COJOBA est un groupe de Porto Rico,d'inspiration anarcho-punk , même
si l'album sonne beaucoup plus lourd et hardcore. Je leur ai donc posé
quelques questions, pour en savoir un peu plus sur leur groupe et sur
la situation de leur pays. J'espère sincèrement que vous
vous pencherez sur ce groupe intéressant. C'est la chanteuse
Taina, et le guitariste Javier qui répondent.
1. Pouvez vous commencé par un petit rappel sur l'histoire
du groupe?
T: COJOBA à été formé en Août 1995.
A cette époque, nous étions: Taina au chant; Javier à
la basse + boite à rythmes; et Gilbert à la guitare. Avec
ce line-up, nous avons fait beaucoup de concerts à travers l'île,
et avons réalisé notre première démo "Espiritu
De Punk". Au bout d'un moment, Gilbert quitta le groupe, ainsi,
Javier et moi enregistrions nous même notre seconde démo
"Vienen Por Nosotros": Javier s'occupa de la basse, de la
boite à rythme, et de la guitare, ainsi que de la production
et du mixage, ce qu'il fit pour toutes nos réalisations jusqu'à
présent. Pour notre troisième enregistrement "Jugando
Con Fuego", nous avons pris un vrai batteur, et un nouveau bassiste,
Rollin, le jeune frère de Javier. Javier prit alors la guitare.
Avec ce line-up, nous firent notre première tourné. Nous
sommes allé à Caracas, au Venezuela, où nous avons
fait un paquets de concerts avec @PATIA NO et 11011. Dernièrement
nous avons changé de batteur, et avons accueillis David. Avec
lui, nous avons tourné en Espagne, au Pays Basque, en France
et en Belgique, en Février 2002. Au même moment, nous enregistrions
un EP en France, sur le label NEW WAWE rds; et préparions un
cd contenant nos première démos, avec l'aide de Yann Boislève,
lui aussi de France. Pour finir avec une anecdote, je peu dire que pleins
de gars qui ont joué avec COJOBA, ont été les anciens
membres du groupe SHAME PAIN, un des premier groupe punk/hc de Porto
Rico. Ils avaient sorti un EP sur Computer Crime rds, du Connecticut,
en 1992, (que beaucoup d'anciens doivent se rappeler).
2.
Que signifie COJOBA? Pourquoi ce nom pour un groupe?
T: Cojoba est un arbre qui pousse dans la région de Caribbean,
et qui produit une graine qui était utilisée par les Tainos
(les habitants indigènes de notre île), "pour parler
à leurs dieux". Comme nous sommes tous de Caribbean, et
que mon prénom est Taina (féminin de Taino), nous trouvions
que ce nom nous allait très bien.
J: j'ai suggéré ce nom car il signifie un rapport avec
la nature, l'histoire, et le mystère.
3.
De quoi parle vos textes? Il y a toujours une traduction en anglais
dans vos livrets, c'est important pour vous que tous le monde comprenne
vos paroles?
T: Nos textes abordent pleins de sujets différent, de nos opinions
personnel à des thèmes historique, en passant par la situation
politiques ou nos idées. Nous accordons une grande importance
à nos textes, car le punk/hc est avant tout un instrument qui
véhicule un message de liberté et de justice.
J: Avec ce groupe, j'ai compris que les paroles étaient la seule
raison pour laquelle nous jouions. Nous voulons que tous le monde entende
se que nous avons à dire, et c'est pourquoi il est important
que tous les gens nous comprenne.
4.
Quelles sont vos influences? Vous écoutez quoi en ce moment?
T: j'ai pleins d'influences, et beaucoup d'entre elles n'ont aucun rapport
avec la musique. Juste regarder autour de moi et noter se qui se passe
chaque jours, me donne assez d'idées pour écrire une chanson.
Mes groupes favoris sont JMKE (Estonie) et SIN DIOS (Espagne), mais
derrière, il y a aussi LA FRACTION (France), @PATIA NO (Venezuela),
BURNING KITCHEN (Suède), CONFLICT OK! (Estonie), BERURIER NOIR
(France), PETROGRADE (Luxembourg), et des tonnes d'autres que je ne
me rappelle plus en ce moment.
