BRIXTON CATS est un jeune groupe de la région parisienne, très
proche de la scène RASH. J'avais lu beaucoup de bien sur leur
demo, et lorsque j'ai eu l'occasion de l'écouté…
whaou, j'ai de suite accroché! Un détonnant mélange
de oi, punk-rock et anarcho, renvoyant autant à la BRIGADA FLORES
MAGON qu'aux défunts HEYOKA. Sachant que leurs textes sont bien
politisés, j'aurais bien aimé que certaines de leurs réponses
soient un peu plus développées… Cette interview
reste tout de même bien intéressante, et, c'est bien l'essentiel!
01.
Bonjour les Cats! Vous allez bien? Et si vous commenciez par vous présenté!
Qui êtes-vous, activités…
On s’appelle BRIXTON CATS. Le groupe est formé de JB à
la batterie, de Jeff à la basse, Mathieu à la guitare,
et Solen au chant.
02.
Pouvez-vous me balancer une petite bio? Histoire de savoir comment est
né le groupe, quels sont vos antécédents musicaux…
Dans quel but avez-vous formez BC?
Le groupe s’est formé il y a un peu plus de deux ans. A
l’époque Victor et Tristan ( respectivement ex-guitariste
et guitariste actuel de la BRIGADA FLORES MAGON) officiaient à
la guitare. Quelques mois plus tard Victor est parti vivre au Mexique,
puis Tristan s’est consacré exclusivement à la BRIGADA.
C’est à ce moment que Mathieu a rejoint la formation pour
reprendre la guitare. En fait, on a tous toujours eu envie de faire
de la musique, par ailleurs JB a aussi été guitariste
d’EMBUSKADE et Mathieu joue aussi dans PARANOI.
03.
Coté influences, vous vous situez où? Quels sont les groupes
qui vous ont motivez à jouer du punk-rock? Vous faites des reprises?
Les groupes qui nous ont motivés et inspirés sont nombreux,
par exemple il y a PARABELLUM, CAMERA SILENS, LSD, THE CLASH…
Coté influences, JB a pas mal écouté de hardcore
old school, du rocksteady, du ska. Pour Mathieu c’est le hardcore
mais aussi le métal, la oi, le ska, Jeff est très porté
sur le punk 77 à la CLASH, STIFF LITTLE FINGER, ou encore 999,
et quant à Solen, elle écoute du punk 77 comme UK SUBS
ou THE PARTISANS mais aussi du reggae 70's, du dub, de la new-wave genre
JOY DIVISION… Sinon on a repris entre autres les CLASH, l'INFANTERIE
SAUVAGE, SOCIAL DISTORTION…
04.
Quel est votre avis sur la scène punk actuelle de l'hexagone?
Avec quels groupes avez-vous des affinités? Qu'est-ce qui différencie
la scène actuelle de celle des années 80's ou 90's?
Actuellement la scène punk antifa se porte plutôt bien.
Il y a pas mal de nouveaux groupes et toujours les anciens comme la
BRIGADA FLORES MAGON, STAGE BOTTLES, YA BASTA, OI POLLOI, LOS FASTIDIOS,
LOS TRES PUNTOS, CONFLICT et j’en passe. Il suffit de regarder
la liste des groupes qui joue au Rude Boy Unity à Genève
ou au festival Barricata à Paris. On est très potes avec
la BRIGADA, à qui on doit beaucoup par ailleurs! Il y a aussi
les Bordelais de LOS FOIROS ou SONS DE LUCHA, sans oublier les Parisiens
de PARANOI et RED RIOT pour ne citer qu’eux (les meilleurs!).
En ce qui concert les années 80 et 90, pour les ¾ du groupe,
on est trop jeune pour les avoir réellement connues. Pour ce
que l’on en sait, il n’y a pas à faire de comparaison
"mieux ou moins bien", nos aînés ont surtout
fait beaucoup de ménage dans la scène. Les groupes de
RAC (Rock Against Communism) et de RIF (Rock Identitaire Français)
sont maintenant marginalisés mais il faut rester très
vigilant, c’est aux nouvelles générations de continuer
ce boulot.
05.
Je sais que vos textes sont politisés, mais vous pouvez m'en
dire un peu plus? Quels sont les sujets abordés, qu'espérez-vous
faire passer à travers vos paroles? Qui les écrits?
