leurs intérêts pour pouvoir ainsi atteindre les nôtres, intérêts auxquels nous ne devons pas renoncer parce que nous aspirons à profiter d'une existence pleine. Chacun vit sa vie et en est responsable, face aux autres et face à soi, mais personne ne peut assumer notre rédemption. Pour tout cela nous n'avons qu'une recette. Où toutes les propositions et les actions sont le résultat d'un effort conscient, effort auquel individuellement et collectivement, nous apportons notre participation la plus enthousiaste.

Ce texte est tiré de l'insert du LP de DONA MALDAD et a été traduit par Ludo lbeney@voila.fr
Un énorme merci pour son aide!!

[MONONOKE #02]