J: Je n'ai pas vraiment d'influences, car quand je créé
quelque chose, j'essai d'être le plus originale possible. J'aime
pleins de trucs, ancien et nouveau… musique, littérature,
films, science, histoire, religion…et tout art qui est de façon
ou d'autre provoquant ou contre la norme.
5.
Combien de concerts à votre actif? Déjà joué
en dehors de Porto Rico?
T: Je n'ai absolument aucune idée du nombre de concert que nous
ayons fait, hé hé hé, mais je peux te dire que
nous ne jouons pas autant que l'on aimerai à causse des problèmes
dans les changements de line-up. (Je devine que nous attendons trop
de discipline de nos camarade, hé hé hé!!). Au
moins nous avons joué en dehors de Porto Rico! Comme je le disais
avant, nous avons joué au Venezuela en 2000, et en Europe en
2000… et actuellement plus de voyages sont programmés…
6.
Comment se déroule vos concerts? Avez vous été
confronté à la violence?
T: Nos shows sont en générale très fun. Nous avons
appris par notre expérience, que l'ambiance dépens du
groupe sur scène, et pas nécessairement du public, ainsi
qu'il y ai 5 ou 500 personnes dans la salle, nous jouerons toujours
avec la même énergie. Il y a quelques années, il
y avait plus de problèmes avec la violence, mais actuellement,
c'est très rare de voir des bastons aux concerts.
J: Nous avons joué dans pleins de lieus différent, avec
pleins de groupes différent, et bien sur devant différent
publics. Il y a toujours eu des poivrots, des fouteurs de merde, partout,
mais les kids savent comment passé un agréablement moment,
et sans se comporté violemment.
7.
Comment est la scène à Porto Rico? Groupes, zines, labels…
T: La scène locale est assez importante. Il y a un paquet de
groupes, mais le problème, c'est que très peu sont vraiment
politisé, ou dans l'esprit D.I.Y. Il y a plusieurs zines, qui
ne sortent jamais régulièrement (inclus le mien Zinevergüenza),
mais ils sont très bien. Pour les labels et distros, et bien
chaque groupes réalisent eut même leurs disques, et par
conséquent ont leur propre label et distro. Quelques exemples:
ODIO SIMPLE (Simple Oi! rds), TROPIEZO (Discos De Hoy), LOS ESPECTROS
(Caspa rds), et nous avec Anaconda rds. Comme tu le vois la meilleur
façon de faire connaître son disque, c'est l'échange,
ainsi chacun échange et distribue.
8.
Que pensez vous de la scène straight edge de Porto Rico?
T: Et bien il y a quelques personnes qui se considèrent eut même
sXe, mais je ne dirais pas qu'il y ai vraiment une scène sXe
ici. Je pense que chacun est d'accord avec leur idéal, tant qu'ils
ne l'imposent pas aux autres.
J: Il y a plusieurs sXe kids à Porto Rico. Beaucoup jouent dans
des groupes ou organisent des shows. Une scène sXe à Porto
Rico… je ne sais pas. Je pense que les punks, les anarchistes,
les sXe, les vegans, les skins… doivent travailler, jouer, s'organiser
ensemble, parce que nous avons pleins de choses à réaliser
en commun. Si chaque tendances devient un nouveau label, la scène
s'affaiblira et moura.
9.
Est ce que les problèmes de la drogue touche la scène?
T: Au début des années 90, la drogue était un gros
problème pour notre scène. Beaucoup de personnes que je
connaissait étaient accro à l'héroïne, et
tandis que quelques uns ont pu se débarrasser de ce penchant,
d'autres ont on crevé. Maintenant la drogue n'est plus un gros
problème, mais ça ne signifie pas qu'il n'existe plus
dans la scène.
J: Oui définitivement. La drogue affecte l'individu, et par extension
touche la scène. D'un autre coté, il y a le point de vue
scientifique, qui est: sexe + drogue + rock'n'roll = fun!!!
10.
Que faite vous en dehors de COJOBA?
T: Nous avons notre label, Anaconda Rds, nous essayons de publier notre
zine Zinevergüenza de temps à autre. Nous travaillons aussi
sur notre site Internet pour promouvoir notre matos. J'essai aussi de
contribuer aux autres zines. Javier joue de la basse avec ACTITUD SUBVERSIVA,
et David joue avec TAVU.