Notre anticapitalisme comme notre antifascisme sont indissociable de
notre musique. Nos textes reflètent une pensée, une humeur,
que l’on souhaite partager avec le public lors de nos concerts
ou via un enregistrement. Ceci dit, on est pas des prophètes,
notre but n’est pas de convaincre, on se contente d’exprimer
nos opinions, libre aux gens d’y adhérer ou non…
Sinon on participe tous aux textes, comme à la musique.
06.
Pensez-vous qu'il y a des sujets trop rarement abordés dans le
punk? Lesquels?
Disons qu’il y des thèmes récurrents dans le punk,
ceci dit vu la quantité de groupes dans le monde, ce serait difficile
de faire un constat.
07.
Comment jugez-vous votre CD demo maintenant? L'accueil a t-il été
favorable et encourageant? Y'en a eu combien de fourgué?
On est très content de cette démo, elle a plutôt
bien marché vu que les 500 exemplaires ont été
vendus. Ca nous a permis de nous faire connaître. En ce qui concerne
l’enregistrement, tout a été fait en DIY. Le résultat
est plus qu’honorable même si avec le recul le son n’est
pas extraordinaire, ça reste une bonne démo, une première
expérience d’enregistrement.
08.
Avez-vous lu la chronique de mon pote Seb (WGF) dans le zine Contre-Culture
5? Vous en pensez quoi?
On l’a lu. Ton pote pense ce qu’il veut, c’est sûr
qu’en France, actuellement, tout va bien dans le meilleur des
mondes ! ? ?… Ceci dit, on en verra ça directement avec
lui s’il se déplace à l’un de nos concerts.
(DC- Pour info, Seb a écrit une chronique très longue,
limite colonne. Il y critiquait, de façon constructive et surtout
pas gratuite, les textes du groupe, qu'il jugeait quelque peu disproportionner
par rapport notre situation sociale, en France)
09.
Au passage, que pensez-vous du zine Contre-Culture, et de sa volonté
de rapprocher les différentEs activistes du milieu anarcho-punk?
Quels sont vos zines favoris?
C’est un fanzine intéressant, on verra ce que donnera la
nouvelle formule, à suivre donc. Pour ce qui est de nos fanzines
favoris il y a avant tout Barricata, le fanzine du Rash Paris, auquel
on participe à la rédaction. De fait on connaît
le travail et l’organisation que peut demander le fanzinat. Il
y a aussi No Government, New Wave, My Way…
10. Finalement, n'a-t-il (toujours Seb!) pas raison lorsqu'il
parle du coté mytho de vos paroles (chose qui concernent de nombreux
groupes)? N'est-ce pas un peu facile de crier aux armes ou d'appeler
à lutter jusqu'à la mort… lorsque l'on vit dans
un pays très calme et loin des véritables conflits armés?
Y'aurais un peu de fantasme guérilleros aussi?
Mythos ? !… Restons polis…Violences policières, procès
d’antifas en vrac, galères de tafs, de thunes, intégrisme
religieux et autres fascistes en tout genre. On doit pas vivre dans
le même monde! (DC – Oui, ç'est possible, on ne vit
pas dans le même monde!! J'habite en France et pas en Colombie
ou au Kazakhstan!! Bon, loin de moi l'idée de dire qu'en France
tout va pour le mieux ou de nier des problèmes bien réels,
et qui risque de s'empirer, j'en ai la certitude. Travail obligatoire,
appel à faire plus d'enfant, remise en cause de nos libertés
et droits sociaux, relent patriotique, IVG menacé, montée
en puissance de l'église et de l'ordre moral, et j'en passe.
La mise en place d'un Etat ouvertement fasciste se fait de façon
beaucoup moins rampante… L'avenir est plus que sombre, on est
d'accord. Mais il faut relativiser un minimum. Ok, la France pue, mais
il faut avoir conscience, que nous sommes de gros privilégiés.
On ne vous torture pas à cause de vos thèses anarchistes.
On envois pas les Escadrons De La Mort pour abattre les syndicalistes,
on ne meure pas de faim, on ne bosse pas 12 heures pour quelques €uros,
vous n'irez pas en prison à vie pour avoir diffusé un
tract, vous n'aurez guère de problème en vous baladant
dans la rue avec un look punk… Certes, je vis dans une région
où il ne se passe pas grand-chose, mais je le répète,
relativisons. Tout comme Seb, j'ai de nombreux contacts avec des punk
d'Asie ou d'Amérique du Sud, et je peux vous garantir que leur
situation est tout autre. Ces gens aimeraient sûrement être
aussi miséreux que nous autres, pauvres petits français
opprimés! Vous croyez que l'Etat Indonésien offre de la
thune à ceux qui refusent de travailler? Les punk d'ici peuvent
sortir un CD avec l'aide d'un RMI, alors que dans l'Equateur ils doivent
louer leurs instruments pour pouvoir jouer! Etre punk en France n'est
pas dangereux. Etre anarchiste n'est pas dangereux. Peut être
que dans quelques années, les libertaires seront considérés
comme des terroristes, tout comme les grévistes. C'est une forte
probabilité dans l'€urofortress, je pense. Mais on en est
pas encore là. Remettons les choses dans leur contexte. Bien
sur, il faut rester vigilant et être encore plus actif dans la
lutte sociale. Mais arrêtons de jouer aux victimes d'un système
qui nous arrange bien. Cette petite réflexion improvisée
mériterait d'être plus développée, alors
si vous voulez lancer le débat, n'hésitez pas. De même,
si vous chercher des contacts de punks qui vivent à l'autre bout
du monde, demandez-moi. Punk = solidarité internationale. Ce
n'est pas parce que c'est pire ailleurs, qu'il ne faut rien faire ici,
soyons clair.)
11. La lutte armée justement, croyez-vous que cela puisse
être une solution? Pensez-vous que cela soit une chose envisageable
en France et en Europe, dans un avenir plus ou moins proche? Que pensez-vous
des actions du FTP ou des indépendantistes basques et breton
par exemples?
Le sujet est fort complexe donc ça va être difficile de
te répondre en quelques lignes, mais d’autres ont mieux
développer ces questions. Jette un œil sur les bouquins
d’Oreste Scalzone, Franz Fanon ou Georges Jackson, pour ne citer
qu’eux. (DC – Oui, mais c'était votre avis que je
demandais!)
12.
Vous abordez l'épineux sujet de la résistance palestinienne.
Qu'est-ce qui vous à motivez à écrire ce morceau?
Comment expliquez-vous le fait que la cause du peuple palestinien soit
très soutenue dans le milieu anarchiste? (Tout comme l'EZLN à
un moment)
Les anarchistes ont été parmi les premiers à prendre
position contre la colonisation. Il en est de même aujourd’hui
pour la Tchétchénie, voir même pour l’Outre-mer
français. Ce sont des sujets qui nous tiennent à cœur.
Par ailleurs le mur de Berlin est tombé mais qu’en est-il
de la construction d’un nouveau mur de la honte par Sharon ?
13. N'y a-t-il pas un raccourci dangereux à simplifier
les choses en disant qu'il s'agit d'un conflit entre les méchants
oppresseurs d'Israël, contre les gentils martyrs de Palestine?
Il y a beaucoup à dire sur l'autorité corrompue palestinienne
et sur les groupuscules fascisto-islamique, n'est-ce pas?
Certes, de même qu’il y a beaucoup à dire sur les
Refuzniks et tous les Israéliens favorables à la reconnaissance
d’un état Palestinien comme les associations Israélo-Palestinienne
qui travaillent pour une paix "juste". Quant au raccourci
"méchants oppresseurs" contre "gentils martyrs",
on ne va se priver de soutenir la cause palestinienne parce que, médiatiquement,
elle est assimilée à des connards d’intégristes
religieux ou des dirigeants corrompus.
14. Et pourquoi parle t-on si peu des gens d'Israël qui
luttent au coté du peuple palestinien à votre avis? Pour
finir sur le sujet, comment croyez-vous que les choses vont évoluées?
La paix est-elle réellement envisageable? Créer un Etat
palestinien (avec ses frontières) est-elle la solution? Un rapprochement
entre ces deux peuples est-il concevable?