11.
Avez vous un boulot? Quelle est votre opinion sur le monde du travail/
exploitation?
T: En ce moment je bosse comme reporter pour un journal local. Je travaille
également comme traductrice quand j'en ai l'opportunité.
J: Le punk rock, c'est comme le crime, ça ne paie pas!! Ainsi
nous continuons à faire des boulots chiant pour s'en sortir.
Je fais des petits services de livraison pour une compagnie. Mon frère,
Rolin, travaille avec moi.
T: David vend des lunettes de soleil dans le centre. Pour des gens comme
nous, le travail, est malheureusement nécessaire, ne serait se
pour économiser de l'argent afin de tourner dans d'autres pays;
parce que nous vendrons jamais assez de disque.
J: Et pour répondre à ta question, le monde du travail
pue!
12.
Comment est le mouvement anarchiste à Porto Rico?
T: Quasi inexistant. Comme je te l'ai dis avant, notre scène
n'est pas très politisée, et même si certains d'entre
nous le sont, nous sommes vraiment une poigné de personne à
se revendiqué anarchiste. Ici il n'y a pas de squattes, de radios
libre, ou de collectifs. Cependant, de temps à autre nous nous
réunissons pour organiser et favoriser des issues telles que
la libération de cinq prisonniers politique incarcérés
aux U$A. Je pense que nous devrons être plus organisé pour
qu'apparaisse un vrai collectif.
J: Quel mouvement anarchiste? A Porto Rico? Jamais entendu d'un truc
comme ça…
13.
Est ce qu'il y a des squattes chez vous?
T: Oui, mais pas vraiment associés à la scène punk.
Le mouvement squatte d'ici est composé de famille sans domicile
qui on investit des propriétés privées, afin d'y
faire naître des communautés. Certains ont duré
des années.
14.
Suite aux attentats du 11 Septembre 2001, y a t-il eu plus de répression
sur les mouvements sociaux?
T: Bien sur! A Porto Rico, il y a encore plus de répression pour
les suspects habituels: les étudiants et la plupart des professeurs
(connu pour être fortement dissident), ainsi que sur les mouvements
qui lutte pour l'indépendance de notre pays. Le 11 Septembre
est juste une nouvelle excuse pour réprimer les peuples, dans
les années 90 c'était la guerre contre la drogue, maintenant
c'est la guerre contre le "terrorisme".
J: le peuple est tellement effrayé et ignorant qu'il soutient
la chasse aux sorcières du gouvernement sur tout "ce qui
semble être terroriste".
15.
A porto Rico, est ce que le mouvement anti-capitaliste/ globalisation
prend de l'ampleur?
T: Il y a eu d'importante protestations contre la privatisation, qui
est un des résultats de la globalisation des marchés,
mais ça c'est passé en 1998. Les gens d'ici sont plus
impliqués dans l'action locale, et moins concernés par
ce qui ce passe à l'extérieur.
16. Y a t-il un mouvement féministe à Porto Rico?
En tant que femme, a tu déjà eu droit à des réflexions
sexistes de la par du public, ou d'autres groupes?
T: Il y a plusieurs groupes féministe différent à
Porto Rico, mais la majorité sont composés par des femmes
d'affaire, et n'ont rien à voir avec la scène punk. Je
ne me rappelle pas avoir entendu de remarque sexiste lorsque j'étais
sur scène, mais j'ai déjà entendu des gars qui
disaient des trucs style "les femmes ne peuvent pas jouer de hardcore",
ou encore "les femmes ne connaissent rien à la musique".
Des pur conneries bien sur, et si c'était la vérité,
je ne pourrais pas répondre à cette interview, n'est ce
pas ?
17.
Est ce qu'il y a beaucoup de femmes impliquées dans le punk/
hc à Porto Rico?
T: De nos jours il y en a plus qu'auparavant, ce qui est super. J'en
vois qui organisent des concerts, vendent des disques, ou bien jouent
dans des groupes, et soutiennent la scène, et j'aime ce que je
vois actuellement.
18.
Comment est la vie des femmes au quotidien à Porto Rico? En quoi
la religion a t-elle un impact sur elles?