Si on parle aussi peu en France des israéliens qui luttent aux
cotés du peuple palestinien, peut-être est-ce entre autres
parce que des groupes d’extrême droite comme le Bétar
et la LDJ font pression pour annuler les meetings en France des pacifistes
israéliens tels que Michel Warshavsky. C’est à cause
de ces courants d’extrême droite qu’il devient de
plus en plus difficile de critiquer de façon objective les agissements
du gouvernement israélien sans être aussitôt taxé
d’antisémitisme primaire, or cela n’a absolument
rien à voir. Même si les médias n’en parlent
quasiment pas il faut s’intéresser aux structures israélo-palestiniennes
qui se battent pour la fin de l’occupation des territoires palestiniens,
pour la destruction du mur et pour une paix juste, qui puisse permettre
aux deux communautés de vivre ensemble. Il y a par exemple les
pacifistes anticolonialistes de "Gush Shalom" (en hébreux
: le bloc pour la paix) association fondée par un ami d’Arafat
et ancien membre de la Knesset, Uri Avnery, lui-même un sacré
bonhomme (http://zope.gush-shalom.org/home/en). Leur plate-forme de
revendication apporte des pistes de réflexion quant à
ce à quoi pourrait ressembler la coexistence d’un état
juif et d’un état palestinien. Il y aussi The Alternative
Information Center (http://alternativenews.org/) fondé en 1984
par Michel Warshavsky et dynamisé par les jeunes de Taayush ("Vivre
Ensemble" en Hébreux). Ces associations se battent pour
la fin de la colonisation mais aussi pour la reconnaissance d’un
Etat palestinien, pour le respect des droits humains fondamentaux des
palestiniens. Les militants pacifistes palestiniens et israéliens
travaillent ensemble depuis déjà des années mais
personne, ou presque, n’en parle. Pour l’avenir, la Paix,
le futur nous le dira…
15.
C'est pour quand le premier album? Vous pourriez en dire quelques mots?
Ligne musicale, textes, enregistrement, label…
On vient de boucler l’enregistrement de notre premier album cet
été. La ligne musicale et les textes restent la même
que pour la démo, avec plus d’expérience et de moyens.
Le CD sortira sur le label Solitude Urbaine, le vinyle sortira en co-production
chez Maloka et Kanal Hysterik, le tout soutenu par Machete Production.
16.
Chez les BRIXTON CATS, que pense t-on du straight-edge?
Le mouvement Straight-Edge a donné le meilleur avec Ian McKaye
et MINOR THREAT, mais aussi le pire avec les intégristes de JUDGE,
EARTH CRISIS. De toute façon c’est loin d’être
notre philosophie.
17.
La question précédente me permet de glisser, avec style,
sur le sujet de l'alcool dans la scène punk! Sans jouer le moraliseur,
ne trouvez-vous pas qu'il y a tout de même de l'abus?!? Que beaucoup
de trucs négatifs (baston, changement de comportement, pogo violent…)
soient liés à un taux d'alcoolémie excessif? S'amuser
sans boire, c'est impossible?? Notre scène n'aurait-elle pas
besoin d'une réelle remise en question face à cette sur-consommation?
Face à cette tradition aussi!
On est pas des moralisateurs. D’ailleurs à l’heure
où on t’écrit c’est l’apéro et
on déguste un Meursault 2002 au studio d’enregistrement,
en Bourgogne! Quant aux abus, c’est une scène d’arrachés
et de crevards, et l’alcool n’est malheureusement pas la
pire des drogues. (DC – Pourtant toute la scène DIY, anarchopunk
et Cie est la première à parler de remise en question
permanente, concernant nos habitudes par exemple… Mais j'ai réellement
l'impression qu'il y a quelques sujets tabous, comme la consommation
d'alcool ou de drogue dans notre scène.)
18.
Votre groupe est affilé au RASH. Pourriez-vous expliquer ce qu'est
le RASH? Qu'est-ce qui différencie cette mouvance du SHARP ou
des skins plus traditionnels? Vu de province, il semble y avoir pleins
d'embrouilles entre les différentes factions de rasés
parisienne! Qu'en est-il réellement?
Le Red and Anarchist SkinHeads est né aux Etats Unis, à
New York, dans les années 90, pour se démarquer des skins
patriotes et fascistes de la scène de l’époque.
C’est un mouvement informel et international qui regroupe les
skins communistes et anarchistes. De fait la différence avec
le SHARP, uniquement antiraciste, est la politisation de la scène.
Quoique va savoir où commence la politisation?…
19.
Et les apos? Qu'est ce que vous pourriez dire dessus? Moi j'ai du mal
à comprendre pourquoi ils crachent sur le RASH tout en étant
plus qu'indulgent avec les fafs! De plus, ils ont une vision plutôt
archaïque du communisme, non? Bref, peut-on être apos sans
ambiguïté?