T: La vie des femmes est assez standard par rapport aux femmes des U$A,
mais à Porto Rico la violence domestique est galopante, chaque
jours dans les news, on vois des femmes qui ont étés tuées
par leur mari ou leur ami. L'impact de la religion dépend de
la croyance religieuse de chaque femme (ou son manque de croyance)
19.
Est ce que votre pays est très religieux? Est ce que la religion
touche la scène punk?
T: De manière hypocrite, oui, Porto Rico est assez religieux.
Les gens d'ici ce cachent derrière un "dieu", pour
protéger leurs traditions/ réputations, mais très
peu mettent en pratique les règles ou les philosophies de leurs
religions. Dans le punk, il y a quelques personnes qui sont dans la
religion, et même si je ne suis pas d'accord avec leurs points
de vue, je respecte leurs choix.
20.
Porto Rico est une dépendance des U$A. Jusqu'à quel point
la culture américaine influence t-elle sur votre pays? Y a t-il
un mouvement anti-américain? Est t-il extrémiste?
T: Porto Rico a été une colonie des U$A pendant plus d'un
siècle. La culture américaine est en permanence partout,
dans chaque pays, et aussi à Porto Rico. Statistiquement, les
porto ricains consommes plus, par habitant, que les américains,
pourtant inventeur de la consommation de masse! Il n'y a pas de mouvement
anti-américain à Porto Rico, mais plutôt des mouvements
anti-impérialistes. Quelques un des ces groupes, comme les Macheteros
par exemple, ont étés très violent. Dans la première
moitié du siècle dernier les Nationalists ont également
utilisés des méthodes violente, comme l'attaque de l'U$
Congress. Actuellement il n'y a pas vraiment de mouvement violent actifs.
21.
Que reste t-il des indiens Arawak? Etes vous intéressez par l'histoire
de votre pays, de vos ancêtres?
T: Les Arawaks, mieux connus ici sous le nom de Tainos, ont historiquement
disparus vers 1900. Quand les conquistadors espagnoles ont envahis l'île
au début de 1500, ils ont réduis les Tainos en esclavage,
et beaucoup mouraient à causse de l'exploitation, ou bien encore
des nouvelles maladies venues d'Europe. Ce qu'il reste des Tainos, c'est
une influence linguistique. Beaucoup de nos villes, rivières,
lacs et montagnes ont des noms Tainos. Je trouve que l'histoire de Porto
Rico est très intéressante.
22.
Y a t-il des mouvements fascistes chez vous?
T: En dehors des parties politique, il n'y a pas de groupe fasciste
organisé.
23.
Et le milieu skinhead, comment est il? Plutôt à droite/
SHARP- RASH/ ou apolitique?
T: Il y a une scène skinhead ici, et tous sont proche du SHARP/
RASH, plus ou moins apolitique. Beaucoup d'entre eux sont des gens cool,
et fond de la bonne musique hc et oi!
24.
Quels sont vos projets?
T: Nous allons enregistrer quelques morceaux pour des compilations de
différent pays, et aussi un LP qui devrait voir le jour à
la fin de cette année. Nous allons essayer de tourner un peu
plus cette année.
25.
Dis moi quelques mots sur ton pays. Qu'est ce que tu aime et déteste
à Porto Rico?
T: Porto Rico est une superbe île (archipel actuellement), avec
des plages ensoleillées, des montagnes, et de verte forets tropicales.
Il y a aussi des grosses villes avec des millions de voitures (des grosses
SUV essentiellement) entassées à l'intérieur. Le
pays est équipé avec les dernières technologies
et attractions pour les consommateurs endurcis, comme le plus grand
centre commercial de Caribbean. C'est un bon endroit pour vivre, mais
le gouvernement et la bureaucratie ne facilite pas toujours les choses.
26.
Finie comme tu veux…
T: Bien merci pour cette intéressante interview, David. Nous
espérons bientôt retourner en France pour y joué!
Si quelqu'un veux nous contacté, ou commandé la liste
des disques que nous distribuons, s'il vous plait, écrivez nous!
Taina
Calle 7C19 Metropolis
Carolina
Puerto Rico 00987
[MONONOKE #01]