Pas mieux, que dire de plus? (DC – Ben, je vous le demande, justement!!
Les apolitiques sont souvent décriés dans le milieu RASH,
alors ça aurait été intéressant de donner
plus d'explications…)
20.
La chasse au fafs, légende ou réalité? Le RASH
a-t-il réellement permis au recul des nazis et autres boneheads
dans les rues? Est-ce que le RASH peut donner une meilleure image du
milieu skinhead au quidam moyen?
Ce qui est sûr c’est qu’à Paris comme à
Bordeaux, le ménage est fait régulièrement, on
croise clairement moins de fafs qu’il y 15 ans. Ils sont moins
visibles, mais les intégristes de tous bords, les réactionnaires
et la droite dite « respectable » ont pris le relais. Le
RASH donne une nouvelle image au mouvement skinhead mais il a surtout
réussi à fédérer un grand nombre d’antifascistes
d’extrême gauche qu’ils soient skins ou non. La preuve
c’est que dans BRIXTON CATS il n’y a que Mathieu qui soit
skin. Seules l’action et la lutte paient!
21.
On reproche fréquemment aux skins d'être plutôt virile,
voir macho. J'aimerais bien avoir l'avis de Solen sur la question! Avez-vous
déjà du faire face à des comportements sexistes
à vos concerts?
Je ne connais pas une nana qui n’ait pas déjà eu
à faire à un gros con sexiste, misogyne, voire vulgaire
pour les meilleurs, que ce soit dans un concert ou dans la rue. Les
skins n’ont pas spécialement la palme de la connerie en
terme de virilisme, malheureusement tous les milieux sont à égalité
là-dessus. Les garçons dont je suis proche ont réfléchi
à la question du sexisme donc je n’ai pas spécialement
de problème à ce niveau dans mon entourage. Au contraire,
il y a de plus en plus de nénettes dans les concerts, qui s’investissent,
montent des groupes, c’est comme ça qu’on fait reculer
le sexisme.
22.
Les concerts justement! Vous en avez fais beaucoup? Comment ça
se passe en générale? Quelques histoires croustillantes?
Des bons ou mauvais souvenirs?
On a dû faire une quarantaine de concerts en France, en Italie,
à L’Usine de Genève… On fait beaucoup de concerts
de soutien, on joue un peu partout en fait et l’accueil est bon
de manière général. Par ailleurs c’est sur
scène qu’on s’éclate le plus. Les tournées
sont un bon moyen de rencontrer des gens et de se rendre compte de l’état
de la scène punk et antifa actuellement. Beaucoup de monde se
bouge pour organiser des concerts, sortir des zines, et faire vivre
la scène, c’est très encourageant. Lorsqu’on
a joué pour des évènements comme le Rude Boys and
Girls Unity à Genève ou le festival Barricata à
Paris, on a constaté que la scène antifa est de plus en
plus vigoureuse et variée. Il y a de plus en plus d’agités
qui se retrouvent dans l’attitude et l’état d’esprit
antifa radical.
23.
Avez-vous une explication concernant votre nom de groupe? Il me semble
qu'il y a un rapport avec une ville anglaise, non? Y'a pas eu des émeutes
là-bas?
BRIXTON CATS, c’est le terme argotique désignant les prostituées
du quartier de Brixton, à Londres. Ce nom fait donc référence
au plus vieux métier du monde, sûrement l’un des
plus durs et des plus dangereux aussi. Brixton c’est aussi un
quartier traditionnellement métissé et mouvementé,
que beaucoup de groupes punks évoquent dans leur musique. C’est
aussi un clin d’œil à un morceau de skinhead reggae.
24.
Quels mots sur votre site web? Et vos projets futurs?
L’adresse de notre site est www.brixtoncats.propagande.org. On
y trouve nos dates de concerts, des infos sur le groupe, nos paroles
et notre démo y est en téléchargement libre. Sinon,
notre premier album devrait donc sortir vers novembre 2005 et on va
reprendre les concerts à la rentrée.
25.
Bon j'en ai terminé avec mes questions (et sous questions!).
Si vous désirez rajouter des trucs, n'hésitez pas surtout!
A bientôt!
Merci pour ton interview, peut-être à de ces quatre en
concert ou ailleurs.
http://brixtoncats.propagande.org/
[MONONOKE #03]